Maux & Cris

462 Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

Dans la prolongation de l’événement Facebook #1, le mot Amitié est ici décliné sous forme d’acrostiche. Noter que le mot acrostiche n’est pas l’expression déformée de quelqu’un qui serait addict aux films des Tuches.

Accourir si l’autre est en souffrance
Maintenir le contact, s’y forcer
Imaginer ce qui peut faire plaisir
Taire ce qui pourrait séparer
Inventer des moments heureux
Ecouter ce qui n’est pas dit

Lors de ce premier événement, je demandais que l’on me propose des mots. En réponse je m’engageai à les utiliser sur ce blog, ne sachant pas du tout ni quand, ni comment.

Peu d’entre vous ont participé, mais finalement c’est une chance. Je tiens à remercier tout particulièrement Anne, Katia, Marie-Hélène et Peggy qui m’ont nourri de mots : Lumière, Amitié, Musique, Pardon, Eau vive, Condescendance ou Mépris. La moisson était là. Qu’allais-je en faire ? Comment vous remercier d’avoir joué le jeu ?

J’avais commencé à chercher des mots composés des premières lettres, puis tenté de travailler sur les premières syllabes, et enfin à identifier comment les intégrer dans une histoire plus longue.

Et puis, l’évidence s’est faite. Depuis le début du mois, je travaillais sur une lettre de candidature pour être juré du livre Inter. Un très vieux fantasme. J’étais à la quinzième révision de ma lettre quand j’ai imaginé y intégrer vos mots.

Ce faisant, je m’offre une petite mise en abîme et j’espère, un atout auprès des lecteurs de ma lettre de candidature, laquelle est bouclée et envoyée.

J’espère ne pas avoir trahi vos mots, tous porteurs de tant de choses. Peut-être en ferai-je d’ailleurs une autre utilisation ?

Grand merci et à bientôt !

Je lis. Je lis chaque jour depuis que j’ai appris à le faire. Je lis parce que j’aime ça, parce que je ne sais pas faire autrement. Je lis parce que si je ne le faisais pas je me sentirais amputé d’une partie de moi, celle que je ne connais pas encore. J’ai peur de lire pour pallier une imagination trop pauvre. Ne plus lire serait le signe du dernier abandon face à la vie, qui me ferait ouvrir les bras à la mort. Et ça, c’est hors de question. On verra plus tard.

Le livre a un pouvoir étrange, sans ambition il nous fait passer un moment, généreux il nous donne de la connaissance, sociable il nous intéresse voire nous passionne, révolutionnaire il nous change fondamentalement. Il faut lire de tout, ne pas se restreindre à un style. Connaissances et inventions sont si vastes qu’il serait bien regrettable d’en ignorer une partie, même inconsciemment. Ce serait, pardonnez-moi cette image, comme ne manger que des pâtes au beurre quand ajouter quelques légumes croquants ouvre d’autres sensations. Ne pas se laisser enfermer, faire l’effort d’aller chercher un polar après une biographie, suivi d’un roman, d’un essai philosophique ou d’une bande dessinée.

Qu’importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse ! Alfred de Musset avait raison avant nous.

Lire un Nabokov nous plonge dans les ravissements du style, l’homme utilisant à perfection le mot précis, un peu la même sensation qu’une improvisation avec de vieux compagnons de route, chacun écoutant et entendant autant chacune des parties que l’ensemble ainsi composé. L’harmonie des âmes tendues vers la beauté partagée ! Avec Nabokov, je suis émerveillé de la limpidité des sentiments et sensations, similaire à celle de l’eau-vive. Chaque mot est d’une totale justesse, sans ambiguïté, le lecteur comprenant exactement l’intention de l’auteur.

Lire un bon polar nous emmènera vers des intrigues et des personnages dont on ne perçoit la profondeur qu’une fois immergé, piégé dans l’intrigue, décidé à débusquer les bonnes pistes, se faire embobiner par et chasser les fausses, imaginer les possibles, être séduit à tort par un personnage trop sympathique ou par la lumière portée trop ostensiblement sur une impasse, douter de celui qui ne l’est pas assez, se prendre un râteau et jouir de cette surprise.

Une biographie, voire même une autobiographie nous donne accès aux clés de nos héros. Pour ma part, il s’agira de musiciens, de navigateurs, de personnages historiques, avec un attrait immodéré pour la période où les vikings sont venus chez nous, aux portes de l’Île de France. Lorsqu’il s’agit de biographies de musiciens, lire en musique permet de parfaire l’immersion en alignant nos oreilles et nos yeux. Je ne conseille pas de tenter l’expérience en bateau, enfin cela dépendra de la mer, de la capacité de votre oreille interne à supporter une houle plus ou moins formée, de la disponibilité requise par les manœuvres et de la sensation de bien-être infini engendrée à naviguer par temps clair. Si la mer est formée, vous ne prendrez pas votre livre de toute façon… ou alors les poissons vous en sauront vite gré !

Il y a des livres exécrables. Des livres qu’il faut savoir attendre. C’est le cas pour moi de « à la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. Plusieurs fois, je l’ai commencé, mais sans jamais dépasser la page 29, à chaque fois triste fossoyeur de mon ambition… A moins que, comme me le disait un ami écrivain, « Proust écrit très bien, mais ce qu’il raconte m’emmerde !! ». Je ne désespère pas d’y retourner car il me faudra définitivement me prononcer et choisir entre « c’est moi qui ne suis pas prêt et ne le serai jamais » ou « c’est lui qui…. ».

D’autres sont si mal écrits… C’est heureusement rare, mais cette exception transforme la lecture en calvaire. Ainsi une biographie sur Maria Callas me promettait de tout savoir d’elle. La première moitié m’a appris son enfance, ses années d’étude en Grèce et les débuts à New York. Mais à quel prix !! Était-ce le texte original, le traducteur ou les deux (je penche pour la dernière possibilité, un terrible combo !), j’eus à supporter un tel ramassis de redites, desservi par une écriture minimaliste sans caractère ni style que mon envie d’en savoir plus sur La Callas a été reportée. J’ai stoppé à la moitié, frustré et en colère. J’étais resté sur ma faim… Aucun pardon possible !

J’aime les auteurs qui épaississent leurs personnages pour ouvrir dans chacun d’eux des mondes entiers, des souffrances, des histoires, des bonheurs, des attentes, des qualités et des défauts. J’aime les auteurs qui donnent du corps à leurs créatures, comme j’aime un vin ou un whisky construit et complexe. Ne pas percevoir des univers derrière des personnages, c’est si décevant, comme un aplat versus un tableau de Soulages, ou vivre en 2D dans un monde en 3D. Parfois on se surprend même à éprouver de l’amitié envers un personnage, et là l’auteur a gagné !

Il y eu de glorieuses époques où ma table de nuit supportait plusieurs lectures simultanées. Lire plusieurs ouvrages en parallèle propose à notre addiction une variété d’univers à s’injecter en fonction de son état et de ses envies. Je reconnais y avoir trouvé une forme de snobisme mais surtout l’obligation de choisir chaque soir quelle serait mon compagnon. Maintenant sevré, je suis devenu l’homme d’un seul livre à fois, comme d’ailleurs d’une seule femme, d’une seule guitare. Reprochez-moi avec raison le rétrécissement de mon univers, mais c’est, et vous le savez bien, tellement plus confortable.

L’âge venant, le temps à courir se ratatine quand le fond des choses devient important. On se surprend à écarter les sujets stériles, chronophages ou gaspilleur d’une énergie victime d’une tendance à la contraction plus qu’à l’expansion. Si en plus on est tracassé par une maladie, de préférence grave et que l’on a la chance d’être dans un moment « victorieux », l’appétit de se concentrer sur les choses importantes est encore plus vif.

C’est là que parfois nos rêves et nos ancêtres nous poussent à prendre la plume. Les miens sont venus visiter mes nuits et m’ont projeté une vision très précise, et si forte que Sylvie m’a réveillé pour m’en sortir. J’en suis ressorti très secoué en répétant les mots que je ne voulais surtout pas perdre : « Chevauche tes morts… Étends tes ailes« . Je n’attendais pas ce coup de pouce, un coup de poing pour être plus exact, de la part de mes ancêtres, sans condescendance ou mépris de leur part, mais il me fut bénéfique pour commencer à écrire, ce que je fais maintenant de plus en plus régulièrement.

Petit à petit, on travaille la forme. On peaufine, on cisèle, on rature, on écarte. Si la vision long terme du temps se réduit, celle du temps immédiat se densifie. Il ne coûte rien de s’absorber dans l’écriture, le seul risque est de vivre plus intensément et d’en sortir plus riche, et encore plus avide de chercher ces mondes enfouis en nous. Comme pour la musique, fidèle et exigeante compagne depuis toujours, plus on avance, plus la route à parcourir devient longue. Et l’on sait que cette route est nôtre lorsque ce paradoxe ne nous contraint pas, mais nous rassure.

Auditeur de France Inter depuis toujours, s’il m’est arrivé de tenter de vous échapper, non pour fuir, mais pour suivre des amis ou pour vérifier si l’herbe n’était pas plus verte sur d’autres fréquences, et bien sachez-le, aucune de ces tentatives ne fut heureuse. Je vous suis donc revenu, non pas la queue entre les jambes, comme le chien de la ferme d’à-côté, battu pour avoir trop couru après les poules, mais comme celui qui revient chez lui par bonheur, pour retrouver la chaleur et la douceur du foyer.

Chaque année, le prix du livre Inter revient. Chaque année, je me dis qu’un jour je tenterai de faire partie de son jury. Pendant mes prenantes et riches années d’activité, le temps libre me fut compté. Aujourd’hui, l’aventure m’interpelle comme un challenge… plutôt comme plusieurs challenges… lire des livres par d’autres choisis, rédiger des notes, en parler, débattre, rencontrer Riad Sattouf dont j’ai adoré « L’Arabe du futur » offert par Sylvie pour Noël et lui dire le sentiment généré par ses interventions télévisuelles ou radiophoniques toujours empreintes d’un faux détachement coloré d’humour et de sourire. J’ai d’ailleurs une question pour lui…

Je m’attends plus à une sortie en mer un jour où ça bastonne plus qu’à une balade un jour de pétole et devrai me bousculer pour consacrer du temps à la lecture et à la rédaction des notes, mais quelle belle aventure !!

Et bien là, comme vous me voyez, je me sens prêt, fin prêt comme l’on disait dans mon village de l’ouest Lyonnais, à quelques Beaujolaises encablures de chez Monsieur Pivot, dont j’apprécie le souriant esprit.

Vous ai-je dit que j’ai un autre rapport avec les livres ? Mon épouse dont vous avez lu le prénom plus haut, exerce le merveilleux métier de relieur (j’ignore tout d’une éventuellement féminisation du nom de ce métier : Relieuse ? cela reste souvent une machine à relier, mais pourrait être utilisé pour notre cas. Relieure ? pourquoi pas mais ce n’est pas très joli ! … Le plus souvent on utilise Relieur) et de restauratrice de livres anciens. Si vous souhaitez utiliser ses services ou vous informer, contacter l’Atelier de Blanche.

Dernier point, aucune liseuse, aucune application ne remplacera jamais le fait d’avoir un livre dans les mains. Nous en aimons même les inconforts, un livre trop épais qui ne s’ouvre pas assez et oblige à regarder le texte en coin pour éviter d’en blesser la reliure, un format trop grand qui déroute nos mains, l’autre trop petit avec des polices de caractères minuscules challengeant nos lunettes, une police un peu baveuse fruit d’une mauvaise impression… mais malgré ces inconforts, je les préférerai toujours à la perfection d’une liseuse.

En résumé, je suis cerné, je me rends, l’addiction au livre a fait de moi son Pinocchio !! Ou plutôt son petit mannequin en bois articulé, définitivement empalé sur son montant métallique, que l’on trouve dans les vitrines des magasins vendant des articles d’art. Ce petit mannequin, utilisé par les étudiants en art, que j’ai encore failli acheter hier. La lecture me met définitivement dans tous mes états.

Pour finir, chère lectrice ou cher lecteur, j’ai bien cherché quel serait mon meilleur argument, celui qui propulserait ma candidature au pinacle et lui éviterait l’outrage d’une bête chute dans une poubelle, fusse-t-elle de France Inter, l’ultime argument pour que ma candidature soit retenue ? C’est simple, je ne peux rien dire de mieux que  » j’en crève d’envie ! ».

Livrement vôtre,
Régis Vignon


Tél : 0630881604
Email : regis.vignon@free.fr
Blog personnel : www.mauxetcris.com

P.S. : cette lettre intègre une contrainte par moi fixée. J’ai demandé à quelques personnes qui me suivent de me donner un mot que je m’engageais à utiliser, sans savoir comment. Les mots étaient : Lumière, Amitié, Musique, Pardon, Eau vive, Condescendance ou Mépris. J’ai décidé de les placer dans cette missive. Immense merci à eux, plus exactement à elles, pour leur participation.

Derrière le suffixe phobie se cache une forêt de sens dont certains posent question. Notre langue française est souvent qualifiée de précise et d’abstraite. une langue plus adaptée pour le maniement du concept que pour décrire. On pourrait indiquer plus précisément le fond de sa pensée en français que dans une langue plus descriptive comme la langue anglaise. Chaque mot aurait un sens précis, sans que l’on soit obligé de lui coller un adjoint comme une préposition, là où un mot, un verbe de la langue anglaise saura prendre autant de sens différents que de prépositions possibles. Enfin c’est comme cela que l’on a l’habitude d’en parler.

Lorsque je lis un texte de Nabokov, je suis émerveillé de la limpidité des sentiments et sensations. Chaque mot est d’une totale justesse, sans ambiguïté, le lecteur comprenant exactement l’intention de l’auteur. Il a écrit en russe, sa langue natale, en français et en anglais. Je doute que ses relecteurs aient eu beaucoup de travail à effectuer.

Ce qui me tracasse dans notre belle langue, c’est que le mot phobie, qui veut initialement exprimer la peur démesurée et irrationnelle d’un objet ou d’une situation précise, puisse aussi prendre un sens haineux, qui dépasse de beaucoup l’idée initiale. C’est ainsi pour l’homophobie, l’islamophobie, la transphobie…

Notre langue française, étalon de précision quasiment déposée au pavillon de Sèvres, manquerait parfois de cette fameuse précision. Tout assimiler à un même niveau, revient à minorer les haines pour les assimiler à des peurs. Ne devrait-elle pas séparer les notions de peur, de crainte et celles de haine, de discrimination.

Dis autrement, si je me déclarais homophobe (ce que je ne suis en aucun cas !) je serais victime de ma peur des homosexuel(le)s et non coupable de discrimination envers ces personnes. Je pourrais crier ma judéophobie, mon islamophobie ou ma christianophobie (là encore, cela ne s’applique pas à moi !) sans être inquiété alors que je ferais preuve de coupable discrimination.

En ce moment, un tombereau d’immondices se déverse sur nos réseaux. On se lâche sans limite. On traite qui de trucophobe, qui de machinophobe. On enferme des personnes dans des boîtes, on amalgamise, on insulte, bientôt on collera un signe distinctif sur les vêtements. Mes ami(e)s, cela pue et devrait nous inquiéter beaucoup plus.

Étonnamment, j’ai le sentiment que notre langue participe à ce foutoir, cela m’attriste…

Quelques références à ce sujet :

L’Anglais est-il une langue imprécise ? de André Racicot

Léopold Sédar Senghor

La clarté du français, langue intellectuelle s’il en fut, lui [vient] essentiellement de ses abstractions […]. La première preuve de l’abstraction du français est, non pas précisément la pauvreté, mais la richesse tempérée de son vocabulaire, qui est d’environ 93 000 mots en face des 317 000 mots de l’anglais. C’est ainsi que le français est l’une des plus pauvres des langues romanes : Parce qu’issu du latin, qui était pauvre, il a reçu moins d’apports exotiques que ses voisins ibériques. Il est cependant l’une des langues les plus précises qui soient. C’est d’abord que l’abstrait, étant plus pauvre en quantité, est plus intelligible que le concret. C’est aussi que le français, grâce à l’abondance de ces gonds de la pensée que sont les conjonctions de subordination, insiste sur les relations des êtres et des choses plus que sur leurs qualités sensibles. C’est encore que le français est pourvu d’une grande variété de préfixes et de suffixes, qui lui permet de former des familles de mots parfois très étendues, mais surtout que ces affixes, parce que venus pour la plupart du latin ou du grec, sont par là plus intelligibles, même aux non francophones, pourvu qu’ils aient une culture générale.

 

Ce matin, deux news se télescopent pour célébrer la moche tournure que prend notre monde !

1.Le festival Jazz aux écluses met la clé sous la porte !
2.D’immondes graffitis souillent la mémoire de Simone Veil !

Quel rapport ? A priori aucun, la culture et l’antisémitisme n’ont pas grand chose en commun. L’une nous élève, l’autre nous abaisse. L’une crée de la richesse et de l’intelligence, l’autre crée de la haine et du chaos. L’une transcende notre état d’humain, l’autre la nie.
Pourtant c’est lié.

La culture est attaquée, ici c’est une attaque indirecte, la lassitude des bénévoles s’apparentant au mythe de Sisyphe qui pousse éternellement son rocher jusqu’en haut de la montagne. La culture est attaquée, car abandonnée aux mains des bénévoles, alors que cela devrait être un enjeu national. Un état (cela inclut aussi les collectivités locales) qui veut élever son peuple lui donne accès à la culture, encourage et facilite sa consommation. Il ne doit pas abandonner les bénévoles, mais au contraire les aider et leur faciliter la vie. Les bénévoles sont investis d’une mission qui leur fait accomplir des merveilles, mais toute bonne volonté a ses limites. Le désengagement de l’état et des collectivités locales est pernicieux, car silencieux, mais c’est lui qui fait que la limite des bonnes volontés est dépassée.

L’antisémitisme est le fait de gens qui n’ont pas de culture, si ce n’est celle de la haine, encore qu’il faille me prouver que l’on puisse impunément associer deux mots appartenant à des référentiels disjoints irréconciliables. Quelle dose de connerie, de haine faut-il accumuler pour s’en aller insulter la mémoire d’une personne décédée, qui plus est brillante, ayant apporté beaucoup à notre société, respectée de tous, enfin presque… L’absence de culture crée des victimes de la vie, et certaines de ces victimes peuvent devenir des bourreaux que l’on enverra insulter, maltraiter puis tout aussi bien, au bout du processus, tuer.

Ce matin, je suis doublement triste… je pleure toutes ces belles notes qui ne seront jamais jouées, jamais entendues, jamais partagées, ces moments de bonheur et de partage qu’ont parfois les musiciens sur scène et les auditeurs dans la salle. Et je pleure devant ce désastre humain inexcusable que la bêtise engendre, avec son puant cortège d’inhumanités.

En fait c’est cela, la musique unit les cœurs et transcende des individus unitaires, chacun porteur de ses valeurs et de son histoire, en un ensemble d’humains liés par une culture commune.

La culture sauvera l’humain pour peu qu’on daigne lui en donner le loisir.