Maux & Cris

462 Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

Si vous avez raté le début Episode 1 de la série Dupin – L’étang

Aaaaahhhh ! Putain ! Merde, Lerat a volé en couinant et s’est écrasé contre le placard. Et voilà que je me retrouve avec la jambe droite, celle qui a shooté dans mon chat, sortie du lit et moi en train de me casser la gueule du plumard. Excuse-moi Lerat ! Je ne l’ai pas fait exprès. Je me baisse pour attraper la boule de poils et lui faire un câlin. Elle me regarde légèrement de travers et me crache un miaou de méfiance. Du style « t’as pas intérêt à t’approcher de trop, sinon je vais te montrer ce que c’est un félin. Compte tes doigts connard !! ». Lire la suite

Deux ou trois araignées d’eau sont posées sur la surface de l’ étang. Leurs longues pattes créent une petite dépression à la surface sans rompre cette dernière. Il s’interroge sur le principe physique qui permet cet anachronisme. Il pense à cette superbe sculpture de l’Italien Le Bernin qui, à l’âge de vingt-trois ans, avait terminé l’enlèvement de Proserpine. Sur cette sculpture, la main de Pluton s’enfonce avec une telle vérité dans la cuisse de Proserpine, que le marbre devient chair. Lire la suite

Un jour je n’y tiendrais plus

Mon âme aura explosé

Sous les coups de boutoir

De la tristesse. Le vide

S’introduira en sifflant

Dans chacune de mes

Pensées et chassera

Mes rêves. Nu face à

L’univers, souffle

Coupé, bouche bée

Je chercherai au sol

L’ombre de ce que j’étais,

Coquille ne gardant

Plus rien. Je serai hébété

Sidéré, inhabité. Juste

Au fond de moi, un fil

De vie, me chuchotera

Que cela n’a pas toujours

Eté ainsi. Un souvenir

Ténu informel d’un

Monde en couleur,

En relief, un monde

Qui bat fort et nous

Laisse émus et pantois.

Ce jour-là, je monterai

Non sur un fier destrier,

Mais sur les fantômes

D’une vie rêvée possible,

Et ce jour-là je partirai.

31/3/2020

Tiens, nous sommes encore confinés sur Mars !!

Pris dans l’étau de ce double confinement, je surprends les jours à s’effilocher comme une trop vieille laine. Je ne cherche même plus à les retenir, trop vifs pour moi, ratatiné que je suis sur l’ombre des jours enfuis au fond de ma cale. Partout chacun s’essaye à faire sourire, rire pour les plus hardis. Mais chaque blague, chaque pirouette ne laisse qu’un goût amer dans la vaine et mince turbulence de son passage.

Une amie, naturellement pétillante a maintenant l’œil éteint, le maquillage délavé par… comme un espoir encore déçu qui aurait glissé sur sa joue. Sa bouche gourmande n’embrasse plus que de tristes rictus nourris aux tétons de sa désespérance. Deux semaines de confinement semblent avoir cet étrange pouvoir de transformer le désir en pitié.

Pendant ce temps où nous échangeons des conneries sur les réseaux sociaux, d’autres sont au front. Cachés sous des habits de cosmonaute, ils enfilent des tuyaux dans les gorges, disent un mot gentil, se mettent à plusieurs pour retourner en cadence un homme sédaté. Ils appellent, le cœur au bord des lèvres, la famille d’un monsieur qui a entamé son ultime glissade, si jamais ils souhaitaient le voir une dernière fois.

Plus tard ce sera « votre papa est décédé. Si vous souhaitez le voir, venez vite, nous ne gardons par les corps longtemps ». Personne ne viendra, la peur de choper le virus fait son œuvre. Ailleurs, on dépossède les familles de cette possibilité de voir le défunt. Le soir, ils rentrent chez eux et trouvent un mot sur leur porte qui leur demander de quitter l’immeuble. Fourbus, harassés, écœurés physiquement et moralement ils sombrent dans un sommeil sans fond, même plus réparateur.

Demain nous reprendrons nos grimaces pour exorciser notre ennui. Eux renfileront leur tenue de cosmonaute et sauverons des vies. Gardons cette image lorsque tout sera fini. Cette image plus l’impossible et ridicule espoir que si l’humanité apprenait à être moins conne à l’avenir elle pourrait peut-être, éventuellement, gagner son droit à vivre. Sans cela point de salut.

Désolé ma légèreté s’est fait la malle aujourd’hui ! Pourvu qu’elle revienne demain ! Bonne journée les ami(e)s !

 

1/4/2020

Hier vous avez dû voir plein de posts vous rappeler qu’aujourd’hui c’était le 1er Avril et que ce jour-là il fallait s’attendre à une avalanche de blagues plus ou moins potaches ou de bon goût.

Si vous suivez mes matinales aventures, vous savez qu’hier était un jour maudit. On m’avait dérobé ma légèreté.

Non que le confinement m’ait fait grossir au point que ma balance, ultra moderne, ne m’ait tancé avec un « Qui est ce lourdaud que je ne connais pas ? Par contre, vous n’auriez pas vu Régis ? Je ne l’ai pas pesé depuis…. Trop longtemps !!! ».

Ma légèreté n’est pas de celles-là, plus de celles qui œuvrent pour que les choses se passent en douceur, délicatement, en ménageant les autres. Pour notre bien-être commun, il me fallait donc absolument tout faire pour la récupérer.

Depuis une dizaine de jours, je travaillais à un texte, au thème imposé, destiné à en rejoindre d’autres, écrits par d’autres auteurs dans un même livre. Chacun devait aborder le sujet sous un angle particulier.

J’ai rendu ma copie hier, et à ce moment précis, j’ai senti un impressionnant bien-être m’envahir. Avec son amie satisfaction du devoir accompli, la discrète était revenue. La séparation avait été courte, elle a aisément retrouvé la place que je lui avais gardé. Une fois bien blottie au chaud, elle a immédiatement repris les commandes pour accrocher un sourire à ma face, assouplir mon pas, égayer mes pensées, que sais-je encore.

Et bien, comment vous dire, puisque l’heure est plus à la vérité qu’à l’action, je dois vous l’avouer, ne m’en veuillez pas trop, je n’ai jamais perdu ma légèreté. Elle est ma fidèle amie depuis toujours, je vous le jure. Je peux même cracher s’il le…. Non ça je ne peux pas…

En relisant, je me dis que parler de légèreté en ce moment empreint de gravité risque fort de me faire passer pour un gros lourdaud. Sachez que je n’oublie en rien la saleté de virus qui met en terre tant de gens et en blesse tant d’autres. J’adresse mes amitiés à celles et ceux qui sont frappés et à celles et ceux qui les soignent.

Un jour, nous pourrons aller et venir sans contrainte. Ce jour-là il faudra que notre résilience nous permette de ne pas oublier.

Bien chers ami(e)s, ma légèreté et moi vous embrassons et vous souhaitons un Joyeux Noël !

 

2/4/2020

Ce matin, je déambule à grandes enjambées dans ma tête. Un dilemme insoluble me tiraille. D’une part j’ai décidé de faire des petites chroniques des bons livres que je lis, en écartant les moins bons, sous le fallacieux prétexte que ne rien dire des mauvais livres serait la meilleure façon, et peut-être la plus cruelle, de traiter la médiocrité. D’autre part, je suis en phase terminale d’un livre qui me pose souci par rapport à ce principe.

L’auteur se raconte avec une lucidité sans pitié. La démarche est courageuse et difficile. Ne serait-ce pas sa manière de s’autopsychanalyser afin de sortir grandi de l’exercice ? Ce n’est pas rien d’oser afficher, j’allais écrire ses turpitudes mais ce n’en sont pas, son attitude désinvolte d’éternel étudiant bambocheur.

Nous pouvons tous nous retrouver dans ce qu’il décrit. Nous avons tous et toutes eu une période où le jour faisait mal à des yeux, plus habitués à l’ambiance nocturne des bars et boites où se tramaient nos discussions enfumées et nos infinies beuveries, qu’à la lumière crue de la journée. Mais nous avons refermé cette époque, incompatible avec l’état de salarié.

Notre auteur est étranger à un travail cadré. Il vit d’écriture d’articles, de livres, de scénarios, ce qui lui autorise ses nocturnes expéditions. Il nous raconte comme il est difficile, une fois passé la cinquantaine, de garder la tête haute à agir comme un étudiant alors que l’on ne l’est plus depuis longtemps. D’autant plus que ses compagnons et compagnes de nuit sont jeunes, eux. L’une est d’ailleurs très belle et sans pitié, qui lui fait remarquer très crûment.

Il évolue parmi des beautés, qui se dérobent de plus en plus à ses avances. Il est lucide. Il a de la tendresse pour elles, pour ses compagnes et compagnons de virées. Beaucoup de tendresse pour les gens qu’il côtoie mais la dent dure aussi. En particulier avec une bande d’humoristes radiophoniques professionnels, dézingueurs de têtes de turc sacrifiées sur l’autel de leur propre célébrité. Il a été au milieu d’eux et les connait bien. Il les a analysés, il est très bon pour cela.

Il a changé les noms, histoire d’éviter les emmerdements, mais pas assez pour nous éviter de les reconnaître. C’est un peu comme le basse-boite des fêtes foraines. Tout le monde gagne. Et certains prennent cher, à juste titre.

Il a aussi beaucoup de tendresse pour lui-même, comme s’il s’observait de l’extérieur avec cette lucidité évoquée plus haut. Du coup, on a aussi beaucoup de tendresse pour lui. Sur le plan de l’écriture, et bien c’est écrit. Ne nous attendons pas à un style décoiffant ou un souffle poétique hors norme. L’écriture est à son service, pas l’inverse.

Du coup, je reviens à mon dilemme de départ. Vais-je faire ou pas une chronique sur son livre ?

Sur ce, mes ami(e)s, je vous souhaite une belle journée. Il fait beau au-dessus de notre confinement.

 

3/4/2020

Nous commençons à voir fleurir les envies d’après. Comme au printemps, les fleurs du cerisier, en prime de leur japonaise beauté appellent les cerises de l’été, notre période de confinement, revenue en troisième semaine et sans doute plus à venir, appelle à se projeter. Quelle est la première chose que vous ferez, une fois ce déconfinement terminé ?

Serez-vous comme les animaux hibernants ? Confinés dans la tiédeur du nid des mois durant, blottis les uns contre les autres, un premier sent quelque chose qui a changé dans l’atmosphère. Il hume, sa truffe gigote un peu. Il ouvre les yeux, commence à grogner, à bouger ses pattes. Les autres commencent à peine à ouvrir les yeux qu’il est déjà dehors.

J’ai lu récemment que l’un(e) d’entre vous souhaitait rester à la maison pour se reposer du confinement. Voilà ce dont nous avons besoin, un éclat de rire, un putain d’éclat de rire. Du genre qui résonne fort, histoire d’en profiter longtemps. Le rire est une thérapie gratuite, je vous le conseille. Ça fait du bien et c’est gratuit, pourquoi s’en priver ?

La plupart d’entre vous iront sans doute voir leurs proches, privés de visites et de contact familiaux, amicaux et tactiles pendant des semaines. Les retrouvailles seront rassurantes, à moins que l’irrémédiable ne se soit produit. Mais dans ce cas, vous l’auriez déjà su.

Certains iront dans des magasins acheter des choses non essentielles, par exemple l’outil qui va bien pour réparer un truc cassé deux semaines avant mais impossible à fixer sans l’outil adéquat.

Ma fille appellera l’opticien pour récupérer les lunettes qui vont enfin soulager ses yeux d’étudiante assidue et courageuse. Mon fils ne changera rien à sa vie de geek gamer en contact virtuel avec des gens de toute la planète depuis son PC.

Pour ma part, j’irai sans doute reconstituer ma PAL (Pile de bouquins À Lire), dont l’impossible maigreur m’inquiète de plus en plus, chez mon libraire de proximité, en espérant que cet épisode n’ait pas décidé de sa fermeture.

Et vous que ferez-vous ? Si jamais ce confinement se termine un jour, bien entendu ? Avez-vous une envie saugrenue, folle, délirante ?

Bonne journée les ami(e)s !

 

4/4/2020

Hier, sans le vouloir presque malgré moi, je me suis retrouvé transformé en catalyseur. Deux amies Facebook, l’une que je connais depuis pas mal de temps, l’autre depuis peu, se sont retrouvées sur un de mes posts alors qu’elles s’étaient perdues de vue depuis 25 ans.

Le hasard est une composante farceuse de la vie. Certains y voient la manifestation de Dieu. Pourquoi pas, encore faut-il croire ? Et ne pas croire n’empêche en rien le hasard de manifester son existence.

Les scientifiques voudraient comprendre les paramètres de sa survenue. Les scientifiques veulent toujours comprendre comment. Ils veulent aussi l’écarter des expériences afin de produire des données fiables. Les philosophes s’y intéressent aussi. Je subodore qu’ils voudraient comprendre pourquoi. Pour eux, le hasard devient une partie intégrante du système. Une manière de tenter de le maitriser sans doute.

Est-ce le hasard qui a fait se croiser le pangolin porteur du virus et le patient zéro ? Le fait que certains chinois apprécient de manger des animaux atypiques pour les occidentaux ne doit rien au hasard, pas plus que le fait de déguster un pâté de sanglier pour nous autres. C’est plus une habitude culturelle. Quelque chose que l’on se transmet de génération en génération.

Mais le fait que ce pangolin virussé ait croisé la route de ce patient zéro, ça c’est du hasard. Enfin, peut-être, certains vous diront que les deux étaient prédestinés à se croiser. Et là, ce n’est plus du hasard, mais de la croyance.

Tout ça pour revenir sur les études chloroquine du professeur Raoult. Ses résultats semblent parlants. Mais des patients décédés ont été sortis des résultats, ce qui jette le doute. Lorsqu’une cohorte (groupe de personnes intégrées dans une étude clinique) est définie, on doit la retrouver entière en sortie de l’étude.

Tout scientifique le sait pertinemment, dont le travail est d’écarter le hasard et de produire des données fiables et reproductibles. C’est la reproductibilité qui écarte le hasard.

En ne procédant pas ainsi, le professeur Raoult a prêté le flanc à la critique de ses pairs. Certes, d’autres études sont en cours, mais il faudra des semaines avant d’en avoir les résultats, alors qu’en procédant plus rigoureusement, en éliminant le hasard, il aurait fait gagner des semaines et sauvé des vies, un des piliers du serment d’Hippocrate. A propos, connaissez-vous le serment d’Hippocrate ?

“Au moment d’être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité.

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.

Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité.

J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences.

Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.

Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.

Admis(e) dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu(e) à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.

Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.

Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.

J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.

Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque.”.

Le serment ci-dessus provient du site du Conseil national de l’Ordre des médecins.

Bonne journée les ami(e)s. Prenez soin de vous et de vos proches.

 

5/4/2020

Je te fiche mon billet que l’ambiguïté…

Ces petits billets matinaux sont une véritable surprise pour moi. Rien n’est anticipé, pas de ligne directrice. C’est de la quasi-improvisation qui me fait découvrir à peine avant vous, ce que je vous raconte. Aujourd’hui je me sens joueur, taquin, un peu sur le fil…

J’ai vu une jeune femme caresser sa chatte. Le poil court, bien peigné, derrière son aspect tranquille on sentait la fougue prête à bondir. Quand on voit un bel animal comme cela, reconnaissons-le, il est difficile de résister à l’envie de le caresser.

L’ambiguïté peut être révélatrice en mettant au jour nos fonctionnements internes. Ainsi, nous lisons souvent ce que nous voulons lire et non ce qui est écrit. Comme il arrive que nous entendions ce que nous voulons entendre et pas toujours ce que l’on nous dit. Si j’avais écrit son chat, la lecture eût été différente, ne croyez-vous pas ? Quoi que … Comme pour ce qui suit, où un redoublement de consonne change tout.

Elle tangue un peu, l’alcool l’a placé dans une ambiance cotonneuse. Elle se sent en retard, en décalage avec elle-même. Après avoir esquissée un léger sourire, elle se mord doucement la lèvre inférieure, bascule son poids sur une jambe et s’assoie doucement sur la bitte. Elle respire un grand coup, ferme les yeux et écoute les drisses claquer contre les mâts, formant ainsi une musique atonale incitant au voyage.

Comment se faire emmener où l’on ne veut pas aller ? Il suffit de pas grand-chose, pour faire tomber les murs et s’évader d’une prison souvent construite par nous-même. Il n’en serait pas de même si nous étions réellement emprisonnés, bien entendu, mais notre actuel confinement est volontaire, fortement incité (135€ tout de même) mais volontaire. Et les murs qui nous entourent sont familiers, ce sont les nôtres.

Tel le passe-muraille de Marcel Aymé, nous pouvons traverser les murs. Évitons juste de ne pas finir comme lui, emprisonné à jamais dans le dernier. Comme une banale habitude qui foirerait une ultime et tragique fois.

Une fois le confinement terminé, j’irai la voir. Elle sera là, devant moi, bien plantée au sol, ses formes juste assez rondes pour séduire. Très années 90, elle est jeune, bien entretenue. Une fière allure mais sans ostentation aucune. La discrétion personnifiée, fiable mais avec du caractère. Nous nous regarderons longuement. Il arrivera un moment où je n’y tiendrai plus. Je monterai dessus, passerai une vitesse et vroom, partirai en balade sur ma jolie petite moto.

Bonne journée les ami(e)s.

 

6/4/2020

Je te fiche mon billet sur l’ubiquité…

Il y a des années j’ai dit à mes enfants qu’ils devraient inventer deux choses : l’ubiquité et la téléportation. J’adore mes enfants, mais à cet instant et sur les deux sujets, je dois reconnaître que c’est un échec cuisant. Mais admettons…

Les deux apps seraient sur les stores Apple et Android.

Régis, tu peux aller chercher du pain, steuplé ?

Ok je gère.

Les attestations sont dans le ….

Je sais, mais j’ai mieux !

Déconne pas, on n’a pas 135 boules à jeter par la fenêtre !

Et me voilà sur le store Apple en train de charger l’appli Ubiquité. Pourquoi celle-là d’abord ? Facile, pendant que je l’utilise et suis à la boulangerie, l’autre moi est toujours à la maison en train de charger l’appli Téléportation. Et oui, dans l’autre sens ça ne marchait pas pareil !

Ubiquité ! Voyons les paramètres obligatoires pour pouvoir utiliser l’appli…

Nom : Vignon

Prénom : Régis

Lieu de résidence : chez moi, connard !

Avez-vous vu le film La Mouche ? : Oui, et alors…

Etes-vous conscient des risques psychologiques et physiques encourus ? : Oui, euh, mais de quoi causent-ils ?

Avez-vous déjà rédigé ou déposé un testament chez un notaire ?…

Chérie, finalement, je prends la voiture, deux baguettes ça va ?

Ouais, deux tradis, steuplé !

Et deux tradis qui marchent…

Bonne journée les ami(e)s !

24/3/2020

Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?

Tu veux dire au jour d’aujourd’hui ?

Euh non, aujourd’hui, ça suffit…

Tu ne trouves pas que dire au jour d’aujourd’hui, ça renforce la maintenantitude ?

Si si, comme quand on dit t’es con de chez con, ça renforce ta conitude. Du coup tu fais quoi ?

Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?

Oh mais moi, je veux rien, je te demande ce que toi, t’as envie de faire…

T’as pas d’envie ?

Si.

Et ben, dit quoi !

Quoi !

Fais gaffe ou je vais te re causer de conitude !

Oh ça va on peut plus blaguer maintenant ! Non, j’irais bien me promener sur les bords de la Seine en fait.

Non, c’est pas possible.

Tu m’demandes ce dont j’ai envie, je te le dis et toi, sèchement « Non, c’est pas possible ».

Je ne suis pas sec.

Et bien sèche toi et fais pas chier !

Je ne suis pas sec quand je te dis non « c’est pas possible ». C’est un fait, juste un fait.

Ah c’est ta fête au jour d’aujourd’hui ?

Oui et la conitude, c’est quand on est con, mais alors vraiment très con ! Le préfet a interdit l’accès aux berges de la Seine dans toutes les Yvelines.

Dans celle où on habite aussi ?

Merde.

Quoi merde ?

On est confiné, batard. C’est le jour huit du confinement. Tu me les brises. Adieu, j’me casse au salon.

Bonne journée quand même au jour d’aujourd’hui !

25/3/2020

Le printemps est là. La végétation est énervée, impatience, confinée qu’elle a été des mois durant (ou dupont, comme vous l’entendez…) dans un faux temps humide et peu froid. Les gros bourgeons sont tendus comme le string d’une Kardashian. On se retient même de poser le doigt dessus de crainte qu’il nous explose à la figure. Faut-il garder une distance d’un mètre, même avec les bourgeons ?

A noter ce matin l’expression « Tiens, si je m’autorisais une sortie ?», sorte de mise en abyme dont l’instrument de mesure est l’attestation, mais attention, pas n’importe laquelle. Nous avons une version 2. Une pensée émue pour ceux qui, prévoyants, en avaient imprimé une pile d’ avance. C’est mort les gens, vos piles d’attestations, témoins d’une vertueuse anticipation, sont obsolètes. Et comme vous l’imaginez bien, présenter l’ancienne vous coûterait cher. Mettez-vous donc au goût du jour. Comme la mode qui, au vu de notre irrépressible envie de changer de fringues très souvent, renouvelle ses modèles régulièrement, l’état change ses attestations, entre autres pour horodater votre sortie.

Ce n’est pas très grave, on va s’habituer. L’humain s’habitue à tout, sa résilience est quasi sans limite. Par exemple, en ce neuvième jour de confinement, je referme ma sixième semaine de moratoire thérapeutique et reprend mon traitement anti-cancer. Je ne peux pas dire que je cours partout dans la maison en criant des « youpee », des « chouette c’est pas trop tôt », ou encore « trop cool », mais depuis plus de trois ans que je m’infuse cette bombe qui me sauve, j’en connais les caractéristiques. La nouveauté c’est que je vais tester le double confinement, l’un avec attestation, l’autre avec détestation.

Surtout, épargnez-vous et épargnez-moi toute forme d’apitoiement, inondez-moi plutôt de votre sourire !

Bonne journée les ami(e)s !

26/3/2020

Comme on pose un pas après l’autre sans y réfléchir, le confinement s’est tellement installé dans notre vie que l’on se demande bien ce qui pourrait encore nous étonner. A quoi peut bien servir un journal dans ces conditions ? Un journal qui radoterait, juste pour dire qu’il existe alors qu’en fait il n’a rien à dire.

J’ai lu hier un journal très amusant où une personne présentait la visite de son appartement comme s’il s’agissait d’une excursion, du genre de celle proposée en voyage organisée. Et ça terminait par un truc du genre « et nous serons de retour vers 19h30, juste à temps pour pouvoir applaudir le personnel de santé par les fenêtres ouvertes du salon. »

J’ai aussi lu un article qui m’a fait me questionner sur la bonne santé mentale de certains. Un journaliste s’interrogeait sur l’évolution du marché des îles à vendre pour les super riches. Oui le marché a évolué. Les riches chercheraient des endroits pour s’éloigner du virus couronné. Ou alors achèteraient des respirateurs à 20.000 boules au cas où. Mais finalement, la communication de l’entreprise qui vend les îles date de 6 semaines. Du coup, ce n’est peut-être pas lié au coronavirus… comment dire ?

La situation me rappelle une marche de fin de stage commando. Trois nuits de marche dans la neige de la Forêt Noire. Nous dormions dans nos sacs à viande dans la neige. Le paysage était sublime, nous étions lessivés, des robots à marcher. Je me souviens d’un ami qui s’est endormi en marchant sur un chemin montant légèrement. À droite, la pente montait vers le ciel, à gauche, elle dégringolait vers le néant. Petit à petit il a commencé à dériver vers la gauche, ses pieds ont tapé sur la boursouflure de neige qui longeait le chemin. Il a disparu, tombé dans la pente sans se réveiller. Rien de grave, rassurez-vous. Le sergent a annoncé une pause. La dernière nuit, nous marchions entre les vignes et évoquions ce que nous ferions à notre première sortie. Mon fantasme était de me taper une belle pièce de viande avec des frites et un ou deux tonneaux de bière. Ce que j’ai pu réaliser plus tard, mais avec moins de bière…

La période que nous vivons a quelque chose de cette longue marche. Une marche dans notre tête, puisque pour le reste ce n’est pas simple.

Ce jour, un groupe de 400 experts en sécurité informatique du monde entier s’est créé afin de lutter contre la cyber criminalité. Elle profiterait de la crise actuelle pour déployer sa nuisance. Les entreprises, qui utilisent à plein le télétravail, craignent pour leurs données et pour les capacités de travail de leurs employés. Un volume de phishing inhabituel aurait été constaté.

Nous sommes plus de trois milliards à être confinés. Prenez soin de vous et des autres.

27/3/2020

Le confinement tourne au désespoir pour certains. Les microcosmes familiaux se tendent, se cristallisent. Les conflits larvés habituellement tenus secrets sortent au grand jour et font exploser leur violence faute de dérivatif. Le confinement accroît les tensions, c’est visible sur les réseaux sociaux où les expressions se font plus rudes qu’à l’habitude, les positions plus tranchées. Les mots sont des épées, des armes. Comment réagir à un mot aiguisé si nos mots ne permettent pas de faire ressentir exactement le fond de sa pensée. C’est la fête aux insultes, aux replis sur des comportements reptiliens standards. On perd sa lucidité et son ouverture d’esprit, celle qui permet d’écouter l’autre et de lui laisser une part de vérité. Seule la nôtre, ou ce que l’on croit être la nôtre, se voit accorder le droit d’exister.

Ailleurs on pratique l’apéro virtuel. Chacun met en scène sa bonne bouteille, son meilleur whisky, ses petits plats et ses cacahuètes. On partage une activité simple, conviviale, familière sans être obligé de disserter sur les raisons pour lesquelles nous sommes enfermés, car c’est bien ce que nous sommes. Au détail près que nous avons le droit de bouger un peu, sous certaines conditions. Nous acceptons notre confinement malgré ses contraintes, car il bénéficie à notre société. Restons altruistes malgré le caractère grégaire de nos petits égoïsmes. J’aime cet apéro et son côté amusant. Il est décontracté, gratuit, sans prise de tête et je m’y adonne avec plaisir. Le groupe atteint bientôt 5000 personnes en dix jours.

Faute d’exercice physique, si certains font du jogging le long des murs de leur tête, d’autres tournent en rond dans leur cerveau. Il faudrait leur dire que cela ne sert à rien. Il n’y a aucune sortie que de se regarder en face, bien en face. La vie nous offre une occasion inespérée de faire le point sur ce que nous sommes, ce que nous voulons faire de notre vie. Quelle est cette société dont nous rêvons ? Une société plus juste, moins tournée sur le dieu pognon, plus sur l’idée de fraternité et de respect de notre environnement. Sortir du paradigme cul de sac où de moins en moins de gens sont de plus en plus riches et vice versa, avant que cela ne se règle par un déchaînement de violence no limit.

Sinon, au jour 3 de la reprise de mon médoc, je sens la charge monter en moi. Mais c’est léger. Je le sais parce que je connais bien l’histoire. Ce serait encore imperceptible pour un « novice ». Juste un peu la tête moins libre, le signe que la tension est en train de monter. Je le sais plus que je ne le sens. Pour l’heure, je reste juste confiné, pas encore doublement confiné. Pour être plus exact, et malgré le côté paradoxal que cela peut présenter, retrouver les signes connus du traitement me ferait plutôt sentir moins confiné, comme un peu libéré.

Ça y est le jour est totalement levé, il est l’heure de vous souhaiter une belle journée.

28/3/2020

Vous connaissez tous Gstaad, la station de sport d’hiver connue parce fréquentée par des gens connus. Elle a une petite sœur, au nom tout autant imprononçable : Ischgl. Je vous mets au défi de le prononcer sans brumiser votre voisinage. Non, ne le faites pas, en ce moment, c’est déplacé. Les drones de sécurité pourraient fort bien vous taser (2500 volts, sans les intérêts) pour sanctionner un comportement si Antisocial, tu perds ton sang-froid / Repense à toutes ces années de service / Antisocial, bientôt les années de sévices / Enfin le temps perdu qu’on ne rattrape plus. Pardon je m’ égare…

Alors Ischgl ? Et bien, cette station de sports d’hiver serait un gros foyer de dissémination du coronavirus. Principalement, parce que, dans les soirées « d’après-ski », détendus mais alourdis par une copieuse journée de ski, les fêtards vont jouer au beer-pong dans un bar. Vous l’avez compris, loin de notre sympathique apéro du soir, il s’agit ici de boire beaucoup. Les serveurs utilisent un sifflet pour se frayer un chemin entre les buveurs, tous sifflant dans le même sifflet. Si généralement une personne peut en infecter 2,5 autres, ici l’un des serveurs de ce bar aurait infecté une quinzaine de personnes. Certains pays ont blacklisté la station dès début mars. Mais l’Autriche a fait la sourde oreille longtemps avant de fermer la station. Pour quelle raison ? Potentielle catastrophe économique pour la station et la vallée.

Je lancerai bien un Ischglton afin de pouvoir offrir à cette ville les quelques voyelles dont elle manque pour s’offrir un nom prononçable et à ses édiles un essai sur ce que recouvre la notion d’humanité.

Sinon, nous sommes samedi, ce qui ne change rien pour nous, confinés entre nos quatre murs. Ni pour celles et ceux qui vont continuer à soigner les malades du virus. Une nouvelle journée à se calfeutrer sous des protections peu pratiques, en espérant qu’elles soient suffisantes, avant d’entrer dans une salle contenant les patients. Ils en sauveront un grand nombre, mais pas tous. Cela laissera une trace indéfectible dans leur mémoire.

Il faudra aussi ne pas oublier les comportements inqualifiables (j’ai bien trouvé plein de mots, aucun n’est parfait) de celles et ceux qui, dans leurs immeubles, placardent des notes destinées à ces soignants qui ont l’outrecuidance d’habiter dans le même immeuble qu’eux, les « innocents », pour leur demander de ne pas toucher la rampe d’escalier ou même d’aller habiter ailleurs. Souvenons-nous aussi des parents d’une amie, traitée comme des pestiférés par leurs soi-disant « amies » de l’immeuble parce qu’une infirmière vient tous les jours soigner l’un d’entre eux.

En temps de crise, les masques tombent pour laisser s’exprimer le meilleur et le pire de l’être humain.

Chers confinés, cher personnel soignant et autres actifs, prenez soin de vous.

29/3/2020

Hier, le confinement m’a parlé de livres. Il m’expliquait que sa finalité première, qui n’est pas de faire en sorte que les parents remplacent les professeurs à l’avenir mais bien de sauver des vies, en cachait une autre, plus discrète mais tellement importante. La curiosité qui bondissait en moi me fit l’interroger dessus.

Il me dit « mais que fais-tu en ce moment ?».

Tu le vois bien, je lis. Mais je lis tous les jours, ça n’a rien à voir avec toi, espèce de vantard !

«Es-tu certain que je n’ai pas incité certain à mettre le nez dans un bouquin ? ou à réfléchir à la lecture ? ».

Je ne peux le savoir. Pourquoi pas, peut-être. Et si tel est le cas, c’est bien. Il est aussi vrai que j’échangeai avec une amie, par la voie des réseaux sociaux rassure-toi, qui expliquait s’offrir deux livres par semaine depuis des temps immémoriaux et du coup donnait des livres pour n’en garder que l’essentiel. Je lui répondis que c’était juste pour faire de la place aux nouveaux.

Cette nuit je pensais à des images d’appartement d’écrivains et de poètes, des murs recouverts de piles de livres du sol au plafond, des cathédrales de livres au milieu des pièces. Des vies entières de livres décrivant parfois des vies entières. Des mondes infinis contenus dans ces petites boîtes qui, une fois refermées, gardent un peu de nous.

Et je repensais au livre que je viens de terminer. L’auteur y parle de Glenn Gould, fou de Bach, qui arrêta ses concerts à trente-deux ans pour vivre plus intensément son amour pour le musicien, qu’il continua d’honorer par ses enregistrements. Ecoutez ce qu’il en dit « Dans la musique on est comme dans l’amour : engagé sur le sentier de la vie faible. On va du point A au point B, d’une lumière à une autre. On est entre les deux, trébuchant dans le noir. Vivant d’incertitude et souriant d’hésitation, attentif à ce mouvement en nous de la vie frêle, oublieux du reste. ».

Je me faisais la réflexion que si certaines de nos activités nous éparpillent l’âme et nous font perdre le contact avec nous-même, d’autres nous permettent d’en recoller les fragments et de la positionner bien au milieu de nous. Quand nous faisons de la musique, quand nous lisons, nous écrivons, nous nous sentons pleinement bien, notre âme s’est replacée au milieu de nous, bien équilibrée, tiraillée en rien. La plénitude.

Le même auteur parle des images que lui inspirent des fleurs, et croyez-moi il va loin dans ce sens. A celui qui voudrait l’accuser de mièvrerie, il précise « Que dira-t-on à maître Dögen, ce sage du treizième siècle japonais, lorsqu’il écrit : « L’univers entier est fait des sentiments et des émotions des fleurs » ? »

Pour en finir, je ne peux pas omettre de vous citer ce que notre auteur a trouvé dans Suréna un ouvrage de Corneille et qui concerne l’inépuisable douleur de vivre et pourrait bien être la synthèse de toute vie « Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir ».

J’ai déjà parlé de cet auteur, il s’appelle Christian Bobin. Poète prosateur, il a le pouvoir de mettre à jour les ressorts des humains à coup d’images, lesquelles, une fois assemblées, composent l’essence même de la personne.

Bon dimanche les ami(e)s !

30/3/2020

La nuit précédente, vous l’aurez noté, on nous a volé une heure. C’est une honte, un scandale ! Il parait qu’on nous la rendra dans six mois, mais sans intérêt. Il y a un an, en mars 2019 nous avions voté massivement (80%) pour arrêter cette semestrielle connerie. Le parlement Européen l’avait acté pour 2021.

Deux ans, putain deux ans ! C’est là que l’on se dit que notre Europe est bien loin de ses ouailles. Deux ans pour ce qui ne semble pas représenter une montagne de complexité. Deux ans ça pourrait être l’éternité si on s’en donnait la peine. Ce n’est pas en avançant à petits pas mesurés que notre chère Europe nous prouvera qu’elle nous veut du bien.

Elle a pris cette odeur légèrement aigre et poussiéreuse des intrigues de couloir, des entregents experts, des discussions chuchotées, tellement importantes et confidentielles qu’elles ne doivent surtout pas tomber dans l’oreille de n’importe qui. Alors que nous attendons d’elle de la fougue et du courage, qu’elle décoiffe le monde, bouscule un ordre établi depuis trop longtemps par une voix univoque et égoïste. Qu’elle fasse dégringoler d’un coup tous ces dominos patiemment posés les uns à côté des autres par des endormis qui croient que l’immuable monde s’est arrêté de respirer.

De la vie ! Il faut mettre de la vie dans ce mastodonte endormi. Il faut mettre de l’envie aussi, de l’ambition dans cette baudruche. Nos jeunes se croisent, se fréquentent et parfois s’aiment chez l’ami Erasmus. Ils sont bien plus européens que nous, mais que doivent-ils penser de ce que nous en avons fait ? Rendons-nous compte, de plus en plus de gens désabusés n’espèrent que la quitter. Certains le font, même s’ils se rendent compte que ce n’est pas aussi simple qu’ils l’avaient imaginé. A moins qu’ils n’aient imaginé que le seul fait de lui dire adieu allait tout résoudre. Hé les gars, ouvrez les yeux !

Nous sommes confinés, qu’avons-nous à faire de l’Europe, me direz-vous ? C’est vrai, il y a des choses plus importantes, ou plus prioritaires, ou les deux. Mais justement, a-t-elle apporté satisfaction, s’est-elle montrée à la hauteur de la présente pandémie ? Elle déverse du pognon, dont on ne sait absolument pas où il va aller d’ailleurs. Pour le reste, chacun de ses pays est livré à lui-même. Comme dirait Garcimore, encore raté !

Pourtant je l’aime, cette idée que nos anciens ont eu, au sortir d’une guerre générée par la folie d’un homme, l’idée de réconcilier les peuples et de souder les états afin que plus jamais une telle horreur ne se reproduise. Cela n’a pas été simple, mais ils ont réussi. Ils seraient bien tristes de voir ce que nous en avons fait.

Espérons un réveil de la belle endormie ! Avant que nous nous endormions à notre tour.

Bonne troisième semaine les confiné(e)s !