Maux & Cris

Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

Ce soir, lorsque les ombres des meules s’allongent, j’ai vu celle d’un tout petit arbre s’étirer et se grandir jusqu’à l’autre bout du champ. J’ai vu les oiseaux se ranger sur les fils aériens.

Ils savent que le compteur d’oiseaux va passer, qu’il a beaucoup de travail et peu de temps pour faire le relevé avant que l’obscurité ne dévore tout. Les oiseaux lui facilitent donc la vie et se rangent dans bruit.

Le matin, il est le premier sur place pour faire l’appel des zélés trublions ailés. Ils sont maladivement désordonnés et désobéissants, totalement incapables de se reposer à la même place où le compteur les a repéré quelques heures avant. Les petits facétieux n’ont de cesse à fausser sa patience et sa méthode, ils sautillent de gauche à droite, font du saute-oiseau, plient les pattes, puis les étirent pour se grandir.

Jamais le compteur ne se trouble, ni se fâche, mais use d’arguments drôles, parfois limites « Tiens, sais-tu que le chat m’a dit être affamé, et que sa gourmandise est de croquer un piaf ? » ou « Si tu ne t’arrêtes pas, je te retire de la liste et là je ne pourrais plus rien pour toi si tu manques à l’appel » ou encore « Mais comme il est gentiment dodu ce volatile ! » pour arriver à ses fins.

Quand le décompte est fini, les oiseaux s’envolent dans un grand piaillement. Une fois le dernier bruit effacé, le compteur n’est plus là.

Le compteur d’oiseaux se voit peu, il n’existe que là où les collines bleuissent sous le rose du ciel, lorsque la lune croise le soleil en lui volant sa lumière.

5 réflexions sur “Le compteur d’oiseaux

  1. Maux&Cris dit :

    A reblogué ceci sur Maux & Criset a ajouté:

    Imaginez il y a deux ans, je descendais à Amplepuis, comme aujourd’hui. Sur la route je voyais ces oiseaux bien rangés sur leur fil…

    Aujourd’hui, la lumière était sublime, qui embrasait les couleurs de l’automne. Les verts allaient de la sombritude déprimante au vert anis super dynamique. Le ciel ? D’un bleu de fou à cinquante nuances de gris. Les rouges ? Du jaune clair au marron en passant, non pas par la Lorraine, mais par le rouge vif.

    Les lumières étaient polarisées, les paysages magnifiés grand format. Même le plat le plus déprimant en devenait presque beau pour peu qu’un arbre bruisse dedans.

    Et le vent ? Un vent de dingue. Qui animait les feuilles qui tournicotaient et transformaient la lumière pour faire un tableau vivant, palpitant.

    Aujourd’hui les oiseaux ne faisaient pas les malins…

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  2. ID de femmes dit :

    Comme c’est poétique. J’ai aussitôt pensé à ce film qui avait soulevé en moi une grande émotion : le peuple migrateur, de Jacques Perrin. Merci.

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    1. Maux&Cris dit :

      Oui c’était un joli film. Merci Renée pour tes gentilles remarques. Je suis à Amplepuis jusqu’à samedi. Coucou de pas très loin.
      Bises,
      Régis

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  3. ID de femmes dit :

    Oui, coucou de pas très loin! Bon séjour. Bises.

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.

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