Danser sur les décombres

Danser sur les décombres

C’est l’histoire du phénix, j’aurais donc du commencer par il était un phénix, ou mieux, il était la Fenice, ce qui nous plongerait dans des abîmes. Perplexe, je me demande qui, mieux qu’un danseur ou une danseuse étoile déployant sa grâce et ses muscles sur la scène de la Fenice, pourrait danser sur des décombres.

En plus de deux siècles, la Fenice a subi deux incendies, deux fois elle fut reconstruite pour rester un temple de la danse. La beauté se crée sur la laideur et la mort, pourrait-elle exister sans la présence fétide de notre fin probable. La beauté c’est un lambeau de vie que nos âmes arrachent au néant.

L’art a ce rôle de transcender notre médiocre condition pour transpercer le désespoir de notre impermanence et en tirer les impossibles lumières qui éclairent, justifient nos pas et nous donnent la force d’en faire encore un autre quand il serait si confortable de stopper net.

Soulages, John Coltrane ou Marie-Claude Pietragalla et tant d’autres sont des épées combattant la noirceur du temps. Que ferions-nous sans ces étoiles qui virevoltent sur les règles, les acquis et apportent une nouvelle dimension à nos tristement banales habitudes d’être ?

Ils ont appris et connaissent les codes de leur discipline, mais sont trop grands, trop à l’étroit pour s’y complaire. Alors, ils ont tout explosé pour ouvrir l’espace et dépasser la finitude. Oui, on peut danser sur des décombres, mais attention, il y a des conditions à respecter !!

Ceux qui détruisent pour détruire, parce que mal dans leur vie, parce qu’ils ne savent pas exprimer leur désespoir autrement, d’une manière créative, ludique, humoristique, ou parce qu’ils n’existent que comme cela, ceux-là peuvent aussi croire danser sur des décombres. Ils ne comprennent pas l’essentiel et se réjouissent de danser sur ce qui n’est, en fait, que leur propre cadavre.

Sans culture, la vie n’est que survie. Avec, nous transcendons notre propre existence, nous nous libérons de cette foutue pesanteur pour tutoyer les anges. Dans ces conditions notre vie n’est qu’une danse sur les décombres de notre ancien savoir.

Apprendre, connaître, what else ?

Désir (dernier jour)

Belle Euterpe en ses desseins m’avait ébloui

Après sa lire dardaient grassement ses deux seins

Ses hanches dessinaient d’étranges ellipses

Captivant mes yeux et gelant mes synapses

Sa chose suis devenu, elle me disait viens

Les mots si tôt entendus, j’étais là tout nu

C’était ma seule place, celle d’une grande joie

D’être l’élu, celui qui pourfendait son âme

La mienne ailleurs m’avait emmené

D’infimes détails hébergeant le diable

Ecartaient irrésistiblement la passion

Morte devenue et depuis incessamment

L’ivresse m’accompagne à l’orée de ses lèvres

Sa langue joue et tangue à l’aplomb de ma vie

Bacchus, ma compagne, tapisse sa mangue

Tapie au bout de sa jouissance,elle exulte,

Tremble en sa petite mort, belle indécente.

Désir (j+3)

Belle Euterpe en ses desseins m’avait ébloui

Après sa lire dardaient grassement ses deux seins

Ses hanches dessinaient d’étranges ellipses

Captivant mes yeux et gelant mes synapses

Sa chose suis devenu, elle me disait viens

Les mots si tôt entendus, j’étais là tout nu

C’était ma seule place, celle d’une grande joie

D’être l’élu, celui qui pourfendait son âme

L’ivresse m’accompagne à l’orée de ses lèvres

Sa langue joue et tangue à l’aplomb de ma vie

Bacchus, ma compagne, tapisse sa mangue

Tapie au bout de sa jouissance,elle exulte,

Tremble en sa petite mort, belle indécente.

Désir (j+2)

Belle Euterpe en ses desseins m’avait ébloui

Après sa lire dardaient grassement ses deux seins

Ses hanches dessinaient d’étranges ellipses

Captivant mes yeux et gelant mes synapses

L’ivresse m’accompagne à l’orée de ses lèvres

Sa langue joue et tangue à l’aplomb de ma vie

Bacchus, ma compagne, tapisse sa mangue

Tapie au bout de sa jouissance,elle exulte,

Tremble en sa petite mort, belle indécente.

Kziit kziit !

Kziit kziit !

Il s’agit d’un challenge : écrire un texte sur une image imposée.

Kziitt kziit ! Kziitt kziit !

« Putain c’était pour déconner mec ! Arrête-toi ! T’es chiant de prendre la mouche comme ça pour une vanne de merde ! Je m’excuse ! Allez reviens, quoi ! »

Kziitt kziit ! Kziitt kziit !

Il met sa main en casquette pour se protéger du cagnard et accélère le pas pour le rattraper. Il entend juste le pas lent et pesant de Jules, le sien presque imperceptible, ces cigales insistantes, le petit choc de la bouteille de Jules sur la fermeture éclair de son blouson, et son coeur qui bat.

Kziitt kziit ! Kziitt kziit !

Foutues cigales, exhibitionnistes par leur chant mais si timides lorsqu’on veut les localiser. Il faut vraiment insister, faire confiance à ses oreilles et à sa vue pour les voir. S’approcher doucement pour ne pas interrompre leur activité….

Kziitt kziit ! Kziitt kziit !

« Jules, mon pote ! Ce chemin ne te mènera nulle part sauf à choper une insolation, et une fois en haut, tu n’auras plus qu’une solution : redescendre. En haut, ta binouze sera chaude, et t’as même pas de décapsuleur. Viens je t’emmène à Saint Didier, on va se taper une bonne bière bien fraiche à l’ombre des marronniers. »

Kziitt kziit ! Kziitt kziit !

Condescendance ou Mépris

L’une d’entre vous m’a gratifié de ces mots à l’occasion de l’événement Facebook #1 de MauxetCris. Elle n’a pas précisé lequel je devais prendre. J’ai donc pris les deux.

Au revoir l’utilisation des « stiche », comme un postiche derrière lequel s’abriter offrait une forme de confort, même si l’ajout des contraintes ait sollicité un peu de recherche de ma part, non sans plaisir d’ailleurs, mais ce fut, je le crains et l’une d’entre vous l’a bien perçu, au dépit du sens.

Nous connaissons tous ces deux mots qui semblent proches et que, de prime abord, on échangerait volontiers sans y trouver malice. Cependant, quelque chose nous dit que ce n’est pas le cas.

Comment se rapprocher du vrai sens des mots ? C’est fondamental pour exprimer exactement ce que l’on pense et se bien faire comprendre. Nous avons une foultitude de dictionnaires à disposition, mais j’ai privilégié deux sources : le dictionnaire de l’Académie Française (excusez-moi du peu !)et la base du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales). Les liens sont en pied de document.

L’Académie Française en est à la version 9 de son dictionnaire, toujours en vigueur à ce jour. Même si d’autres dictionnaires (Larousse, Robert, Littré,….) présentent beaucoup d’intérêt, nous sommes sensés trouver dans celui de l’académie Française la quintessence du savoir, de par les cerveaux qui en font partie, à même de produire le nectar des jus de cerveaux.

Condescendance : sous son sens le plus actuel, bienveillance teintée de dédain. La condescendance est un sentiment mélangé, une partie bienveillance positive mélangée d’une forme négative, le dédain n’étant que l’expression du mépris.

Mépris : Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d’estime, d’égards, d’attention. Rien de positif ici, ce mépris n’est que négativité.

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales donne pour chaque mot tout un tas d’informations très intéressantes dont il serait dommage de se priver. Par exemple, l’étymologie, les antonymes, les synonymes, d’autres encore, et un outil que j’affectionne particulièrement : la proxémie. Cette dernière affiche sous forme de graphique les liens du mot cherché avec d’autres mots. C’est très riche d’enseignement.

L’outil permet de zoomer et de faire tourner les liens pour accéder au détail.

Vous avez compris que pour signifier une situation vraiment tranchée, vous pourrez manifester votre mépris sans condescendance aucune, mais que si votre intention est plutôt bienveillante, alors condescendez mais ne méprisez point.

Citations (noter que l’on trouve cent vingt et une citations pour le mépris et seulement quatre pour condescendance)

  • “La plupart des mépris ne valent que des mépris. ” Montesquieu
  • “Le silence est l’expression la plus parfaite du mépris.” George Bernard Shaw
  • “Le mépris des hommes est souvent la marque d’un coeur vulgaire.” Albert Camus
  • “Celui qui parle constamment des cons d’un petit air condescendant, ne fait-il pas aussi un peu partie de la famille ?” Pierre Perret
  • “Il n’y aura jamais d’égalité tant qu’on se sent inférieur ou supérieur à autrui. Entre égaux il ne saurait y avoir de condescendance.” Gandhi
  • “L’homme fier a toujours un regard condescendant sur les choses et les gens : et bien sur, aussi longtemps que vous regardez vers le bas, vous ne pouvez voir au dessus de vous.” C.S. Lewis

Documentation :

  • CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) est une base de données produite par le CNRS.
  • CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) est un organisme de recherche dépendant de l’état, créé en 1939, et qui peut se targuer d’être à la point de la recherche public mondiale, devancée depuis peu par la Chine, mais toujours devant les USA pour ce qui est des publications.
  • Académie Française : créée en 1635, il y a bientôt quatre siècles, ses missions sont de défendre la langue française et de maintenir un dictionnaire. La version neuf du dictionnaire est munie de trois tomes dont le premier (de A à Enzyme ) édité en 1992, le second (de Éocène à Mappemonde) en 2000 et le troisième (de Maquereau à Quotité) en 2011. Le quatrième est en cours de révision.