Qu’avez-vous à déclarer l’emplumé …

Qu’avez-vous à déclarer l’emplumé …

Rien à déclarer monsieur
Comme chaque an, mes impôts
Reportons aux grecques cieux
Le remplissage du commun pot

Rien à déclarer monsieur
Si ce n’est une nouvelle guerre
Comment glander bêtement au pieu
Allons répandre nos tripes par terre

Rien à déclarer monsieur
Une bête séance ouverte
Ne pas être parcimonieux
Sous peine de grosses pertes

Rien à déclarer monsieur
Un beau et grand fils
Au visage trop sérieux
Mais avec de belles cuisses

Rien à déclarer monsieur
Une grande quantité de savoir
Ou de slogans pernicieux
J’en ai plein le réservoir

Rien à déclarer monsieur
La chaleur d’un grand amour
Des yeux si facétieux
Pourraient-ils dire toujours

Au fond de moi, j’aurais plus envie de déclamer que de déclarer. Dire haut et fort de secs jamais et de grandiloquents toujours. Mais sans la technique des grands acteurs, comment ne pas avoir l’air ridicule. Surtout si la voix ressemble plus au pioupiou de Calimero qu’à celle du stentor confirmé.

Et si j’en avais la technique, que déclamerais-je donc ? Des vers sans nul doute. Des petits, des longs, des simples et des tordus. Qui parleraient de nous, fébriles humains courant en tous sens. La beauté et là, juste en face de nous et nous fermons les yeux. Si fort que nos yeux pourraient en gicler par nos oreilles, nous rendant immédiatement aveugles et sourds. Pourquoi voir si nous ne regardons pas et pourquoi entendre si nous ne comprenons rien.

« Je déclare que l’humain est un sombre crétin » déclamerais-je avec force ! La boucle serait-elle bouclée ? Rien n’est moins certain.

A propos, je voudrais revenir sur mes propos acides concernant la connerie. J’ai regardé un TED sur ce sujet. La personne expliquait non sans un léger sourire, bien que le sujet soit traité avec sérieux, que la connerie pouvait être contagieuse. Ce point est une surprise pour vous comme pour moi. Son discours se basait sur une expérience réalisée il y a quelques dizaines d’années. Tous les participants étaient au courant, seule une personne ne l’était pas.

Il s’agissait de traits de mêmes longueurs. Les « sachants » tenaient le discours qu’un trait était plus long que les autres. Le candide soutenait que tous étaient de même longueur. Au début seulement, car sous la pression du groupe, petit à petit sa position a faibli. Il a fini par adopter la même attitude que la masse.

Cela n’a rien de parlant. D’abord les « sachants » n’étaient pas cons, ils soutenaient consciemment une thèse fausse, ce qui n’a rien à voir. Finalement, les cons étaient ceux qui ont gobé l’histoire.

Il en est ainsi de la connerie. Sans esprit critique pas d’intelligence. Mais celui qui critique tout sans cesse est aussi un sacré con.

Je vous souhaite une belle journée mes ami(e)s, avec un bon café pour commencer.

L’art nous est donné

L’art nous est donné

On ne crée pas, on ne maîtrise rien, on transmet, on est des passeurs…

Chevaucher l’éternel
Débourrer l’indicible
Du fond des âges
Jaillit le feu qui
Nous sidère crûment
Et nous la met à revers

Tout nous échappe tant
On croit toujours savoir
L’art est un don
Qui nous transcende
Et fait des larves terriennes
De folles sources de lumières

Essayer de dompter
De trop sauvages étalons
Enfant crois-tu
Qu’il suffise de
Dire stop au torrent de lave
Pour qu’il retourne dans sa niche

Accepter l’idée de n’être
Que ce que nous sommes
De faibles humains
Transcripteurs de
Messages que des milliers
D’années nous dessinent

Nous n’inventons rien
Que ce qui existe déjà
Des ombres nous
Ordonnent de
Passer les consignes
Au reste du troupeau

Faut-il penser, se creuser,
Savoir pourquoi et comment ?
Combat perdu
Juste admettre
Qu’il faut faire les choses
Plus que se demander pourquoi

Un jour je partirai – 4

Un jour je partirai – 4

Un jour je n’y tiendrais plus

Mon âme aura explosé

Sous les coups de boutoir

De la tristesse. Le vide

S’introduira en sifflant

Dans chacune de mes

Pensées et chassera

Mes rêves. Nu face à

L’univers, souffle

Coupé, bouche bée

Je chercherai au sol

L’ombre de ce que j’étais,

Coquille ne gardant

Plus rien. Je serai hébété

Sidéré, inhabité. Juste

Au fond de moi, un fil

De vie, me chuchotera

Que cela n’a pas toujours

Eté ainsi. Un souvenir

Ténu informel d’un

Monde en couleur,

En relief, un monde

Qui bat fort et nous

Laisse émus et pantois.

Ce jour-là, je monterai

Non sur un fier destrier,

Mais sur les fantômes

D’une vie rêvée possible,

Et ce jour-là je partirai.

Désir (dernier jour)

Belle Euterpe en ses desseins m’avait ébloui

Après sa lire dardaient grassement ses deux seins

Ses hanches dessinaient d’étranges ellipses

Captivant mes yeux et gelant mes synapses

Sa chose suis devenu, elle me disait viens

Les mots si tôt entendus, j’étais là tout nu

C’était ma seule place, celle d’une grande joie

D’être l’élu, celui qui pourfendait son âme

La mienne ailleurs m’avait emmené

D’infimes détails hébergeant le diable

Ecartaient irrésistiblement la passion

Morte devenue et depuis incessamment

L’ivresse m’accompagne à l’orée de ses lèvres

Sa langue joue et tangue à l’aplomb de ma vie

Bacchus, ma compagne, tapisse sa mangue

Tapie au bout de sa jouissance,elle exulte,

Tremble en sa petite mort, belle indécente.

Désir (j+3)

Belle Euterpe en ses desseins m’avait ébloui

Après sa lire dardaient grassement ses deux seins

Ses hanches dessinaient d’étranges ellipses

Captivant mes yeux et gelant mes synapses

Sa chose suis devenu, elle me disait viens

Les mots si tôt entendus, j’étais là tout nu

C’était ma seule place, celle d’une grande joie

D’être l’élu, celui qui pourfendait son âme

L’ivresse m’accompagne à l’orée de ses lèvres

Sa langue joue et tangue à l’aplomb de ma vie

Bacchus, ma compagne, tapisse sa mangue

Tapie au bout de sa jouissance,elle exulte,

Tremble en sa petite mort, belle indécente.