L’entrée (suite)

L’entrée (suite)

Lire d’abord : L’entrée

La porte s’ouvre, il a une montée d’adrénaline, mais non c’est un couple. Un frisson le surprend. Écoeuré de se constater aussi émotif, il entreprend la lecture de la carte. Du standard, rien d’original. Tiens, une cassolette de rognon et ris de veau à l’anis. C’est bon ça, et il y a une éternité qu’il n’a pas goûté à ce mélange qu’il adore. Côté boisson, un verre de quoi ? Il faut du rouge pour le rognon et du blanc avec le ris de veau. En plus cuisiné avec de l’anis….

« Bonjour Antoine, je suis un peu en retard ! »

Elle est là, devant lui, souriante, un turban sur les cheveux, un blouson de cuir, un jean, des bottes de motos. En se levant trop vite, il brusque un peu la table, un verre vacille, il le fixe de sa main gauche.

« Bonjour Claire ! Arrête, tu ne sais pas être en retard, tu devrais essayer un jour pour voir ce que ça fait. Ceci dit, je suis comme toi, ça doit être dans les gênes ce truc. Tu as changé de moto ? » 

« Comment tu fais pour être à chaque fois plus belle ? C’est objectivement impossible et pourtant… » lui chuchote-t-il doucement en lui faisant une double bise.

« Ch’est mon destchin de femme fatchale, que veux-tchu ! » lui assène-t-elle de sa voix la plus grave en tordant la bouche pour mouiller ses t et moquer les snobs. « Non, toujours la même Hornet de chez Honda »

« Tu le fais trop bien ! Je suis super content de te voir. Ça fait une paille ? Bien six mois, non ? »

« C’était au studio bleu en février dernier. On finissait les répétitions avec mon groupe et toi tu enregistrais une partie de guitare, sur quoi d’ailleurs ? »

Il cherche « C’était pour une pub pour des saucisses, je crois. Le genre de saucisse que je ne mangerai jamais de ma vie. Par contre, ça me fait bouffer ! Je me souviens qu’il avait fallu faire une dizaine de prises. Jamais contents ces mecs. Ton album a bien marché d’après ce que j’ai vu ! ».

« Oui, ça va, je ne me plains pas ! Surtout, on tourne pas mal avec le groupe, même si on galère un peu pour caler les dates, vu les engagements des uns et des autres. Le public nous fais de bons retours, ça fait plaiz. T’as un truc pour moi ? »

Antoine se frotte le menton « Je travaille sur un projet. Le nom pourrait être ‘in fine’, le concept est de zoomer la course débridée de l’humain vers son autodestruction. Je sais que le thème est plus qu’éculé en ce moment, mais je ne vois rien de plus important que notre survie. Déjà trois morceaux finalisés, les voici sur cette clé. Tu écouteras, si tu veux bien. J’aimerais avoir ton avis et surtout, j’ai une proposition à te faire ».

« On a fait le tour de ce qui était possible entre nous », dit Claire, son visage s’assombrissant un peu.

« Oui, je sais, et ça me désole. Non c’est pas ça, j’aimerais d’inclure dans le projet. Ta voix pourrait tout sublimer. Ta manière de l’utiliser, en particulier la rauque attitude colle parfaitement au côté déchirant de cette fuite en avant de l’humanité. » 

« L’idée me plait bien a priori. Le concept me va bien, tu sais mon engagement. Mais d’une part, j’ai peu de temps libre pour de nouveaux projets, et surtout je ne veux plus participer à des projets sans m’investir sur le plan création. » Elle guette la réaction d’Antoine au fond de ses yeux.

Les yeux d’Antoine sourient « Heureux que tu me dises cela, car c’est justement ce que je veux te proposer : une collaboration ouverte sur un projet commun, quitte à effacer ce qui est déjà fait, et reprendre au début sur de nouvelles bases. On commande ? »

écoute conseillée : Zazie – Nos âmes sont

L’entrée

L’entrée

 

Il se gare, facilement, les places libres sont légion, regarde l’heure sur le cadran de sa voiture, 12h15, et coupe le contact. Le calme envahit l’habitacle. Il aime ce moment après une heure où le bruit du moteur, même peu important sur ce modèle, reste présent et grappille un peu d’énergie à son cerveau, qui préfèrerait se concentrer totalement sur la musique.

Aujourd’hui, le trajet lui a paru moins long grâce à quelques pièces de Marin Marais jouées à la viole de gambe par Jordy Savall à l’occasion du film « Tous les matins du Monde ». Oui, sa prochaine voiture sera encore plus silencieuse et il choisira une meilleure sono. Pas pour le volume, pas du genre à faire chier les riverains avec une basse boom boom sur une musique de merde, mais pour avoir la meilleure restitution.

Un quart d’heure d’avance, c’est sa précaution habituelle pour parer à tout souci potentiel mineure sur la route. Il entre dans le restaurant. « J’attend une amie ». On l’oriente vers une table discrète dans un renfoncement jouxtant la porte d’entrée. Il regarde autour de lui. « Serait-il possible d’avoir cette table là-bas, s’il vous plait ? ». Face à la porte d’entrée, à l’autre bout de la salle, elle présente l’avantage de coller parfaitement à son scénario.

« Une pression, S’il vous plait ? ». Ça y est, il est au bon endroit, il a le temps de se rejouer le film. Il est un peu trop tôt, le restaurant est encore vide. Beaucoup d’hommes seuls. Il connait de l’intérieur ces moments de solitude. Celui du restaurant, le soir surtout, à midi il était souvent accompagné par ses clients. Mais le restaurant du soir pouvait être d’un tel déprimant. Pour peu que la chambre fut également terne, vieillote, les larmes lui seraient presque venues aux yeux, aux lèvres par grosses perles. Quelques soirées de déprime dans de petites villes de province, auquelles le meilleur livre ne pouvait pas rien. 

L’un est absorbé dans sa lecture. L’autre voudrait se fondre dans le paysage, bouffé de timidité et de mal être. Ici, un smartphone addict, en train de tenter d’exister sur un réseau social quelconque.

Deux serveurs, un paraxode. Le plus jeune a l’expérience, le plus ancien a commencé hier, après chaque geste, il requiert l’acquiescement de l’autre, qui s’exécute d’un discret mouvement de menton. Le jeune se dit que cela ne va pas durer, si à la fin du service, il continue son cirque, il gicle…  

Un groupe de quatre personnes, repas de travail. Le mâle alpha, un peu plus agé, futur vieux beau, un peu épais, très sûr de lui même et de son costard gris sobre. A sa gauche, une femme, petite, pas trop mince, joli visage, fringuée classe, genre commerciale, qui observe les réactions sur le visage d’alpha. Comment gère-t-il ses émotions ? L’atout séduction a-t-il sa place dans ce moment ? Comment gagner ? Face à eux, deux zombis, interchangeables cons habituels. Ils vont jouer à la parade rituelle du contrat. 

Il revient à son histoire, excédé d’avoir perdu du temps à observer ces nases, même si cela n’a duré qu’une respiration.

Elle va entrer, là juste face à lui. Et le temps va se suspendre, comme à chaque fois. Elle va bouffer tout l’espace-temps. Ses cheveux noirs, en pétard autour d’un sourire éclatant et de ses yeux verts. Sa silhouette de femme heureuse, assumée, fière viendra vers lui de sa démarche souple. Et ce spectacle arrêtera les conversations. Elle ne le fait pas exprès, rien d’ostentatoire, c’est malgré elle. Elle ne triche pas, ne se montre pas, elle est comme ça, à capter la lumière, l’attention des autres. Elle sait l’effet qu’elle produit, sait en jouer lorsqu’il le faut, mais pas là. 

Avec lui, elle est sans affectation. Leurs deux êtres sont connectés sans artifice, sans gêne. 

Un regard sur le smartphone, c’est l’heure…

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Pour écouter la musique de « Tous les matins du monde » cliquer ici.

Jazz es-tu là ?

Jazz es-tu là ?

Il y a onze jours que je n’ai pas écrit quoi que ce soit. Affolée par ce vide qui me gagne, ma muse s’est fait la malle, sans bruit, sans explication, juste comme ça, en douceur, aussi doucement que la chute d’une plume de duvet d’un juvénile sur un vieux parquet, tu sais celui dont certaines lattes grincent lorsque tu poses le pied dessus, tu reviens vérifier, tu reproduis le grincement, et pour un peu ton âme joueuse cherche les lames musiciennes et te voilà à inventer une musique qui n’amuse que toi. Forcément, tu entends « bon ça va, on a compris, tu peux arrêter maintenant steuplé ? ».

Tu as taquiné ta guitare, un petit motif descendant avec des bouts d’accords renversés. C’est ça les musiciens, ça renverse dynamiquement l’échiquier pour créer la surprise. L’oreille attend la note que le cerveau sait devoir arriver. Si elle arrive, la dopamine (hormone de satisfaction) se libère, comme une friandise pour récompenser d’avoir bien travaillé. Le phénomène du rush, anticipation de la montée du plaisir vers une résolution, un refrain, une séquence particulièrement jouissive, est un phénomène que l’on retrouve aussi chez les toxicos, les alcoolos et les joueurs. « Sex and Drugs and Rock and Roll Is very good indeed » chantait Ian Dury en 1979. Tiens, encore un que j’ai vu en concert…

Pour en savoir plus sur la musique et les hormones.

Cela peut tout aussi bien être très joli, mais cela restera juste chiant. L’idée est donc de ne pas arriver là où on est attendu, mais ailleurs dans un autre paysage, une autre couleur. Comme un plat que l’on t’amène. Tu y vois un légume. Ton cerveau sait déjà le goût que cela va avoir dans ta bouche. Mais le cuisinier est un farceur et il a déguisé autre chose en légume. Et ta bouche est surprise. C’est l’aventure, ton cerveau  doit acquérir cette nouvelle connaissance, en background, les mécanismes se mettent en branle pour stocker l’information au bon endroit et créer un chemin d’accès pour te permettre de retrouver la sensation.

La surprise est vite remplacée par autre chose, il faut maintenant que la nouvelle tonalité, le nouveau goût soit également bon pour en jouir. Les très bons sont ceux qui vous surprennent avec délice, sans faute de goût. Une rupture franche, sèche sera pardonnée si l’on atterrit sur une belle séquence musicale ou gustative.

Musique à écouter en lisant cet article : Plume / Escaping the dark side.

Induire une suite et ne pas la respecter, dévier vers ailleurs, emmener l’auditeur vers des inattendus c’est la recette d’un bon jazz. J’avais un ami qui n’aimait pas les concerts car il n’aimait pas les surprises et voulait retrouver toujours le même plaisir. Il avait de bons gouts musicaux, nous en partagions beaucoup d’ailleurs, excepté le jazz qu’il n’aimait pas, trop déroutant, trop hermétique pour lui, le qualifiant de musique pour initiés, pour savants. Cet ensemble de noms d’oiseaux que donnent au jazz ceux qui n’ont pas essayé ou n’ont pas eu l’occasion de le faire et qui se cachent derrière le fait qu’ils ne seraient pas assez « savants » pour y entendre quelque chose.

Certains de mes amis n’entendent rien à la technique musicale, qui ne les intéresse pas, ne les concerne nullement. Certains d’entre eux sont pourtant de grand amateurs et d’excellents connaisseurs de cette musique. Je les admire car ils m’impressionnent beaucoup. Pourtant tout est là ! Pas besoin d’être savant pour apprécier la musique de jazz, nul apprentissage en conservatoire n’est requis, juste de la curiosité, du bon goût, de la mémoire et une méthode d’initiation que je qualifierais de « à l’arrache », la même qui te fait tomber dans le dictionnaire et y passer des heures en bondissant d’un mot à un autre.

Entrer en profondeur dans l’oeuvre d’un musicien, écouter l’ensemble de sa production. Au travers, tu découvriras ceux qui ont participé à cette oeuvre et ainsi de suite. C’est un processus récurrent, en arborescence, avec l’avantage que tu n’as pas à revenir au point de départ initial. Tu découvres au fil du temps des oeuvres et des musiciens qui t’accompagneront toute ta vie. Rares sont ceux que tu délaisseras. Ils seront de plus en plus nombreux à t’accompagner, à t’enseigner, à te rendre de plus en plus riche.

Et chaque écoute te déversera de plus en plus d’hormone… surtout avec ce dernier opus de Plume…

 

 

Notes

A écouter en lisant l’article Plume: Escaping the dark side

Rappel du Sex & Drugs & Rock & Roll de Ian Dury pour les hormones et le rush

Pour en savoir plus sur la musique et les hormones.

Trois jours

Il y a parfois dans nos vies des moments où les mauvais coups se concentrent, pour faire comme une danse macabre autour de nous, un pied de nez à notre optimisme, à notre résistance, notre capacité de résilience. Un rappel que la vie n’est qu’un prêt, pas un don, et que le chaos nous la reprendra toujours.

Il y a trois jours Maman a terminé sa vie. Tout est là : Maman va mourir. Inutile de dire l’impact…

Il y a deux jours, Notre Dame de Paris s’est embrasée, entraînant une belle convergence humaine avant que ne s’élèvent des flammèches d’amalgames, de mauvaise foi, de bile, mais aussi quelques vérités que l’on aurait préféré ne pas entendre déjà. Après un court moment de fraternité, dominait de nouveau la cacophonie (j’avais écrit la cacaphonie, finalement c’est ça aussi !!) de notre tricolore poulailler. Je reste pour ma part majoritairement sur la sidération et la désolation ressenties.

Hier, j’avais rendez-vous à Foch pour un suivi après trois mois d’arrêt de mon traitement anti-cancer décrété après le constat de rémission totale de janvier.

La fête est finie, je dois reprendre le traitement. Le cancer, sonné et matraqué par le traitement, s’était planqué et ne montrait plus le bout de son grouin. En l’absence de traitement, il s’est cru à la fête et a repris son activité.

Mais alors qu’est donc cette notion de rémission totale ? Pas la guérison, cela je le savais. En fait c’est juste que l’on ne voit plus rien sur les analyses et les examens d’imagerie.

Moralité : reprise du traitement avec le protocole d’attaque. Je commencerai lundi après être rentré de l’enterrement de Maman.

Mon père nous disait : « la vie c’est comme une tartine de merde, certains jours, il y en a plus épais que d’autres !

Pas d’inquiétude, pas d’apitoiement, le moral est d’acier !

 

Maman va mourir !

Une évidence, une loi incontournable, la vie sort de nulle part. Du chaos nait la flamme, tremblotte, vacille, s’élève, s’affirme, se tient droite, faiblit, se ratatine, hésite et finalement retourne au chaos. Tu le sais toi aussi, on le sait tous. Pas de surprise, c’est inexorable, incontournable.

faucheuse

Maman va mourir, là maintenant, dans quelques jours, quelques heures.

Quatre vingt dix huit années, dont les dernières sans pouvoir prononcer une parole. Mais avant, une vie entière, débutée trois ans après la fin de la première guerre mondiale, mes deux grands-pères étaient à Verdun en même temps. A vingt ans, mes parents vivaient dans un pays occupé. Une époque dont ils nous disaient que l’on ne pouvait se fier à personne, ne sachant jamais si l’interlocuteur était, derrière les apparences, ami ou ennemi, fiable ou fourbe, fidèle ou traitre.

Maman va mourir, c’est terrible !

Elle a aura été forte, nous aura amené à l’âge adulte avec ce qu’il fallait de principes et de liberté. Depuis que je suis établi en région parisienne, je descendais moins souvent la voir. J’en garde une culpabilité mal assumée. Nous devons tout à nos parents, la sortie du chaos, bien entendu, mais aussi et surtout tout ce temps consacré à nous élever, faire de nous des adultes. Avez-vous remarqué que le mot élevage était réservé aux animaux, aux plantes, au vin. Pour les humains, on parle de puériculture, ce qui du coup devient une science. Une science, élever un enfant !! Que les humains peuvent être stupides !

Maman va mourir, funeste destin !

Toujours souriante, elle ne déversait pas sur les autres ses difficultés. Le sourire ne serait-il pas un vrai traitement préventif pour l’entourage ? Je crois avoir hérité de ce trait de caractère, sans en tirer quelque honneur puisque « malgré » moi. L’héritage a ses lois… Oui c’était rassurant de retourner la voir. Je suppose que cela fonctionne pour tous, sauf peut-être pour ceux qui sont eux des rapports compliqués avec leurs parents, et encore…

La route est entre deux chaos-2
La route entre deux chaos

Maman va mourir !

Quelle tristesse, quelle injustice, quel désespoir ! La flamme va retourner au chaos et tout redeviendra sombre !

Addendum : Maman est décédée à 22h30. Andrée Marguerite Madeleine Lachazette épouse Vignon 10 avril 1921 – 14 avril 2019 ❤️

Rêve d’opium

Muet je suis. Pourtant hier matin, un rêve a failli me faire vous parler.

Ce devait être l’hiver, mes habits étaient épais et j’étais le ver douillettement niché dans son cocon, les mains dans les poches de ma doudoune bleue, drôle de ver direz-vous ce ver avec des mains, et alors, certains vers ont bien des pieds, je déambulais avec inquiétude dans un magasin attenant à la sation-service, cherchant quelque chose mais sans savoir quoi. Pour finir, je ne trouve rien qui me convienne et ressort, toujours les mains dans les poches. Et là, une main puissante attrape mon épaule.

« Suivez-moi monsieur ! Pas d’embrouille ! ». Passif, j’emboîte son pas. « Cela fait un moment que l’on vous a repéré ».

« Repéré de quoi ? Que me voulez-vous ? », étonné mais tranquille, mes mains sont restées dans mes poches pendant la magasinesque déambulation. Elle aiment inventorier sans cesse le contenu, la clé de la voiture, celles de la maison, un paquet de kleenex, oui il en reste encore, un ticket de je ne sais pas quoi, il faut que je fasse du vide dans mes poches, je me dis toujours ça quand je ne peux pas le faire et quand je peux, je n’y pense plus, à gauche, mon smartphone, il est toujours à gauche, je ne suis pas maniaque pourtant, mais il est toujours à gauche. C’est quoi l’idée ? C’est pour me rassurer ? Pour être sûr de le trouver ? Je manque d’imagination et crains le grand ratatinement ? Mais non, c’est juste une habitude. C’est bien ce que je dis, je me ratatine, les habitudes c’est la fin de la liberté. Merde. La clé de la voiture, celles de la maison….

Quand on a les mains dans ses poches, on ne vole pas, mais quand on a ses mains dans les poches en sortant d’un magasin, cela pourrait laisser entendre le contraire. Je n’ai jamais rien volé de ma vie. Enfin, sauf des livres, j’avoue, j’ai volé des livres, et puis une fois dans le porte-monnaie de ma mère. Je me suis fais tellement peur que je n’ai jamais recommencé.

« Repéré de quoi ? Que me voulez-vous ? » je m’entends lui poser la question.

« Vous êtes venu prendre plusieurs fois de l’essence ! »

« Euh ! Oui, Et alors ? C’est pas bien ? »

« Mais vous prenez toujours la même !! »

« Comment vous dire ! On ne peut pas mettre n’importe quoi dans une voi… »

« Te fous pas de ma gueule !! » m’assène le costaud, tu prends toujours celle qui est coupée à l’opium ! »

Evidemment, c’est à ce moment précis que je me réveille de ce rêve à la con. Je reste hagard et me demande ce qui aurait pu continuer cette stupide histoire. Les arguments logiques reprennent le dessus, pendant que je tente de ne pas perdre le fil.

Le chemin de halage rêve qu'il est au bord d'un étang !
Le chemin de halage rêve d’être au bord d’un étang !

 

C’est fragile un rêve, on a vite fait de le perdre, deux ou trois pensées vous traversent l’esprit et pfuit, il a disparu, évaporé le rêve. Enfin c’est ce que l’on croit, jeux obscurs du conscient et de l’inconscient.

Par chance, on peut le faire vivre un peu plus si l’on sait s’y prendre.

Tout de même, cette idée de mettre de l’opium dans le carburant….

Noir & Blanc vs Couleur

Jusque là ne voulant pas me priver de toutes les couleurs offertes par la nature, je ne faisais pas de Noir et Blanc. Hier lors de ma petite balade sur le chemin de halage qu’offre souvent la Seine à ses riverains, j’ai donc shooté avec mon iPhone en couleur et en N&B pour comparer.

Certaines photos n’ont pas été prises en couleur… et ne sont donc qu’en N&B. Pour comparer les deux versions, il vous faudra beaucoup d’imagination…

Allée, arbres et bateau C
Allée, arbres et bateau N&B
L’allée ou l’eau, je ne sais… C
L’allée ou l’eau, je ne sais… N&B
Toujours plus haut ! C
Toujours plus haut ! N&B
Je garde le bord de l’eau ! C
Je garde le bord de l’eau ! N&B
Je suis au juste dans ce cadre… plus large que diable !
Des fleurs blanches, si si !!