Il y a peu j’ai publié un article sur les odeurs. Je n’aurais pas mis un kopeck dessus, n’étant absolument certain de sa réussite et il se trouve que c’est celui que vous avez le plus commenté.
J’y reviens en m’interrogeant sur ces traces d’odeurs, ces fantômes d’odeurs dont nous ne revient que le souvenir qu’ils ont existé, l’impression qu’ils ont laissé, sans que notre cerveau ne parvienne à en retrouver la précision ni la nature, ni la composition précise.
Comme pour le mot que l’on a sur le bout de la langue sans le retrouver, notre cerveau défaille. Il sait que l’information existe quelque part sans en retrouver le chemin.
Dans ce cas, inutile de se braquer. Il faut au contraire se détendre. Il y a de fortes chances que notre cerveau retrouve correctement l’information, dans les minutes suivantes. Mais si l’on se braque, c’est mort…
Cela m’arrive souvent d’être envahi par un fantôme d’odeur. La dernière fois, j’ai mis plusieurs minutes pour identifier une odeur d’herbe aromatique. C’était l’odeur de la coriandre que Sylvie avait ciselé pour recouvrir les morceaux de poulet.
Mon traitement dénature totalement le sens du goût. Tout me parait fade. Une viande blanche comme le poulet doit être parfumé pour que j’avale avec bonheur. Sinon, au bout de quelques bouchées, je mâche de longues minutes avant de pouvoir avaler, signe de l’écoeurement qui me fait arrêter de manger.
Donc, lorsque j’arrivais dans la cuisine ce jour-là, le parfum de coriandre flottait dans l’air. J’identifiais seulement qu’il s’agissait d’une herbe, verte, mais impossible de mettre le doigt dessus, si j’ose dire.
Souvent, pour contourner la fadeur, je poivre le plat de manière déraisonnable. Mais j’aime bien. J’aimerais tant pouvoir mettre du piment, que j’adore, mais ma bouche ne le supporte plus. Pour résumer, je ne supporte pas ce qui est trop fort, ni ce qui est trop fade. Et pour couronner le tout, les odeurs m’échappent.
Sinon, ça va. Et vous ? Je ne voulais pas m’en aller sans vous gratifier d’un haïku, une sorte de bonbec.
Goût de l’amour
Goût de ton été
Sur le bout de ma langue
C’est bon mon amourHaïku – Régis Vignon – 8 novembre 2020
N’avez-vous jamais eu envie de pouvoir capturer une odeur comme on capture un paysage avec son appareil pour en faire profiter ses amis sur Facebook par exemple ? Avoir un appareil à odeurs pour cela, qui numériserait les parfums pour les envoyer à l’autre bout de la terre où votre ami(e) utiliserait le même boitier pour recomposer le parfum et en profiter. Ça fait rêver…
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