Maux & Cris

462 Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

(Le texte ci-dessous est ma proposition à un concours sont l’objet était : « Nous recherchons un texte pamphlétaire,et j’insiste sur le terme, c’est à dire subversif et pratique, incisif et réaliste, traitant des événements récents au sujet de la « dictature sanitaire » autour du Coronavirus comme sur la réaction des gouvernements et médias de tous poils. Comme sur celle de certains lobbys et certains extrémistes ». Je crains fort d’être un peu à côté de la plaque mais je ne suis absolument pas familier des pamphlets et je m’y suis mis en retard. Par contre, j’ai appris plein de choses…)

Éberlué par cet acronyme qui s’apparenterait volontiers à une voiture, genre Citroën ID-19 destinée au covoiturage, je m’interrogeais sur l’origine de cet acronyme. Pas déçu du voyage puisque c’est une bête abréviation anglaise COronaVIrus Desease-millésime 2019, nom donné par l’Organisation Mondiale de la Santé en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en respectant les meilleures pratiques de la précitée OMS.

Moi qui, lisant facilement entre les lignes contrairement à ce que préféreraient mes yeux, avait imaginé un COrVIDé, animal d’une intelligence remarquable, mais souvent annonciateur de mauvaises nouvelles, me voilà dépossédé de mon fantasme au profit d’un angliche acronyme de plus. Un acronyme chinois eût été plus adapté non ?

冠状病毒

Ça a de la gueule non ? Bon, à prononcer c’est pas la joie :

Guānzhuàng bìngdú

Il y a dans l’acronyme Covid-19 une froideur remarquable, une attitude pseudo scientifique si simpliste. Nos amis Anglophones, une fois mis de côté leur géniale capacité à s’en extraire, sont d’un conformisme sans égal. L’adhérence à la norme de ces gens force le respect. Notre terroir gaulois aurait inventé des folies poétiques, les nordiques et les allemands y auraient vu un Mjöllnir, le marteau de ce bon vieux Thor, les Italiens auraient monté un Opéra joué à la Fenice, qui aurait brûlée une troisième fois pour l’occasion. Les Espagnols, pour leur part, auraient brandi de fines et délicates tranches de jamon pour éloigner cette saleté de virus.

Soyons rassurés, le coronavirus a été rebrandé en SARS-CoV-2. Pas par n’importe quel farfelu, par un Comité d’experts mon ami, par le Groupe d’étude sur les coronavirus (CSG) du Comité international sur la taxonomie des virus, responsable de l’élaboration de la classification officielle des virus et de la dénomination des taxons (taxonomie) de la  famille des Coronaviridae. Que des personnes soient responsables de nommer des virus plonge mon cerveau d’artiste dans un abyme de perplexité, alors que le côté scientifique et rationnel de mon cerveau trouve cela très logique.

Bonjour, je suis retraité, et toi tu fais quoi ? Je nomme des virus mon cher ! Ça en jette, non ? Comme l’officier d’état-civil inscrit un nouveau-né, porteur potentiel de l’avenir du monde, sur les registres d’Etat civil, le Groupe d’Etudes sur les Coronavirus inscrit dans sa taxonomie un jeune micro organisme, porteur potentiel de la fin de l’Humanité. Tu m’étonnes que cela ne doit pas être fait avec le dos de la cuillère.

Au 8 mars 2020, ce coronavirus aurait infecté plus de 105828 personnes et causé 3584 décès sur notre planète. On ne sait pas exactement quand il a commencé à frapper, mais on sait que la Chine a prévenu l’OMS le 31/12/2019, sans doute en finissant sa communication par un retentissant « Bonne année » ! A titre de comparaison, notre bonne vieille grippe tuerait entre 290.000 et 650.000 personnes par an. Depuis quand ?

La grippe serait apparue chez les oiseaux il y a environ 6000 ans et la grippe humaine vers -2500 ans. Où ça ? En Chine bien entendu… Hippocrate, celui du serment, a fort bien décrit les symptômes de la grippe humaine vers -2400. Depuis cette époque, si l’on projette une moyenne de 450.000 morts par an sur une durée de 4400 ans (oui j’arrondis un peu chiffres et angles), on arrive à près de 2 milliards de morts, soit 4,5 fois la population de l’Europe, ou 1,6 fois celle de l’Afrique, ou presque 1,5 fois celle de la Chine ou de l’Inde.

Pourquoi s’inquiète-t-on autant d’une maladie qui, pour l’heure, ne cause pas autant de dégâts que cela ? Je ne veux pas minimiser 4000 décès, mais ce chiffre représente peu au regard des 2 millions de personnes tuées par la grippe.

Prenons l’exemple de l’épidémie de grippe espagnole qui a sévi en 1918-1919. On estime entre 50 et 100 millions de décès en un an. Ne serait-ce pas la crainte d’une pandémie mondiale aussi virulente qui motive les précautions prises ? Savez-vous d’ailleurs que la grippe espagnole n’a rien d’espagnole, mais elle plutôt originaire de Chine (encore ? oui, je sais…). En cette époque de terrible guerre sur les terres Européennes (1918), l’Espagne, non impactée par cette guerre, publiait sur cette maladie quand les autres n’en parlait pas. Ce serait la raison de l’ibérisation de cette grippe.

Puisqu’on en est là, savez-vous que le vaccin de la grippe n’empêche aucunement d’avoir la grippe, mais en diminue la force. Les experts estiment qu’une personne vaccinée a 30% de moins de chance d’attraper la grippe. Les vaccins ont une efficacité variante selon les années pour plusieurs raisons. Les souches incluses dans le vaccin sont décidées six mois avant l’arrivée de l’épidémie, donc une mutation produite dans ce délai ne sera pas incluse dans le vaccin. Les souches « opérantes » peuvent différer selon les territoires, celle qui sévit aux USA peut être différente de celle qui se développe en Europe (ou ailleurs ! Vous entrevoyez ici la complexité de l’intégration des souches dans le vaccin). Le virus peut être de trois souches différentes et de plusieurs sous-types. Tous ne se retrouvent pas en même temps. La détermination des souches à inclure dans le vaccin n’est pas simple et fait appel à des choix stratégiques avec un niveau de risque complexes à déterminer. Une question vous vient aux lèvres : Qui décide des souches à inclure ? C’est l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), avec un ensemble de groupes d’observations nationaux et locaux, qui détermine deux fois l’an les souches à inclure dans le vaccin. L’OMS sort ses recommandations en février, les réactualise au printemps, pour une campagne d’administration commençant au milieu du mois d’octobre.

Vous pouvez consulter ici une publication de Sanofi concernant le processus de fabrication de la grippe et son timing serré.

Il existe deux procédés de fabrication du vaccin qui s’affrontent : à ma gauche on fabrique un vaccin sur des œufs (comme chez Sanofi, cf. lien ci-dessus), à ma droite ce sera sur des cellules. La fabrication sur des œufs est plus rapide, moins coûteuse et moins efficace, alors que la fabrication sur cellules est plus lente, plus coûteuse et plus efficace. La fabrication sur cellules donnerait 5 fois moins de rendement que celle sur des œufs (on parle bien de technique, pas d’argent).

Revenons  à notre Covid-19 ou SARS-CoV-2. Il vient de Chine. Ça y est, on a trouvé un moyen de dézinguer les chinois et leur arrogance économique. Un pays communiste (Hou les vilains !) a été assez intelligent pour jouer sur l’appât du gain des financiers pour attirer chez eux l’immense majorité de la production mondiale. Ils doivent bien se marrer à regarder notre taux de chômage et nos déficits récurrents. Les amoureux de notre verte planète pleurent à chaudes larmes sur le coût écologique désastreux de ce modèle, avant de courir acheter le dernier iPhone, dont 50% est fabriqué en Chine, mais au même prix que s’il était fabriqué à 100% aux USA. Si le communisme a niqué le capitalisme au moins une fois dans sa vie, c’est là.

Depuis le début de l’épidémie, un racisme latent, celui qui vit et se répand discrètement et silencieusement sous les moquettes, resurgit, exulte. On peut enfin boycotter nos restaurants asiatiques, on ne parle plus aux personnes aux yeux bridés. Les instincts délétères de l’humain, ceux qui peuvent potentiellement mener aux pires horreurs sont libérés, débridés, enfin lâchés…

Trump va pouvoir dire qu’il a, dans sa toute puissance et avec la vive intelligence qui le caractérise, protégé les Etats-Unis d’Amérique du coronavirus (Zut, il y a des cas maintenant chez eux !!) et qu’il a vaincu l’ogre chinois sur le plan économique. Après avoir grandement sous-estimé l’épidémie, qui semblait ne pas toucher les USA, peut-être que ce virus avait la trouille de Trump, ou le peuple américain est à l’abri de ce genre de malheurs qui ne touchent que des pays peu développés, même des personnes de son entourage, des députés, même des républicains (les démocrates, c’eût été normal, puisqu’ils sont affreux, sales et méchants) sont frappés. Il a récemment affirmé que ce n’était pas la faute de son pays. En creux, comment ne pas lire que c’est donc forcément la faute de quelqu’un d’autre si des méchants virus frappent les gentils américains.

Les virus ont-ils des sentiments ? La petite fée qui me chuchote souvent ses vérités au creux de l’oreille me souffle que non. Mais c’est une pratique habituelle du président américain de qualifier ses adversaires de méchants et d’injustes. Comme on disait dans la petite cour de l’école de mon village : c’est çui qui dit qui y est !

Tous les managers vous diront qu’il faut parler factuel afin de ne pas projeter de sentiments, d’impressions sur ses partenaires et dépassionner les débats. Notre ami à la mèche jaune n’a pas du avoir l’occasion d’avoir un bon manager ou alors il a toujours été le naughty boy (vilain garçon) qu’il est toujours.

Bon, nous allons tous manquer de pas mal de choses, puisque nous ne fabriquons plus grand chose chez nous. Encore une raison de taper sur la Chine, alors que les coupables sont chez nous, ceux qui ont incité les industriels à sous-traiter la production à de lointains pays où le salaire est bien moindre qu’ici.

On vous dira que c’est le marché qui veut cela, que la mondialisation… blablabla… les taxes, les impôts…  blabla… les syndicats… non c’est bien plus simple, c’est l’appât du gain, le bête et sordide appât du gain. Et puis les travailleurs coûtent trop cher par ici, et puis ils sont jamais contents. Attention, ce n’est jamais dit comme cela. On cause bien dans ce monde-là, on périphrase, on contourne, on ellipse, on ne dira pas un chat, mais plutôt un félidé domestiqué. La fermeture d’une unité de production, expression où chacun de nous entend bien que des gens vont se retrouver sur la paille, sera remplacé par une opération de recentrage stratégique de l’entreprise, une forme de dessein supérieur concocté par les Dieux. Et bien entendu, comme la communication se doit d’être irréprochable, dans un monde où le paraître est devenu si important, chaque personne sera accompagnée, au moins jusqu’à Pole-emploi, de l’autre côté de la route !!

Attention ne m’imaginez pas en pourfendeur de la communication ! J’ai de très bons amis, souvent des amies d’ailleurs, dont c’est le métier. Certaines m’ont même accompagné lorsque j’étais en activité. Pour un garçon qui ne sait pas se vendre ou vendre ses services, j’ai beaucoup appris avec elles et je respecte leur travail.

Là où cela ne va plus, c’est lorsque la communication se montre trop éloignée de la réalité. Lorsqu’en regardant une communication, on se sent pris pour un con, on se dit que l’on voudrait nous faire prendre des vessies pour les lanternes, ce n’est plus de la communication, mais de la propagande. Typiquement, une entreprise qui affiche des valeurs partagées avec ses employés et qui leur demande de faire des actions en écart avec ses valeurs crée des dissonances cognitives. C’est avec ce genre de comportement que l’on perd ses employés.

Revenons en Chine. Si la maladie a commencé chez eux, c’est bien fait. Ils bouffent des animaux sauvages. C’est pas bien de manger les animaux sauvages. D’ailleurs c’est pas bien de manger des animaux. Sommes-nous certains qu’il faille manger tout court, d’ailleurs ! Une ordure de pangolin ou de chauve-souris se serait fait capturer exprès pour être mangé histoire de dézinguer de l’humain. Ces bestioles chinoises sont vraiment des ordures.

Tiens, si on parlait du médecin lanceur d’alerte ! Comme très souvent le lanceur d’alerte prend cher. C’est la terrible histoire, vieille comme le monde, où celui qui apporte le message est sacrifié, Sophocle en parlait déjà dans son Antigone en -420 avant JC, et je ne parle pas de Jacques Chirac. Les chinois ont un proverbe tout à fait adapté « Lorsque le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ». Le docteur Li Wenliang a tenté d’alerter sur la dangerosité de cette maladie. Il a donc été arrêté pour avoir colporté des rumeurs, avant d’être relâché, pour finir par mourir par la faute de ce virus que ses édiles lui ont reproché d’avoir mis au jour.

Dans nos pays capitalistes avancés, on fait sans doute mieux… Les lanceurs d’alertes ne sont pas mis en taule, mais ils ne sont pas protégés et s’ils sont salariés, ils perdent leur boulot ! Le système se protège, plus qu’il ne protège les femmes et les hommes qui le nourrissent. Certains sont broyés, laminés, je pense à Julian Assange, emprisonné en Grande-Bretagne, je pense à Chelsea Manning, emprisonnée aux USA et à Edward Snowden, réfugié en Russie. Ils ont fait connaître au monde des exactions, magouilles, tricheries, tueries de sociétés, gouvernements, armées. Plusieurs pays ont été touchés, mais lorsque les sujets se sont rapprochés des USA, c’était trop. Julian Assange risque la bagatelle de 175 ans de prison si jamais la Grande-Bretagne, qui le détient actuellement, acceptait le transfèrement aux USA, demandé par ces derniers. On avait osé montrer les saloperies faites par une agence gouvernementale américaine (la NSA – National Security Agency) ou Britannique (GCHQ – Government Communications HeadQuarters).

Revenons à notre virus. Au bout d’un moment, le gouvernement chinois a communiqué vers l’extérieur. Il a aussi mis en place des mesures de confinement drastiques portant sur une population équivalente à celle de la France. C’est vertigineux ! A ce moment, on a entendu qu’une telle mesure serait impossible chez nous. Globalement cela voulait dire que dans un pays communiste on peut tout à fait réaliser un plan de privation de libertés, puisqu’ils sont habitués à n’en point avoir. Mais chez nous ça ne marcherait pas.

Depuis, notre gouvernement a interdit les rassemblements de plus de 1000 personnes. Globalement, toute manifestation est interdite. Des musiciens de jazz ont posté cette information commentant de manière sibylline « heureusement je fais du jazz ». Sous entendu, les concerts de jazz regroupent rarement plus de quelques dizaines d’auditeurs qui profitent d’un spectacle de grande qualité, pendant que des stars internationales font payer 300 Euros la place, commencent leur spectacle avec 3 heures de retard et sont capables de ne pas finir leur concert, et le pire, c’est que les victimes sortent heureuses de l’histoire. A propos, est-ce que le pigeon peut être porteur du coronavirus ???

Ce qui est curieux, c’est que globalement, l’opinion ne se rebelle pas contre cela. Nous acceptons grosso-modo la situation. Cependant, pour certaines populations, c’est dramatique. Les artistes voient leurs événements s’annuler les uns après les autres. Les musiciens, la majorité étant déjà en réelle difficulté, voient les concerts  prévus disparaître. Le salon du Livre de Paris est annulé. Les matchs de football vont se jouer à guichet fermé, les courses cyclistes arrivent sans public. Par contre, le métro n’est pas fermé, alors que 4,5 millions de personnes s’y croisent et se serrent, voire pour les plus immondes, se frottent, les uns contre les autres, bien malgré eux, chaque jour.

En Italie, les foyers d’infection étaient au nord. Pour limiter la propagation, le gouvernement met en place des mesures de confinement assez sérieux dans le nord de l’Italie. Certains ont préféré échapper aux contraintes en allant plus au sud. Le résultat ne s’est pas fait attendre longtemps, le sud est aussi touché et l’Italie a décrété un blocage général sur l’ensemble du pays. Peut-on faire le bonheur des gens malgré eux ? Pas gagné, surtout si les « gens » se réfugient dans le moi d’abord, la meilleure protection de moi et mes proches, enfin plutôt ce qu’ils pensent être cela. Se faisant, ils nient l’appartenance au groupe des humains, la notion de collaboration, coopération qui doit profiter à la seule survie de l’espèce, parfois au détriment de l’individu. Répondent-ils au cerveau reptilien, qui assure la survie individuelle ou au cerveau paleo-limbique, qui assure la survie du groupe.

Le cerveau reptilien est l’héritage de l’époque des dinosaures. Le paleo-limbique date de l’époque où les mammifères se sont organisés en troupeau. Ils ont précédé le néo-limbique, siège de l’apprentissage et le plus récent, le pré-frontal, plus fin et plus général que les trois autres, une vraie tour de contrôle qui décide de la stratégie à adopter.

Répondre au cerveau reptilien c’est refuser d’envisager la complexité du problème et se réfugier sur les stratégies de base que sont fuir, lutter, agir ou ne rien faire. Se pourrait-il que ce cerveau soit celui écouté par les personnes qui vont sur-stocker les pâtes, la farine et le sucre en cas de crise. Une stratégie de protection égoïste et stupide.

Que penser de la demande du pape François à ses prêtres d’avoir le courage de sortir et d’aller voir les malades atteints de coronavirus ? C’est un peu comme lors des épidémies de peste, où l’Eglise demandait d’organiser des processions pour réunir toutes les bonnes volontés afin de prier pour le salut des humains, alors même que c’était une manière de favoriser, sans le savoir bien entendu, la propagation de l’épidémie.

L’épidémie de Covid-19, qui n’a pas encore atteint son maximum chez nous, serait en voie de terminaison en Chine, son berceau. En tout cas, c’est ce que tente de montrer le président Xi Jinping en allant à se promener à Wuhan. Pendant ce temps, de nouveaux foyers éclatent dans des pays non encore touchés jusque-là. Souhaitons que la durée des épidémies soit courtes et que chaque pays sache et puisse mettre en place les stratégies adéquates pour en limiter l’impact et la propagation.

A propos d’impact, notre ministre de la culture, attrapé par ce sale virus, est confiné chez lui. Plusieurs députés sont atteints, le directeur de Cabinet de M. Macron est en quarantaine, des consignes sont mises en place pour que les élections municipales du prochain weekend se déroulent avec le maximum de précautions. On demande aux votants, enfin parmi les 50% de gens qui votent encore, de répartir leur horaire et de ne pas emboliser comme toujours les horaires d’ouverture du bureau de vote. Les bureaux vont être désinfectés chaque heure. Les votants sont invités à venir avec leur propre stylo. Nous sommes priés de respecter un espace de 1 mètre entre chaque personne, deux mètres dans les files d’attente de la poste italienne. Ce n’est pas rappelé, car figurant dans les consignes générales, mais bise et poignée de main sont plutôt mal vu en ce moment.

Gageons que les seuls changements constatés seront une abstention encore pire que d’habitude…

D’un coup, je m’interroge sur le comportement des personnes hypocondriaques face à une épidémie de ce type ! Ces personnes passent leur temps à se croire malades et mobilisent leur médecin pour se faire prescrire des examens. L’hypocondrie est une maladie qui laisse imaginer à une personne en bonne santé qu’elle ne l’est pas. Comment réagissent-ils face à une épidémie ? Ce doit être encore pire. Le moindre symptôme concordant doit envoyer le potentiel « patient » chez son médecin. Ils doivent vivre un enfer d’angoisse…

Tiens, des frontières se ferment. La cheffe d’un parti politique d’extrême droite demande à ce que l’on ferme la frontière. De toute manière avec elle, fermer les frontière est le remède à tout. Il faudrait vraiment le faire un jour où elle aurait été chercher un peu de sou en Russie, histoire de lui montrer le niveau d’improductivité de sa solution. La Slovénie vient de fermer sa frontière avec l’Italie. Dans le même ordre d’idée, certains ferment les vols avec l’Italie, mais en laissent tout de même un par jour, ce qui est juste débile. Soit tu fermes, soit tu ouvres. Dès que tu laisse un peu entrebâillé, le virus peut entrer.

Puisqu’on parle de vols, si les compagnies qui ont des lignes en charge ne volent pas régulièrement, l’autorité de régulation peut leur retirer la ligne pour la donner à une autre compagnie. En temps normal, ce n’est pas gênant mais en période de crise, les compagnies font voler des avions vides afin de ne pas se faire piquer la ligne. Du grand n’importe quoi écologiquement parlant. Finalement, ce point a été vu et la communauté Européenne va assouplir sa position.

Un point que j’adore concerne les conspirationnistes. Cette histoire est du pain blanc pour eux. Ce qui est fascinant avec les conspirationnistes c’est leur capacité à récupérer tout, voire n’importe quoi, pour renforcer leur théorie. Il y a trois grands thèmes qui circulent dans l’entregent de ceux qui savent mieux que tout le monde ce que l’on ne nous dit pas ! La CIA fait tout pour déstabiliser la Chine, les industries pharmaceutique feraient n’importe quoi pour vendre plus de vaccins et une épidémie est vraiment très pratique pour détourner le quidam des vrais sujets.

Prenons les un par un. C’est vrai que la CIA et d’autres agences américaines ne sont pas avares d’actions en tout genre pour défendre leur mère patrie. On les a vu intervenir à peu près partout, mais surtout quand l’intérêt de leur pays est en jeu : approvisionnement en pétrole, lutte contre les régimes communistes ou pseudo-communistes, intérêt stratégique à occuper une partie d’un territoire, etc… Mais de là à imaginer qu’ils seraient assez stupides pour aller inoculer une saloperie de virus chez leurs concurrents et néanmoins fournisseur pour les affaiblir tout en ignorant le mode de propagation de ce genre de saleté qui leur reviendrait forcément dans la face. Quoiqu’on ait bien vu Trump clamer que les USA était à l’abri quitte à se dédire le lendemain en annonçant des mesures exceptionnelles. Avec un tel pantin, on peut tout imaginer.

Les industries pharmaceutiques ! Le grand satan des antivax. On connait les difficultés actuelles des big pharma, qui licencient tous, ou trouvent le moyen de diminuer les charges de personnels. Justement, vous dira-t-on ! Ils ont besoin de faire du pognon en nous vendant leur saleté de vaccin. Des fois, ce sont les mêmes qui crachent sur la vaccination, rapport aux sels d’aluminium utilisés ou autre autisme que causeraient les vaccins, choses non seulement non prouvées mais pour lesquelles on a même prouvé le contraire, et qui lancent que la pharma force les gouvernement à augmenter le nombre de vaccins à administrer. C’est vrai qu’objectivement on peut pense les deux ! Mais alors on a deux fois tort. Faire un vaccin cela prend du temps, pour l’inventer certes, pour le fabriquer aussi, mais aussi pour faire ce qui s’appelle des Etudes Cliniques, un ensemble de processus très surveillé pour assurer de l’efficacité du produit et de son innocuité. On attribue à notre ami Hippocrate, décidément très sollicité aujourd’hui, l’expression « Primum non nocere » que l’on peut traduire par : en premier, il ne faut pas nuire. Implicitement, cela veut dire qu’il faut prendre garde à ne pas mettre un produit sur le marché qui nuirait aux patient. C’est le rôle des études cliniques de veiller à ce double principe : ne pas nuire et soigner.

J’entends les complotistes : Ils n’en ont rien à faire des ces principes puisqu’il n’y a que le fric qui compte pour eux. Je leur répond qu’ils ne connaissent pas la rigueur et la traçabilité demandé par les organisations de contrôle (Federal Drug Administration pour les USA, créée en 1906, et son équivalent européen la European Medicines Agency, créée en 1995). J’ai eu l’occasion d’être interviewé par des auditeurs de ces organisations, je confirme que ce ne sont vraiment pas des rigolos. Ils ont la capacité à descendre très loin dans les organisations et les process pour trouver le truc qui coince. La FDA est terrible, et l’agence Européenne est sans doute pire encore car elle souhaite rattraper le retard historique et éventuellement passer devant la FDA. Pour conclure sur ce point, oui le fric compte mais pas n’importe comment, et surtout pas si c’est pour prendre le risque de se récolter des milliards d’amendes.

Quand au dernier des trois axes complotistes, dont je rappelle qu’il s’agit de détourner l’attention des vrais problèmes, les personnes qui vont dans ce sens doivent se sentir tellement frustrés de ne pas pouvoir rabâcher une fois de plus les même mantras anti je ne sais pas quoi, à cause d’un sujet externe, ici une épidémie, qu’ils intègrent ce sujet dans leur délire. Peut-on imaginer, par exemple, que M. Macron puisse discrètement lancer un virus en Chine, histoire de détourner l’attention de la réforme des retraites ? On me répondra que ce n’est pas le bon exemple et c’est bien possible. Mais ce troisième point est celui, qui pour moi, relève plus de la psychiatre que d’autre chose. Laissons-là les complotistes. A partir de ce jour, je les appellerai des complotristes.

Abordons un point plus intéressant, la solidarité entre médecins et autres partenaires du service médical. La plateforme d’appels téléphoniques « le 15 », qui doit être contactée en présence de tout symptôme de type coronavirus, plutôt que d’aller chez le médecin ou aux urgences et risquer d »infecter d’autres personnes ou de se faire infecter par d’autres personnes, est saturée. Des étudiants médecins, des médecins de ville, des médecins hospitaliers, des médecins retraités viennent prendre des relais au 15. Je trouve cela vraiment remarquable et tout à fait respectueux du serment d’Hippocrate (« J’apporterai mon aide à mes confrères…« ).

Contrairement à l’attitude du médecin (oui il existe vraiment) qui a fermé son cabinet soi-disant pour ne pas infecter ses patients, lui-même ne l’étant pas. Ne serait-ce pas un cas de négation du serment d’Hippocrate ((*)« Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. »… »J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. »). Je me demande quelle pourrait être la réaction du Conseil de l’Ordre… si tant est qu’il s’exprime sur ce sujet !

Hippocrate is back ! Citons le manque de moyen, lits ou personnel, qui pourrait amener à prendre des mesures extrêmes, comme ne pas attribuer de lits de réanimation à des personnes fragiles dont le taux de survie en présence du virus serait trop faible, ou à l’inverse qui appartiendraient à une population sans risque. Cela reviendrait à ne pas prendre en charge des personnes âgées déjà fragilisées, et présumées condamnées, ni les jeunes qui résistent naturellement au virus. De telles mesures peuvent se comprendre si l’on raisonne globalement, mais sont difficilement admissible dès lors que l’on redescend au niveau de la famille ou des proches. Et je ne parle pas des médecins à qui on va expliquer que, finalement, il faudra transiger avec le serment d’Hippocrate qui les engage dans leur mission pour soigner sans nuire. Pour bien comprendre ce dernier point, relisons l’extrait du serment d’Hippocrate plus haut (cf.*) dans lequel on comprendra bien la dissonance cognitive dont pourraient souffrir les médecins.

Clairement, le serment les engage à soigner sans discrimination et on leur demanderait de discriminer. Heureux de ne pas être médecin…

Comment sauter du coq à l’âne, puis au bateau ? Un sujet périphérique concerne les bateaux de croisières bloqués au large sans pouvoir débarquer. Comment accepter de lâcher plusieurs milliers de personnes dans une ville, comme Marseille par exemple ? Le principe de précaution passe d’abord. J’ai vu ce matin des clients qui exprimaient leur colère. Ils ont économisé pour s’offrir une croisière, quelque chose de rare pour eux, une idée du luxe auquel ils n’ont pas habituellement accès. Et on leur offre une mauvaise croisière, c’est un scandale, une arnaque et il vont tenter de se faire rembourser. Ils n’ont aucune chance, car les juristes ont sans doute bien verrouillé l’histoire. Cela fera partie des événements « indépendant de notre volonté » qui excluent les remboursements.

Même si c’est dommage pour ces personnes, je comprends en partie leur colère, il m’est impossible de les plaindre étant totalement révulsé par ces usines flottantes et polluantes. Les voileux appellent ce genre de bateau des TC, des Traîne-Couillons. Regardez ce qu’en pense Science et Avenir : « Par exemple, les 57 navires de croisière qui ont fait escale à Marseille en 2017, en tout pendant 3342 heures, ont émis autant de NOx (oxydes d’azote) que le quart des 340.000 voitures, qui composent toute la flotte automobile de la ville », souligne l’étude. Du côté des émissions d’oxyde de soufre, les bateaux de croisière dépassent largement les émissions des voitures. « Dans les grandes villes comme Barcelone ou Marseille ou Hambourg, les navires de croisière, quand ils sont arrimés au port, rejettent de deux à cinq fois plus de SOX (oxyde de soufre) que l’intégralité des voitures de la ville durant l’année 2017. »

Quand on voit ces monstres d’acier à l’haleine puante dominer la petite Venise de toute leur immonde hauteur, on désespère de notre époque. Du coup, je ne plains pas les voyageurs, mais leur demande plutôt de participer activement à limiter les atteintes à notre planète en boycottant ces entreprises débiles.

En me penchant dans ma besace, j’entrevois l’Allemagne qui pourrait entrer en récession, à cause du Coronavirus bien entendu mais pas que. Certains domaines sont très touchés, comme les commerces qui vendent des produits fabriqués en Chine, c’est le cas des magasins de jouet, comme le domaine de l’événementiel, qui n’a rien à voir avec la production mais avec les rassemblements de personnes.

Jusque-là c’est comme chez nous. La différence vient du fait que le gouvernement allemand met en place des mesures pour faciliter le chômage partiel et participer à son financement. Une enveloppe de 13 milliards d’euros a été débloquée pour investir et remette des entreprises à flot. Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu de telles annonces dans notre belle France. Un petit zoom arrière sur l’Europe nous indique que l’Europe débloque aussi des sous. Mais elle aura attendu le 11 mars pour parler vraiment santé.

La santé des citoyens est affirmé comme la priorité numéro 1. Les mesures doivent être proportionnée et les chefs d’état partageront toute information relative. Des équipements médicaux vont être provisionnés, en commençant par les masques et les respirateurs. Un support à la recherche est fait grâce à un déblocage de 140 millions d’Euros et une sélection de 17 projets destinés à aboutir à un vaccin. L’Europe est sensibilisée aux impacts socio-économiques de l’épidémie en particulier en identifiant les secteurs les plus fragilisés.

Tout cela est très positif, il faut le dire. Mais si j’osais, si je voulais jouer à la mouche du coche, je m’interrogerais sur le fait de devoir arriver au milieu du troisième mois d’épidémie pour que l’Europe agisse. Et aussi, au-delà du fait d’éviter la panne économique, il n’y a pas vraiment d’idée pour lutter contre la pandémie, au-delà de quelques tactiques plutôt adaptées. En poussant plus avant le bouchon de notre cher Maurice, pourquoi une gestion des risques n’est pas déjà mise en place, ce qui aurait permis de gagner un temps fou. Mais comme toujours, l’économie prime, les autres sujets (à part la fameuse et gagesque courbure des bananes) attendant des crises pour que nos dirigeants européens s’y intéressent enfin. Notre Europe a besoin d’être réformée pour se rapprocher des citoyens. En voilà un exemple de plus.

En conclusion, l’épidémie de coronavirus n’est pas terminée. On peut penser qu’elle est sur évaluée par rapport à notre grippe annuelle, mais on peut aussi craindre une pandémie terrible qui, au-delà des nombreux décès causés, pourrait totalement désorganiser notre mode de vie, notre économie, avec des impacts sociaux dramatiques. On peut se demander si une telle crise ne demanderait pas de laisser tout ce que l’on est en train de faire par ailleurs pour se concentrer sur le sujet prioritaire. Or, nous éprouvons comme un malaise en constatant qu’elle est traitée certes avec importance mais sans doute pas avec l’absolue nécessité qu’elle mériterait.

Cette crise révèle les hommes, autant par leurs côtés lumineux et progressifs que par leurs côté sombres et rétrogrades. Elle révèle d’énormes absurdités que notre monde tolère, quitte à courir à sa perte. J’aimerais beaucoup croire que des leçons vont être tirées de cet épisode.

S’il te plait, les gens, surprends-moi !

Je passe ma matinée à écrire. A midi Sylvie, avec qui je vis depuis 25 ans, revient des courses et me tend un petit paquet trouvé dans la boîte à lettres. Je n’attends rien, pas de commande en cours. Je vois une adresse au dos, quelqu’un que je ne connais pas, d’une ville que je ne connais pas.

J’ouvre délicatement et me trouve face à un monceau de marque-pages et une lettre manuscrite où une Sylvie, de moi inconnue (oui c’est pas la même que celle qui revient des courses, faut suivre un peu !) m’explique s’être baladée sur les sites parlant de la candidature au jury du livre inter, être tombé sur le mien et avoir découvert dans ma seconde candidature que j’adorais les marque-pages. Elle m’en envoie donc quelques dizaines de toutes couleurs et formes, souvent écrits en langue allemande, qu’elle m’explique avoir grappillé sur les étals des foires aux livres qu’elle fréquente assidûment.

C’est là que le « Ça alors » intervient ! Mais pourquoi ? Et comment donc Sylvie a-t-elle trouvé mon adresse ? L’aurais-je, contrairement à ce que je crois, affiché quelque part sur mon blog ou sur Facebook ? On trouve bien le nom du village où j’habite dans mes textes, ensuite mon nom. Vu que je n’ai pas d’homonyme sur la commune, Sylvie a du trouvé mon adresse un annuaire en ligne.

Je fais une recherche sur les mots-clés « livre inter candidature » et découvre avec stupéfaction que ma candidature de 2019 arrive en septième position. Surprise !

Le courrier de ma généreuse et gentille donatrice indique qu’elle concourt pour la troisième et dernière fois et qu’elle s’est posée les mêmes questions que moi sur cette candidature.

Je vais bien entendu lui répondre. Mais ce sera privée. A bientôt.

Il était une fois un peintre, célèbre en son époque et qui a eu le plaisir de vivre de son art. D’autres n’ont pas eu cette chance, comme Vincent Van Gogh qui n’aurait vendu qu’un seul tableau de son vivant, « La vigne Rouge » pour la somme de 400 Francs ce qui revenait à quelque chose comme 1600$ en 2011, alors que la vente d’un de ses tableaux a atteint près de 150 millions de dollars en 2018.

Claude Monet avait élu domicile à Giverny, pour des raisons de lumière, semble-t-il. J’habite de l’autre côté de la Seine, au pied de la colline qui nous vole le soleil pendant quatre mois de l’année, alors que nos voisins d’en face, les Givernoises et Givernois, sont injustement inondés de soleil. Claude Monet a été moins stupide que moi. Accessoirement, les moyens financiers du Maître étaient sans rapport avec les miens, plus chiches.

Claude Monet a énormément peint. Entre autres dans son jardin de Giverny surtout connu grâce aux fameux nymphéas. Savez-vous que son jardin comporte des centaines de variétés de fleurs, dont l’agencement doit tout à l’œil du peintre, les fleurs étant « rangées » en fonction de leur couleur et de l’exposition au soleil. Il est à noter que l’équipe actuelle de jardiniers tente de maintenir cela, non en reproduisant le même jardin année après année, mais en le faisant évoluer quitte à chercher, et parfois à dénicher, de rares variétés que l’on croyait perdues à jamais.

Ils sont capables à partir d’une interview du maître filmé dans une allée de rechercher les fleurs figurant sur la vidéo afin de retrouver des semences, ou des pieds, je ne sais pas exactement.

Dans la région, Claude Monet a peint un peu partout, des paysages, des bords de Seine, des villages comme ce petit tableau peint en 1893, qui doit appartenir à une collection privée et qui représente l’Eglise de Jeufosse. Son nom est prosaïquement « L’église de Jeufosse, temps de neige ». D’autres l’appellent « L’église de Jeufosse en hiver ».

EgliseJeufosse_Monet

Et alors me direz-vous ? Ta mise en abyme, elle est où ?

Patience les ami(e)s, patience, elle vient, je viens juste d’en planter le premier clou.

Il se trouve que, las d’être locataires dans le 92, parents d’une fillette de 2 ans et demie et bientôt d’un petit garçon, nous souhaitions leur donner la possibilité de pouvoir vivre aussi dehors, comme nous avions eu la chance de pouvoir le faire dans notre jeunesse. Nous avons donc acquis une maison aux confins des Yvelines pour y emménager lors de l’été 2005. Quelques années sont passées avant que je ne découvre avec stupéfaction l’existence de ce tableau et qu’y figure notre maison, enfin celle qui est devenue nôtre.

L’église du tableau présente un clocher très haut et pointu. Malheureusement, la voie ferrée que vous pouvez imaginer en dessous des poteaux électriques derrière le mur de gauche, a généré tellement de vibrations et de soubresauts que le clocher s’est effondré en 1913, ce qui a entraîné la fin des pratiques religieuses en son sein. Le clocher a été reconstruit moins haut dans les années 1920 et l’église fut inscrite aux monuments historiques en 1926. Bizarrement, elle s’appelait l’église de Saint-Germain-de-Paris.

Il y a trois ans, je retrouve l’endroit d’où, selon moi, Claude Monet avait peint son tableau et prend une photo avec un cadrage presque identique à celui du peintre.

EgliseJeufosse_Régis

Tout fier du second clou de cette mise en abyme, je publie l’histoire sur Facebook. La maison initiale est toujours là, agrandie dans les années 1950, selon nos voisines Odile et Véronique, propriétaires actuelles de l’église. Sur une photo de 1910, prise d’un sentier surplombant le village, on voit bien la maison, et un autre bâtiment plus près de la colline mais non attenant à la maison. Dans les années 50, les deux bâtiments auraient été reliés par une construction à étage. Nous avons retrouvé une photo de 1910 avec deux bâtiments séparés, ainsi qu’une autre photo, prise entre 1910 et 1918 où les deux bâtiments étaient déjà reliés par un rez de chaussée sans étage.

Ici, je dois faire ce qui pourrait s’apparenter à une digression. En fait ce n’en est pas une, vous l’allez voir, restez donc encore un peu avec moi …

Lors de l’année 2017, je découvre l’existence d’une bande dessinée, a priori destinée à un jeune public, mais dont l’histoire m’intrigue. Il s’agit d’une souris, nommée Musnet, piquée de peinture et fan de Claude Monet, qui décide de venir à Giverny pour apprendre du Maître. L’auteur est américain, de Minneapolis, l’ouvrage est édité par Dargaud, je suis encore plus intrigué. Et le hasard étant rarement pingre côté surprises, ne voilà-t-il pas qu’il vient à Giverny faire une séance de dédicace, à laquelle je serai. Notre auteur s’appelle Kickliy Yilkcik.

J’apprendrai plus tard que Kickliy a eu un grave accident de voiture qui l’a touché dans son corps et dans son esprit. Les médecins lui ayant conseillé de changer d’air pour se reconstruire, il est venu en France, a fréquenté des lieux chargés d’art, comme le Louvre, le musée d’Orsay et Giverny, sur les pas de Claude Monet qu’il vénère. Kickliy a des origines grecques et françaises. Il parle d’ailleurs un excellent français.

Dédicace Kickliy à Giverny - 28 juin 2017

Le 28 juin 2017, j’ai donc le plaisir de rencontrer Kickliy devant ses piles de Musnet. Il me dédicace les quatre tomes et me raconte que l’idée de Musnet est née ici, à Giverny, à la terrasse d’un café proche de la maison de Monet.

Se rafraîchissant à une table, il voit passer une souris, qui lui donne l’idée de Musnet. Je trouve cela merveilleux, qu’une banale petite souris, au destin peut-être tragique dans la vraie vie au regard du nombre de chats Givernois, se soit vue dotée d’une histoire romanesque par quelqu’un passant par là. Quelle rencontre !

Et sur le plan reconstruction, quelle belle histoire ! Le fil conducteur reste l’amour de l’Art.

Tiens une seconde mise en abyme, l’artiste se projette dans son ouvrage ! Elle n’a rien à voir avec la première évoquée me direz-vous ! Vous avez raison, mais l’histoire n’est pas finie.

Kickliy et moi continuons à échanger régulièrement via les réseaux sociaux. Il poste régulièrement ses dessins, nous a tenu en haleine avant la sortie des deux premiers volumes de Perdy, une bande dessinée façon western, pour adulte cette fois, avec un personnage féminin d’une belle truculence.

Je n’ai pas encore le volume 2, je vais devoir remédier rapidement à cela…

Quittons la digression et revenons à la photo prise de l’église de Jeufosse. Je la publie sur Facebook avec le tableau de Monet en racontant l’histoire de Monet, l’église, ma maison…..

Quelques heures plus tard, mon ami Kickliy publie la photo d’une aquarelle qu’il a réalisé d’après la photo faite d’après le tableau de Monet. Voilà la clé qui ouvre et clôt les deux mises en abyme.

EgliseJeufosse_Kickliy

Je m’arrangerai quelques mois plus tard pour acquérir l’aquarelle, que je recevrai protégée dans un des albums de Musnet.

Je ne remercierai jamais assez Kickliy pour ce beau cadeau. L’art est peut-être bien ce qui peut rapprocher des hommes pourtant destinés à ne jamais partager quoi que ce soit. Nous sommes ici dans le domaine du sentiment, de l’impression, de l’inexplicable. La beauté s’offre à ceux qui acceptent de la voir.

C’est con pour les autres… mais ils ne font pas beaucoup d’efforts aussi !

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Mais bon sang de bois, que recouvre donc cette expression bizarre !

Evidemment, me voilà à imaginer un cycliste qui n’a plus de barre énergétique, plus de boisson énergisante, le porteur d’eau, tout en queue de peloton, est invisible. Une montée est devant lui, raide comme la justice, il a les jambes molles et doit absolument donner de l’énergie à son organisme.

Avez-vous remarqué la proximité des mots organisme et orgasme ? C’est frappant, non ? Impossible à ni-er. Deux lettres font la différence entre un être vivant organisé et une jouissance extrême ! Je vous laisse à votre perplexité. Retournons voir notre cycliste.

Il regarde son vélo et se dit que des freins, il n’a aucun besoin dans cette montée. Il arrache son frein avant et le ronge, avant de remonter sur son biclou et d’attaquer avec énergie cette foutue côte. C’est dans la descente suivante qu’il comprendra son erreur… J’y reviendrait plus loin…

Que dire des motards, des automobilistes qui se jettent sur leurs plaquettes ou leurs disques de freins ? Répétons-leur de bien mâcher avant d’avaler, afin d’activer une digestion maximale. Et, je m’autorise un petit conseil, prenez garde à l’intégrité de la cuvette des WC. Je pense aussi à ce proverbe, peut-être chinois, « Celui qui mange une noix de coco fait confiance à son anus »…

Une autre acception du terme me tire des larmes, de joie et de douleur. En anatomie, le frein est cette petite languette de chair qui retient le prépuce au gland. Pouvez-vous imaginer pour quelles sordides raisons un humain rongerait son frein ? Déjà, il faudrait que son organisme (tiens, on y revient !!) lui ait offert une souplesse qui ne manquerait pas de faire des envieux. Pas pour se ronger le frein, mais je vous laisse imaginer… bande de coquin(e)s ! Et puis, cela ne doit pas être très nourissant !!

Tout d’un coup, je m’interroge sur l’existence ou la non existence d’un potentiel cancer du frein. Cancer du rein, ça je sais, j’ai testé. Fin du cancer, j’aimerais bien tester, mais cancer du frein, jamais entendu parler. En même temps, ce n’est pas parce que je n’en ai jamais entendu parler que cela n’existe pas, la vie me l’apprend chaque jour.

Ronger le frein, mais pas en descenteeeeeee ! Rhiiii, zblam, zdoing, oing, oing ! Trop tard ! Fallait pas, je l’avais bien dit.

Il ne faut pas confondre avec l’expression ranger son frein, qui n’a rien à faire ici et dont on se fout totalement. Après si certains prononcent les O comme des A c’est leur problème. Chacun fait comme il veut… quoique….

En fait, l’origine de cette expression vient du monde équin. Le frein est le mors du cheval, qui permet de lui transmettre les ordres du cavalier. Lorsque le cheval n’est pas sollicité, il peut s’impatienter, ce qu’il manifeste en rongeant son frein.

Désolé de vous avoir pris du temps, vous pouvez reprendre vos activités ! Fichtre, on est déjà samedi, c’est dingue…. on ne voit pas le temps penser ! le pan tasser…. et merde… bon ouiquainde !

Etrange moment où nous ne vivons pas vraiment sans être mort. Un espace entre deux journées commandées par notre conscience, où nous abandonnons le pouvoir… à quoi, à qui d’ailleurs. Un peu comme nos smartphones branchés sur le courant pour recharger leurs batteries. Parfois certaines mises à jour sont effectuées seulement si l’objet est éteint et branché sur secteur.

Pour nous autres, certaines mises à jour sont effectuées à condition que nous soyons débranchés. C’est moins facile de maîtriser notre dé-branchement que celui de nos smartphones. Le sommeil se montre capricieux, taquin, irrespectueux. On pose la tête sur l’oreiller en espérant être rapidement chopé par Morphée, mais des ribambelles de pensées se courent après, jouent à saute-mouton ou font la ronde.

Nous avons chacuns nos rites pour domestiquer le processus. Lire, boire une tisane de feuilles de machin-truc, brûler de l’encens ou les oeuvres de Karl Marx, prier, faire l’amour, se vider la tête, se raconter une histoire préférée ou une inventée, faire de la relaxation ou de l’auto-hypnose…

Quelque soit la stratégie adoptée, le sommeil vient à son gré, pas au nôtre. Il peut aussi se faire absent. Il nous fait prendre conscience de notre inefficacité, de notre petitesse. Comme si la nuit vous tendait les bras tout en s’éloignant à reculons un sourire sardonique accroché à ses lèvres pulpeuses. Tu me vois bien mon amour ? Tu me veux ? Tu m’espères, tu m’appelles ? Je t’emmerde, mes ressorts ne sont pas si simples pour toi. Mérite-moi, sinon oublie-moi !!

Nous restons frustrés, les gobilles grandes ouvertes avec un léger énervement qui monte doucement et qui nous garantit une nuit longue et peu réparatrice. Le sujet devient alors de savoir quoi faire de ces moments volés, oserais-je dire, à notre crédit-temps. Parfois, si le contexte s’y prête, nous prenons le livre en cours, rallumons la lumière si notre co-turne l’accepte. Sinon,il faut s’extraire de la douillette couette sans allumer, sans réveiller notre compagne et s’exiler dans une autre pièce.

« La nuit je mens » chantait Bashung en pensant aux fameux « résistants de la dernière heure », ceux qui ont attendu que le danger soit loin pour se déclarer résistant. Même loin de ce grave sujet, la nuit nous ment. Elle nous place au milieu de situations incroyables que nous pensons ne pas mériter. Mais si l’on réfléchit et procédons à une analyse à l’aune de notre récente vie, de nos attentes, des lourdes valises que nous tirons derrière nous, on arrive à comprendre tout ou partie des représentations symboliques décodées.

Elle ne ment pas toujours. Elle peut aussi nous donner des clés pour résoudre les choix qui se présentent à nous, prendre les meilleures options, celles qui nous servirons. Comme un dialogue, la claire journée donne à manger à notre cerveau, qui solutionne pendant l’obscure nuitée.

Jeune, la nuit était un intense moment de vie, la journée un espace incontournable mais peu intéressant qu’il fallait absolument traverser pour rejoindre la nuit suivante. Nous vivions chaque nuit si intensément, que la vie aurait pu s’arrêter là sans que le moindre regret ne nous ait jamais frolé. Une fraternité spéciale liait à cette frange du monde les fétards, les noctambules, les musiciens nomades, les alcolos, les camés, les putes, les malfrats et les flics, tous vivant ensemble.

Une fois la situation professionnelle stabilisée, ce rythme n’est plus tenable. La nuit est dégradée, démythifiée et devient une bête période de repos requise pour assumer ses tâches lucratives. La nuit perd sa magie, sa féérie, son imprévisibilité, son côté catapulte vers de folles aventures, sa nature spéciale. La vie nocturne a une superbe mâche et des goûts très riches, mais peut se montrer répétitive et terne. L’animal nocturne est prêt à passer un paquet de nuits ternes pour avoir éventuellement de temps à autres le bonheur d’une nuit folle.

C’est carrément addictif. « La nuit je mens » disait-il, mais la nuit je m’défonce, je m’enfonce dans l’erreur. Que reste-t-il de tout cela ? Pas grand chose de visible, mais des souvenirs, des fragments de tableaux, quelques scènes de quasi cinéma, des musiques, des textes de chansons, un car crash, des tableaux, des couleurs, des histoires, des odeurs, des amours, du sexe, des goûts, des monstres rigolades, des trahisons, des morts, des pleurs et des manques. Une fois la nuit éteinte, les falotiers rentrés chez eux, peu de gens subsistent,  la vie se charge de les emmener dans l’oubli…