Eau vive (alexandrin, acrostiche, téléstiche et hémistiche)

Encore dans la suite donnée à l’événement #1 facebook de MauxetCris, nous voici avec le mot suggéré Eau vive, traité en alexandrins, donc avec ses hémistiches, agrémenté d’acrostiche et d’hémistiche.

L’accumulation de ces mots en « stiche » me laisse entendre que nous arrivons au bout de ce modèle de contraintes. Pour le prochain mot « Condescendance ou Mépris », je me fixerai comme seule contrainte d’en adopter aucune.

Elle est libre comme l’air, mais pas compressiblE,
Arrêtée par le seul gel, qui la fige, aglaglA,
Utile à tous, ils sont nombreux qui l’ont perdU,
Vive, elle court la campagne, son leitmotiV.
Insensés pollueurs, des nitrates et du pourrI
Veulement déversés pour faire la une de couV
En prison vous irez, l’eau restera librE.

Lumière (téléstiche)

Après l’acrostiche, voici venir le temps, non pas des rires et des chants, mais celui du téléstiche. L’un s’amuse avec le début, l’autre préfère la fin, mais ils sont nourris du même principe. Le mot d’ordre est encore l’utilisation des mots de l’événement #1 facebook de MauxetCris. Et alors, que sera donc le prochain ? Je partage ce mystère avec vous…

A noter que les rimes en è ne courrant pas les rues, l’épistêmè fut mon seul candidat. Il peut vous paraître incongru, car il l’est totalement. J’assume, en saluant Michel Foucault et Edmund Husserl de mon virtuel chapeau à plumes.

Dernier point : tout est vrai ici, ceux qui connaissent ma maison savent que nous sommes privés de soleil quatre mois par an, la colline du bord de Seine faisant écran.

Début février elle commence à se montrer sur le portaiL
Un moment par nous quatre tant attendU
Surprise ce jour-là où elle apparaît, et biM
Tout l’hiver notre envie d’elle est enfouI
Comme un concept, une rareté, un épistêmÈ
L’absence de soleil sur la maison, de quoi frustreR
La famille Vignon, chatte incluse, toute entièrE

Amitié (acrostiche)

Dans la prolongation de l’événement Facebook #1, le mot Amitié est ici décliné sous forme d’acrostiche. Noter que le mot acrostiche n’est pas l’expression déformée de quelqu’un qui serait addict aux films des Tuches.

Accourir si l’autre est en souffrance
Maintenir le contact, s’y forcer
Imaginer ce qui peut faire plaisir
Taire ce qui pourrait séparer
Inventer des moments heureux
Ecouter ce qui n’est pas dit

Chevauche tes morts… Étends tes ailes

Il y a deux nuits, un rêve / cauchemar récurrent a pris une tournure telle que Sylvie a préféré me réveiller. J’en suis sorti avec ces deux injonctions « chevauche tes morts » et « étend tes ailes », que j’ai veillé à ne pas perdre en descendant l’escalier.

Chevauche tes morts… Étends tes ailes

Elle règne au fond des cases, puissante et obscène
Et décide sans partage du sort des indigènes
Les envoie ici ou là selon sa seule fantaisie
Vers la belle vie ou déguster l’ambroisie

La nuit blanche éclaire les touches
Et toi tu dors au fond de ta couche
Innocent bonne proie des ombres
Dans ta tête elles sont en nombre

Chevauche tes morts
Crient les anciens qui t’adorent
Sans délai active ton zèle
Et largement étend tes ailes

Tu ne peux pas l’attaquer, ni de biais ni de face
Par un de ses tours de magie elle s’efface
Se transforme en un gros monstre ailé
Ou te fait boire un verre de poison mêlé

Seul un long gémissement la précède
Elle voudrait que sans se battre on lui cède
Sa vilaine réputation fait sa puissance
Dans un monde où ne survit que médisance

Chevauche tes morts
Crient les anciens qui t’adorent
Sans délai active ton zèle
Et largement étend tes ailes

Réduit à faire le minimum, à trembler de peur
Tu te ratatines sur toi et les battements de ton cœur
Capable de ne rien écrire, de ne plus dire
Franchement les choses sans médire

Pendant cette nuit de cauchemar, j’ai entendu
Du fond des temps hurler à mes oreilles tendues
Mes anciens de plusieurs générations
« Chevauche tes morts » crié sans modération

Chevauche tes morts
Crient les anciens qui t’adorent
Sans délai active ton zèle
Et largement étend tes ailes

Assis sur mes ancêtres, ardents étalons
Prendre soin de ne pas claquer des talons
J’ai la force de combattre, quelle croisière,
Et de vaincre la méchante sorcière

Le regard bienveillant des anciens m’amuse
Cette nuit d’horreur a réveillé ma muse
« Étend tes ailes » le message est clair
Produire sans attendre la foudre ou l’éclair