Sites à fuir Infox / Intox / Réinformation

Sites à fuir Infox / Intox / Réinformation

Nos réseaux sociaux sont quotidiennement pollués par de fausses informations que le vulgus credulus se complait à re-poster sans vérification aucune pour peu que cela flatte ses croyances. Certains en arrivent à re-poster des infox complètement à l’opposé de leur sensibilité parce que l’infox a su toucher une haine commune. C’est du grand n’importe quoi. Pour un petit raffraichissement sur les notions allez voir mon petit lexique (¹)

La toile est la proie d’organisations extrêmistes, complotistes, politiques, françaises ou non, privées ou d’état. Leur but ? Affaiblir la France, faire exploser l’Europe, détruire la diversité culturelle, cristalliser les revanchards, suprémacistes ou autres….

Face à cela, les services de checknews des médias, créés depuis trois ans (oui, c’est récent) font un énorme travail que nous pouvons saluer et remercier. Mais hélàs trop peu d’utilisateurs de réseaux sociaux prennent le temps de vérifier avant de re-poster (Le besoin d’exister par le fait de poster doit être plus fort que celui de contrôler le contenu de ce que l’on poste). Il faut aux services de checknews un minimum de temps pour traiter un sujet avant de le déclarer une news comme étant nocive, et ils ne peuvent pas tout traiter non plus.

Je ne prétends pas faire mieux qu’eux, loin de là, ni autant ni même aussi bien d’ailleurs. Mais la profusion des désinformations et le constat que mes amis et moi, qui ne sommes pas des lapins de sept jours, se font avoir, me font vraiment gerber et m’inciteraient à me retirer des réseaux sociaux, s’il n’y existait pas des personnes auxquelles je suis fortement attachées et que je ne lâcherai pas.

Du coup, pour ne pas subir sans agir, je me décide à lister tout site que je trouverai suspect. Je ne vise pas l’exhaustivité, mais juste une petite contribution pour rendre le monde moins sale.

Vous pouvez m’aider :

  • En cas de doute, ne pas re-poster.
  • Avant de re-poster, utiliser les sites de vérifications d’informations (²)
  • Transmettez-moi les hoax et autres saloperies qui circulent, sachant que je ne m’intéressai qu’au site émetteur à ajouter à la liste.

Sites identifiés comme sources non fiables

République 5 : Site de désinformation. Visiblement russe.

Planète360 : Blog français de repost d’articles de vrais journaux ou d’infox.

CSGlobe : Site de repost classé conspirationsite et pseudo-scientifique. Ne publie rien depuis septembre 2018.

 

(¹) Petit lexique

Infox : Fausse information (fake news en anglais, mot souvent utilisé par un spécialiste américain de la chose)

Intox : Technique de déstabilisation d’un adversaire en lui fournissant de fausses informations

Hoax : Information fausse, périmée ou invérifiable propagée spontanément par les internautes. 

Désinformation : Action de désinformer, diffuser par les médias des informations délibérément erronées ou orientées.

Réinformation : Manière d’appeler la désinformation dans les milieux d’extrême-droite. Le principe est simple : discréditer les journalistes professionnels et faire gober n’importe quoi au crédule en lui affirmant produire de la vraie info et pas celle de journalistes riches, corrompus, profiteurs, etc…. 

Résumé : La désinformation et sa soeur la  réinformation utilisent l’intox en diffusant des infox qui deviennent des hoax. C’est clair maintenant ?

(²) Sites de vérifications d’informations

Libération : Checknews  Il est possible de leur soumettre des infos à vérifier

Le Monde : Décodex Il est possible de vérifier si un site est louche ou pas.

AFP : Factuel 

France24 : Les observateurs 

Hoaxbuster: Agrégateur de sites de vérifications d »informations et d’arnaques sur internet.

Autres

Mes autres articles concernant les réseaux sociaux : https://mauxetcris.com/tag/reseaux-sociaux/

 

 

Certains jours l’écume est…

Vous êtes toutes et tous, comme votre serviteur, plus ou moins accros aux réseaux sociaux, les rezosocio, les zérosocio, on ne sait plus comment les appeler. Connecteurs géniaux, fournisseurs d’informations trop rarement vérifiées, pompes à fric, aspirateurs à exister, déployeurs de contre-vérité, putaclic comme disait une amie, poubelles à dysorthografie, dégueulis de frustrations, de colères et d’envie.

Au milieu de tonnes d’ordures déversées parfois par maladresse, quelquefois par bêtise, sinon parce que c’est notre fonctionnement habituel, et après avoir écarté les petits chats et autres petits animaux kisonbo kisonminions touça touça, on est surpris par la fulgurance d’une intelligence : un poème, une musique, une analyse profonde, une saillie drolatique.

Est-ce le reflet réel de notre société ? un artefact bidonné ? un intervenant maléfique ou généreux ?

Les réseaux sociaux existent dans la vraie vie (IRL = In Real Life) mais on ne s’en rend pas compte, car la vie a sa propre vitesse, une manière d’évoluer plus en phase avec le rythme de notre respiration. Entrer en contact avec quelqu’un prend du temps, et c’est rarement avec une invitation informelle de type « untel demande à être votre ami ». Il y a des formes, des usages à respecter sous peine de tomber en impolitesse et de déclencher un regard méprisant, un coup d’oeil inquiet, une réaction plus violente allant du cliché « Tu veux ma photo ? » jusqu’au fameux bourre-pif (à l’ancienne), celui avec le poing américain (années soixante) ou au célèbre coup de boule (plus moderne mais bien douloureux). Maintenant le cas est réglé, on se fait buter par arme à feu. Si l’on suit la logique des choses, la version futuriste pourrait être une déflagration nucléaire, même domestique….

Je me souviens de mon arrivée à Paris, habitué que j’étais des mœurs provinciales où l’on sourit aux gens croisés, osant dire bonjour à des inconnu(e)s. Mes premiers jours dans le métro, encore habités par la province me valurent quelques beaux râteaux, des visages fermés que mon sourire arrivait à fermer encore plus. Mon étonnement aussi de me faire bousculer par des hordes courant autour de moi. Je les trouvais bien cons, mais rapidement, sans savoir pourquoi, peut-être juste pour ne pas être le dernier, ce jour-là je devins l’un des leurs et fis le deuil de ma naïveté provinciale.

Avec les outils informatiques de réseaux sociaux, nous faisons fi de l’enrobage, des conventions, enfin pas tout à fait mais celles utilisées dans les rezosocio sont impersonnelles et sommaires. En un clic je demande à être connecté, au second clic, c’est fait. Mais connecté, qu’est ce que ça veut dire ? Cela veut dire que je te suis. En m’acceptant comme ami, tu m’autorises à marcher derrière toi sur le trottoir… Ben dis donc, quelle chance !

A la réception d’une demande, les plus prudents d’entre nous balayent le mur du demandeur pour évaluer les centres d’intérêt et tenter d’identifier la compatibilité. Mais je crains bien que notre besoin de gonfler nos « portefeuilles » d’amis nous incite à omettre ces étapes de vérifications. Faut-il que nous soyons en prise avec un fort sentiment de solitude pour courir après ces amitiés virtuelles ? Et puis, après tout, même le monde du travail requiert que chacun développe son réseau…

Puis vient le ballet des courbettes, une succession de « je t’aime », « moi non plus », « moi plus que toi ». L’histoire peut être très courte, mais parfois, l’assaut de politesses résiste au temps court du média et l’on se retrouve vraiment connecté à l’autre. La bienveillance, le clin d’œil, le partage s’installe dans la durée.

Certaines amitiés sont plus belles que d’autres, marquées par un profond partage de centres d’intérêt, par une communauté d’âmes, des expérience de vie communes, une curiosité, parfois le profond respect de ce que l’autre accomplit.

Le besoin du passage à la réalité, se voir In Real Life, dans la vraie vie, concrétise cette amitié. Ce n’est pas toujours recherché, quand ça l’est d’une commune volonté, cela donne lieu à de belles rencontres. Certaines et certains d’entre vous savent de quoi je parle.

Une des mes virtuelles amies réalise en ce moment même une forme de « performance » en traversant la France pour rencontrer celles et ceux du monde virtuel qui lui sont le plus proches. Une forme de plongée IRL ! Égoïstement, je serais très heureux de la croiser.

Nos réseaux sociaux nous donnent accès à nombre de belles informations. Je me nourris de ce qui est relatif à l’art : musique, photo, peinture, danse, littérature, sculpture… et me maintiens ainsi au courant de l’actualité, des concerts, des projets.

Hélas, nous sommes pollués par les grincheux chroniques, ceux qui trouveront toujours quelque chose à redire dans l’ordre du monde, les pisse-vinaigre chroniques soit parce qu’ils ne savent pas lire derrière les mots, soit parce que c’est leur nature de faire la gueule, soit parce qu’ils sont malheureux. Et je ne parle pas des professionnels de la fake news, ceux-là sont, après un rappel à l’ordre, vite éjectés. Il y a des vrais nuisibles, certains professionnels œuvrant dans la pire des politiques, celle des populistes, des anti-Europe, des complotistes, des illuminés, des anti-vacc, des anti-n’importe quoi…

Mes amis pisse-vinaigre, ne soyez pas étonnés si je m’écarte de vous. Sensible aux malheurs du monde, il y en a tant, je n’ai pas vocation à les absorber tous, sauf à risquer l’overdose alors que je cherche, comme vous, la loverdose. Les jours roulent l’un sur l’autre, presque inexorablement puisque tout ceci aura, malgré nos fantasmes d’immortalité, une fin. Et ce flux et reflux des jours caresse nos âmes d’une belle écume ou y trace des cicatrices qui font de nous ce que nous sommes.

Régis Vignon – Douarnenez aout 2016

Dans le monde des rezosocio, l’écume des jours peut être lumineuse et sublime, mais elle est aussi trop souvent terne, puante, nauséabonde et mortifère.

Evènement facebook – #1 – debrief

Lors de ce premier événement, je demandais que l’on me propose des mots. En réponse je m’engageai à les utiliser sur ce blog, ne sachant pas du tout ni quand, ni comment.

Peu d’entre vous ont participé, mais finalement c’est une chance. Je tiens à remercier tout particulièrement Anne, Katia, Marie-Hélène et Peggy qui m’ont nourri de mots : Lumière, Amitié, Musique, Pardon, Eau vive, Condescendance ou Mépris. La moisson était là. Qu’allais-je en faire ? Comment vous remercier d’avoir joué le jeu ?

J’avais commencé à chercher des mots composés des premières lettres, puis tenté de travailler sur les premières syllabes, et enfin à identifier comment les intégrer dans une histoire plus longue.

Et puis, l’évidence s’est faite. Depuis le début du mois, je travaillais sur une lettre de candidature pour être juré du livre Inter. Un très vieux fantasme. J’étais à la quinzième révision de ma lettre quand j’ai imaginé y intégrer vos mots.

Ce faisant, je m’offre une petite mise en abîme et j’espère, un atout auprès des lecteurs de ma lettre de candidature, laquelle est bouclée et envoyée.

J’espère ne pas avoir trahi vos mots, tous porteurs de tant de choses. Peut-être en ferai-je d’ailleurs une autre utilisation ?

Grand merci et à bientôt !

Phobie et amalgame

Derrière le suffixe phobie se cache une forêt de sens dont certains posent question. Notre langue française est souvent qualifiée de précise et d’abstraite. une langue plus adaptée pour le maniement du concept que pour décrire. On pourrait indiquer plus précisément le fond de sa pensée en français que dans une langue plus descriptive comme la langue anglaise. Chaque mot aurait un sens précis, sans que l’on soit obligé de lui coller un adjoint comme une préposition, là où un mot, un verbe de la langue anglaise saura prendre autant de sens différents que de prépositions possibles. Enfin c’est comme cela que l’on a l’habitude d’en parler.

Lorsque je lis un texte de Nabokov, je suis émerveillé de la limpidité des sentiments et sensations. Chaque mot est d’une totale justesse, sans ambiguïté, le lecteur comprenant exactement l’intention de l’auteur. Il a écrit en russe, sa langue natale, en français et en anglais. Je doute que ses relecteurs aient eu beaucoup de travail à effectuer.

Ce qui me tracasse dans notre belle langue, c’est que le mot phobie, qui veut initialement exprimer la peur démesurée et irrationnelle d’un objet ou d’une situation précise, puisse aussi prendre un sens haineux, qui dépasse de beaucoup l’idée initiale. C’est ainsi pour l’homophobie, l’islamophobie, la transphobie…

Notre langue française, étalon de précision quasiment déposée au pavillon de Sèvres, manquerait parfois de cette fameuse précision. Tout assimiler à un même niveau, revient à minorer les haines pour les assimiler à des peurs. Ne devrait-elle pas séparer les notions de peur, de crainte et celles de haine, de discrimination.

Dis autrement, si je me déclarais homophobe (ce que je ne suis en aucun cas !) je serais victime de ma peur des homosexuel(le)s et non coupable de discrimination envers ces personnes. Je pourrais crier ma judéophobie, mon islamophobie ou ma christianophobie (là encore, cela ne s’applique pas à moi !) sans être inquiété alors que je ferais preuve de coupable discrimination.

En ce moment, un tombereau d’immondices se déverse sur nos réseaux. On se lâche sans limite. On traite qui de trucophobe, qui de machinophobe. On enferme des personnes dans des boîtes, on amalgamise, on insulte, bientôt on collera un signe distinctif sur les vêtements. Mes ami(e)s, cela pue et devrait nous inquiéter beaucoup plus.

Étonnamment, j’ai le sentiment que notre langue participe à ce foutoir, cela m’attriste…

Quelques références à ce sujet :

L’Anglais est-il une langue imprécise ? de André Racicot

Léopold Sédar Senghor

La clarté du français, langue intellectuelle s’il en fut, lui [vient] essentiellement de ses abstractions […]. La première preuve de l’abstraction du français est, non pas précisément la pauvreté, mais la richesse tempérée de son vocabulaire, qui est d’environ 93 000 mots en face des 317 000 mots de l’anglais. C’est ainsi que le français est l’une des plus pauvres des langues romanes : Parce qu’issu du latin, qui était pauvre, il a reçu moins d’apports exotiques que ses voisins ibériques. Il est cependant l’une des langues les plus précises qui soient. C’est d’abord que l’abstrait, étant plus pauvre en quantité, est plus intelligible que le concret. C’est aussi que le français, grâce à l’abondance de ces gonds de la pensée que sont les conjonctions de subordination, insiste sur les relations des êtres et des choses plus que sur leurs qualités sensibles. C’est encore que le français est pourvu d’une grande variété de préfixes et de suffixes, qui lui permet de former des familles de mots parfois très étendues, mais surtout que ces affixes, parce que venus pour la plupart du latin ou du grec, sont par là plus intelligibles, même aux non francophones, pourvu qu’ils aient une culture générale.

 

Social Network Cleaner

Un métier 2.0 que celui-là, 2.0 et totalement obscur. Suite à l’invasion des réseaux sociaux dans le cerveau des humains, un pourcentage non négligeable de ces derniers ont perdu tellement de neurones que la fédération mondiale pour la survie humaine s’est trouvée dans l’obligation d’intervenir.

Face aux vagues d’informations et de désinformations, l’humain, désarmé et sans capacité d’analyse, est devenu la proie et la main armée de manipulateurs sans vergogne, marionnettes d’autres pays, de politiciens à mèches jaune, buveurs de vodka ou mangeurs de nids d’hirondelles.

La fédération a créée une équipe de SNC (Social Network Cleaners) dont la mission première a été de créer du big data à partir des réseaux sociaux, de créer des algorithmes pour identifier les sources originelles des désinformations, pour les faire disparaître ainsi que les instances propagées. Certains SNC pouvaient devenir Human Source Cleaner, ce qui leur conférait de facto le droit d’empêcher l’humain source de désinformation de nuire à nouveau, quelque soit le moyen utilisé.

La fédération mondiale pour la survie humaine a toujours farouchement niée l’existence des SNC.

Une autre équipe aurait été chargée de recharger le cerveau des humains consommateurs de réseaux sociaux en neurones neufs et totalement fonctionnels. Devant le peu de résultat, cette équipe a rapidement été dissoute. Et dissoute, c’est pas cherte.