Biroute

(n.m.) embranchement de deux routes.

exemple : dès que je te propulse, mon petit Alphonse, tu fonces. Beaucoup d’autres sont là, qui veulent aussi être l’élu. Tu dois être le seul, l’unique, le premier. Pas de cadeau aux autres, t’es un leader. Tu passes la biroute sans t’arrêter. Au bout du bout tu le vois, énorme devant toi. Tu te sens irrésistiblement attiré. Tu prends un maximum de vitesse, tu mets toute ton énergie, celle de la vie et dedans tu fonces, mon Alphonse.

exemple d’après (spécial pour contrepéteu.r.se) : les bibandes déroutent

Un bon livre, ça commence…

Un bon livre ça commence assez vite au moment où l’on reconnait être piégé, obligé d’aller jusqu’à la fin et que l’on va y passer du bon temps.

Un mauvais livre, c’est aussi rapidement que l’on se rend compte de la méprise.

Je viens d’enchaîner les deux, la chance m’a honoré qui les a placés dans le bon ordre. Je quitte une histoire où la fin est donnée dès le début, parti pris de l’auteur, cela aurait pu ne pas être gênant. Un jeune promis à un brillant avenir plaque tout, s’immerge dans une forêt de l’Alaska et n’y survit pas. Mort d’avoir cherché l’aventure absolue. Une fois que l’on a dit cela, tout est dit. Le style d’écriture me laisse de marbre, peut-être l’effet d’une traduction un peu « courte », l’histoire ne me passionne pas. N’ayant pas d’autre livre devant moi, besogneux et sans courage, je continue ma lecture…

Il y a peu, Sylvie me propose d’aller promener mon absence de livres à lire à la Compagnie des livres, à Vernon. J’en ai ramené le dernier Houellebecq, Sérotonine, que je m’étais promis de lire, un gros pavé sur Guillaume le Conquérant, un autre sur les Vikings et le livre d’Isabelle Carré.

Evidemment, la possession du Houellebecq m’a fait fermer le mauvais livre, vite jeté sans remord dans les poubelles de l’histoire.

On ne sait jamais ce que va être une nouvelle lecture. Si on a déjà lu avec bonheur l’auteur, un a priori très favorable nous encourage à y aller sans crainte, mais parfois, on tombe sur un bug, le bouquin de trop.

Avec Sérotonine, on sait vite que l’on est dans du très bon. Il y a une densité d’écriture incroyable, un beau langage, de la connaissance mise à disposition, une histoire qui vous prend, des personnages travaillés. Il sufit de quelques lignes, de peu de pages, pour savoir que l’on va passer du bon temps avec un livre, que l’on va devoir se forcer à le fermer de temps à autres pour ne pas le dévorer, ou être dévoré par lui, d’une traite et prolonger ainsi le plaisir. Ces moments où l’on ne lit pas, le livre nous habite, on attend de le retrouver, prolongent notre plaisir. Avec de très bons livres, c’est jouissif de s’appliquer une forme légère de masochisme à le refermer pour avoir encore plus de plaisir à l’ouvrir de nouveau.

Les personnages et l’histoire continuent à vivre en nous, et leur existence se fait plus vive et plus cru au moment où l’on reprend le livre.

Je ne suis au’au tiers de Sérotonine, et n’ai aucune idée de ce qui m’attend, et c’est bon.

J’ai eu une fois l’occasion de faire un baptème d’acrobatie en avion. Un superbe biplan blanc, impeccable, avec les câbles protégés par des gaines en cuir, le cockpit non fermé. J’hésitais, partagé entre la trouille et l’attrait du plaisir. Ce qui m’a décidé a été que le précédent passager faisait part de soucis de connexion voix entre le pilote et le passager. L’opportunité était unique, c’est ce qui m’a fait monter dans cette avion. Pour votre gouverne, par chance l’avion n’en manquait pas, le passager monte devant et le pilote est derrrière. Sur la piste, lors de la course d’envol, le nez de l’avion est devant votre nez qui cache la piste. Je n’ai pas de photo de l’avion blanc mais en voici d’un modèle similaire.

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Le vol a été une merveille, peut-être en ferais-je en faire un petit texte…

Avec mon livre, c’est pareil, je m’attends à quelque chose de métaphysique, je suis sur la piste, dans la course d’envol, déjà pris, capturé, ligotté par la lecture, mais la suite va être meilleure encore…

Certains jours l’écume est…

Vous êtes toutes et tous, comme votre serviteur, plus ou moins accros aux réseaux sociaux, les rezosocio, les zérosocio, on ne sait plus comment les appeler. Connecteurs géniaux, fournisseurs d’informations trop rarement vérifiées, pompes à fric, aspirateurs à exister, déployeurs de contre-vérité, putaclic comme disait une amie, poubelles à dysorthografie, dégueulis de frustrations, de colères et d’envie.

Au milieu de tonnes d’ordures déversées parfois par maladresse, quelquefois par bêtise, sinon parce que c’est notre fonctionnement habituel, et après avoir écarté les petits chats et autres petits animaux kisonbo kisonminions touça touça, on est surpris par la fulgurance d’une intelligence : un poème, une musique, une analyse profonde, une saillie drolatique.

Est-ce le reflet réel de notre société ? un artefact bidonné ? un intervenant maléfique ou généreux ?

Les réseaux sociaux existent dans la vraie vie (IRL = In Real Life) mais on ne s’en rend pas compte, car la vie a sa propre vitesse, une manière d’évoluer plus en phase avec le rythme de notre respiration. Entrer en contact avec quelqu’un prend du temps, et c’est rarement avec une invitation informelle de type « untel demande à être votre ami ». Il y a des formes, des usages à respecter sous peine de tomber en impolitesse et de déclencher un regard méprisant, un coup d’oeil inquiet, une réaction plus violente allant du cliché « Tu veux ma photo ? » jusqu’au fameux bourre-pif (à l’ancienne), celui avec le poing américain (années soixante) ou au célèbre coup de boule (plus moderne mais bien douloureux). Maintenant le cas est réglé, on se fait buter par arme à feu. Si l’on suit la logique des choses, la version futuriste pourrait être une déflagration nucléaire, même domestique….

Je me souviens de mon arrivée à Paris, habitué que j’étais des mœurs provinciales où l’on sourit aux gens croisés, osant dire bonjour à des inconnu(e)s. Mes premiers jours dans le métro, encore habités par la province me valurent quelques beaux râteaux, des visages fermés que mon sourire arrivait à fermer encore plus. Mon étonnement aussi de me faire bousculer par des hordes courant autour de moi. Je les trouvais bien cons, mais rapidement, sans savoir pourquoi, peut-être juste pour ne pas être le dernier, ce jour-là je devins l’un des leurs et fis le deuil de ma naïveté provinciale.

Avec les outils informatiques de réseaux sociaux, nous faisons fi de l’enrobage, des conventions, enfin pas tout à fait mais celles utilisées dans les rezosocio sont impersonnelles et sommaires. En un clic je demande à être connecté, au second clic, c’est fait. Mais connecté, qu’est ce que ça veut dire ? Cela veut dire que je te suis. En m’acceptant comme ami, tu m’autorises à marcher derrière toi sur le trottoir… Ben dis donc, quelle chance !

A la réception d’une demande, les plus prudents d’entre nous balayent le mur du demandeur pour évaluer les centres d’intérêt et tenter d’identifier la compatibilité. Mais je crains bien que notre besoin de gonfler nos « portefeuilles » d’amis nous incite à omettre ces étapes de vérifications. Faut-il que nous soyons en prise avec un fort sentiment de solitude pour courir après ces amitiés virtuelles ? Et puis, après tout, même le monde du travail requiert que chacun développe son réseau…

Puis vient le ballet des courbettes, une succession de « je t’aime », « moi non plus », « moi plus que toi ». L’histoire peut être très courte, mais parfois, l’assaut de politesses résiste au temps court du média et l’on se retrouve vraiment connecté à l’autre. La bienveillance, le clin d’œil, le partage s’installe dans la durée.

Certaines amitiés sont plus belles que d’autres, marquées par un profond partage de centres d’intérêt, par une communauté d’âmes, des expérience de vie communes, une curiosité, parfois le profond respect de ce que l’autre accomplit.

Le besoin du passage à la réalité, se voir In Real Life, dans la vraie vie, concrétise cette amitié. Ce n’est pas toujours recherché, quand ça l’est d’une commune volonté, cela donne lieu à de belles rencontres. Certaines et certains d’entre vous savent de quoi je parle.

Une des mes virtuelles amies réalise en ce moment même une forme de « performance » en traversant la France pour rencontrer celles et ceux du monde virtuel qui lui sont le plus proches. Une forme de plongée IRL ! Égoïstement, je serais très heureux de la croiser.

Nos réseaux sociaux nous donnent accès à nombre de belles informations. Je me nourris de ce qui est relatif à l’art : musique, photo, peinture, danse, littérature, sculpture… et me maintiens ainsi au courant de l’actualité, des concerts, des projets.

Hélas, nous sommes pollués par les grincheux chroniques, ceux qui trouveront toujours quelque chose à redire dans l’ordre du monde, les pisse-vinaigre chroniques soit parce qu’ils ne savent pas lire derrière les mots, soit parce que c’est leur nature de faire la gueule, soit parce qu’ils sont malheureux. Et je ne parle pas des professionnels de la fake news, ceux-là sont, après un rappel à l’ordre, vite éjectés. Il y a des vrais nuisibles, certains professionnels œuvrant dans la pire des politiques, celle des populistes, des anti-Europe, des complotistes, des illuminés, des anti-vacc, des anti-n’importe quoi…

Mes amis pisse-vinaigre, ne soyez pas étonnés si je m’écarte de vous. Sensible aux malheurs du monde, il y en a tant, je n’ai pas vocation à les absorber tous, sauf à risquer l’overdose alors que je cherche, comme vous, la loverdose. Les jours roulent l’un sur l’autre, presque inexorablement puisque tout ceci aura, malgré nos fantasmes d’immortalité, une fin. Et ce flux et reflux des jours caresse nos âmes d’une belle écume ou y trace des cicatrices qui font de nous ce que nous sommes.

Régis Vignon – Douarnenez aout 2016

Dans le monde des rezosocio, l’écume des jours peut être lumineuse et sublime, mais elle est aussi trop souvent terne, puante, nauséabonde et mortifère.

Condescendance ou Mépris

L’une d’entre vous m’a gratifié de ces mots à l’occasion de l’événement Facebook #1 de MauxetCris. Elle n’a pas précisé lequel je devais prendre. J’ai donc pris les deux.

Au revoir l’utilisation des « stiche », comme un postiche derrière lequel s’abriter offrait une forme de confort, même si l’ajout des contraintes ait sollicité un peu de recherche de ma part, non sans plaisir d’ailleurs, mais ce fut, je le crains et l’une d’entre vous l’a bien perçu, au dépit du sens.

Nous connaissons tous ces deux mots qui semblent proches et que, de prime abord, on échangerait volontiers sans y trouver malice. Cependant, quelque chose nous dit que ce n’est pas le cas.

Comment se rapprocher du vrai sens des mots ? C’est fondamental pour exprimer exactement ce que l’on pense et se bien faire comprendre. Nous avons une foultitude de dictionnaires à disposition, mais j’ai privilégié deux sources : le dictionnaire de l’Académie Française (excusez-moi du peu !)et la base du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales). Les liens sont en pied de document.

L’Académie Française en est à la version 9 de son dictionnaire, toujours en vigueur à ce jour. Même si d’autres dictionnaires (Larousse, Robert, Littré,….) présentent beaucoup d’intérêt, nous sommes sensés trouver dans celui de l’académie Française la quintessence du savoir, de par les cerveaux qui en font partie, à même de produire le nectar des jus de cerveaux.

Condescendance : sous son sens le plus actuel, bienveillance teintée de dédain. La condescendance est un sentiment mélangé, une partie bienveillance positive mélangée d’une forme négative, le dédain n’étant que l’expression du mépris.

Mépris : Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d’estime, d’égards, d’attention. Rien de positif ici, ce mépris n’est que négativité.

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales donne pour chaque mot tout un tas d’informations très intéressantes dont il serait dommage de se priver. Par exemple, l’étymologie, les antonymes, les synonymes, d’autres encore, et un outil que j’affectionne particulièrement : la proxémie. Cette dernière affiche sous forme de graphique les liens du mot cherché avec d’autres mots. C’est très riche d’enseignement.

L’outil permet de zoomer et de faire tourner les liens pour accéder au détail.

Vous avez compris que pour signifier une situation vraiment tranchée, vous pourrez manifester votre mépris sans condescendance aucune, mais que si votre intention est plutôt bienveillante, alors condescendez mais ne méprisez point.

Citations (noter que l’on trouve cent vingt et une citations pour le mépris et seulement quatre pour condescendance)

  • “La plupart des mépris ne valent que des mépris. ” Montesquieu
  • “Le silence est l’expression la plus parfaite du mépris.” George Bernard Shaw
  • “Le mépris des hommes est souvent la marque d’un coeur vulgaire.” Albert Camus
  • “Celui qui parle constamment des cons d’un petit air condescendant, ne fait-il pas aussi un peu partie de la famille ?” Pierre Perret
  • “Il n’y aura jamais d’égalité tant qu’on se sent inférieur ou supérieur à autrui. Entre égaux il ne saurait y avoir de condescendance.” Gandhi
  • “L’homme fier a toujours un regard condescendant sur les choses et les gens : et bien sur, aussi longtemps que vous regardez vers le bas, vous ne pouvez voir au dessus de vous.” C.S. Lewis

Documentation :

  • CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) est une base de données produite par le CNRS.
  • CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) est un organisme de recherche dépendant de l’état, créé en 1939, et qui peut se targuer d’être à la point de la recherche public mondiale, devancée depuis peu par la Chine, mais toujours devant les USA pour ce qui est des publications.
  • Académie Française : créée en 1635, il y a bientôt quatre siècles, ses missions sont de défendre la langue française et de maintenir un dictionnaire. La version neuf du dictionnaire est munie de trois tomes dont le premier (de A à Enzyme ) édité en 1992, le second (de Éocène à Mappemonde) en 2000 et le troisième (de Maquereau à Quotité) en 2011. Le quatrième est en cours de révision.

Eau vive (alexandrin, acrostiche, téléstiche et hémistiche)

Encore dans la suite donnée à l’événement #1 facebook de MauxetCris, nous voici avec le mot suggéré Eau vive, traité en alexandrins, donc avec ses hémistiches, agrémenté d’acrostiche et d’hémistiche.

L’accumulation de ces mots en « stiche » me laisse entendre que nous arrivons au bout de ce modèle de contraintes. Pour le prochain mot « Condescendance ou Mépris », je me fixerai comme seule contrainte d’en adopter aucune.

Elle est libre comme l’air, mais pas compressiblE,
Arrêtée par le seul gel, qui la fige, aglaglA,
Utile à tous, ils sont nombreux qui l’ont perdU,
Vive, elle court la campagne, son leitmotiV.
Insensés pollueurs, des nitrates et du pourrI
Veulement déversés pour faire la une de couV
En prison vous irez, l’eau restera librE.

Pardon

Toujours dans la même série, mais pour corser un peu l’exercice, le mot suivant, Pardon, sera lu de haut en bas au début et de bas en haut à la fin. Désolé de vous infliger tout cela, mais l’exercice m’amuse.

Pour éviter de nourrir un ressentiment et rester coN
Aller plutôt vers l’agréable méthode du bonobO
Ravaler sa haine pour promouvoir un accorD
Donner une chance à la relation de se protégeR
Oublier le mal dit ou fait que l’acte engendrA
Nouer des beaux sentiments jusqu’au final claP

Musique

Troisième mot offert par l’événement #1 facebook, Musique revêt pour est juste un des mes piliers fondamentaux. Depuis toujours ma compagne, elle m’a tant pris et tant donné que je ne pouvais que la traiter différemment. J’ai donc acrostiché et téléstiché, de concert bien entendu.

Même si l’endroit idéal pour en jouir c’est l’auditoriuM
Utile par son acoustique qui en fait un bijoU
Sa pratique fait partie de mes vitaux besoinS
Idem respirer, écouter une pièce de ScarlattI
Quadruples croches pour se sentir fier comme un coQ
Unique musique, mon fidèle absolU
Eternellement, je t’aimerai toute ma viE