Maux & Cris

Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

Depuis un peu plus de dix ans, la vie m’a un peu chahuté et je me trouve dans une quasi impossibilité de faire du sport. Je ne vais pas vous raconter des carabistouilles, je n’ai jamais été un grand sportif, mais j’ai presque tout le temps pratiqué et aimé le sport. Courir, faire du vélo, tennis de table, roller, jeu à 13, basket-ball, natation, un peu de voile.

Jeune, avec mon ami Caco (prénom Hervé, surnom hérité du temps où il était dans le ventre de sa mère; caco = oeuf), nous passions notre temps à jouer au tennis de table, à faire du vélo ou à aller sur le terrain de basket avec un ballon. A cette époque, j’ai fait un peu de compétition de tennis de table. Running-gag domestique : Lola et Sylvie me disent « ouais, t’as joué au ping-pong quoi !« . Et moi de ressortir le slogan de l’époque dont certains se souviendront peut-être « Ping-pong jeu de masse, Tennis de table sport d’élite ». En regardant un match de Tennis de table pendant les JO, j’ai d’ailleurs entendu le commentateur dire « Nous regardons du tennis de table, le ping-pong n’est qu’un jeu de camping. ». Et Bim !

Pendant une année de pension à Roanne, qui avait à l’époque une équipe de jeu à 13 (maintenant on peut dire rugby à 13, mais à l’époque les quinzistes voulaient garder le terme rugby pour eux.) en National 1, j’ai participé en cadet à l’équipe de 13 de l’école comme deuxième ligne. J’étais plutôt grand avec mon mètre soixante dix neuf et je courais pas mal. Par contre, j’étais si peu épais que je pouvais raser les murs sans décoller le papier peint. Soixante-trois kilos tout mouillé. Pas vraiment le gabarit rugbyman.

Nous avons gagné quelques matchs. Je me souviens de l’un d’entre eux où les gars d’en face étaient complètement pétés (ça puait la mauvaise vinasse sous la mêlée, et nous leur avions infligé une méchante punition {44-0 ou quelque chose comme cela}). Un jour, l’entraineur (maintenant on dirait le coach…) m’a fait jouer pilier. Face à moi, j’avais des mastards courts sur pattes avec un cou de taureau et des oreilles déjà bien déglinguées. En entrée en mêlée, j’ai entendu mes vertèbres craquer. J’ai arrêté le 13 avant de finir sur une civière, voire hémiplégique.

Beaucoup plus tard, nous habitions à Fontenay-Aux-Roses. Chaque matin, je me lever une heure plus tôt que nécessaire pour aller faire une heure de roller sur la coulée verte. Cela me donnait une pêche phénoménale au boulot. Le dimanche matin j’avais mon bonus. J’allais en voiture plus près de Paris vers 7h00 du matin. Je chaussais et me baladai en roller dans Paris pendant deux heures. Tôt le dimanche matin, Paris est désert et on peut rouler sur la route. Quel pied de monter et descendre les Champs sur le large trottoir vide. Juste se méfier des arrosages matinaux. Bitume mouillé = glissade.

Quel plaisir de glisser dans un Paris calme et sans bruit. Une année, j’avais été l’un des premiers à fouler les quais de la Seine pour l’ouverture du Paris-Plage. Il fallait se méfier des joints de dilatation, je l’ai appris à mes dépens en réalisant un superbe soleil sur l’un d’entre eux. Une dame qui marchait là est venue me demander « ça va monsieur ? J’ai eu peur pour vous ! ». « Moi aussi, madame, moi aussi… ». J’avais toutes les protections requises. Cela ne m’a pas empêché de me retourner le pouce, devenu tout bleu en quelques heures…

J’ai gardé de ces courts épisodes sportifs, le souvenir de l’ambiance compétition, avec la volonté de bien faire, l’espoir de gagner, la tristesse quand ce n’est pas le cas et l’euphorie quand c’est le cas, la solidarité entre joueurs et l’entrainement où on apprend et on répète les gestes… J’aimais cela…

Alors, quand je vois les compétiteurs phénoménaux disputant les Jeux Olympiques, je suis ému, attentif et plein de respect. Ces sportifs du plus haut niveau ont tellement sacrifié pour pratiquer leur sport et mériter de participer un jour à cet événement incroyable.

Du coup les émotions qu’ils prennent sont gigantesques. Celles et ceux qui ont suivi ces JO savent de quoi je parle.

Les pleurs de ceux qui ont perdu sont si forts que certains se cachent sous leur serviette. Certains, victime d’une décision arbitrale arbitraire, ne décolèrent pas. Les bonds de joie, la gigantesque banane et parfois les pleurs surgissent aussi après la victoire. Ces émotions sont si fortes que nous les ressentons vivement devant notre écran.

Le climax ce sont les sports collectifs : judo, épéistes, handball, basket, volleyball. La volonté est commune, les joueurs sont ensembles depuis pas mal de temps pour préparer les jeux. On sent une entraide, une entente une amitié de folie. Ces joueurs sont liés à vie après ce qu’ils ont traversé. Des cris, des sauts de joie, des embrassades, cela donne profondément envie de vivre ce genre d’émotion…

Deux exemples de ce qui nous a fait vibrer :

https://www.france.tv/sport/les-jeux-olympiques/2670707-teddy-riner-la-quete.html

https://www.france.tv/sport/les-jeux-olympiques/2606367-handball-match-pour-l-or-f.html

Qu’ils soient toutes et tous remercié(e)s dix mille fois pour leur engagement et l’exemple qu’ils donnent à notre jeunesse. Oui, on peut faire du sport, y prendre du plaisir et gagner. Un gros cœur à elles et à eux.


20 réflexions sur “Le sport, un toboggan émotionnel

  1. Bel hommage rendu aux sportifs de haut niveau, au travers de ton expérience personnelle, Régis.
    Bonne journée, à toi. 🙂

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonne journée Jean-Louis.
      Elles et ils m’ont fait vibrer ces champion(ne)s…

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    2. Oui, cela se perçoit dans ton billet !

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  2. gerardleplessis dit :

    Concernant le sport, dans un premier temps, on parvient à progresser puis après la tendance s’inverse …..
    Belle soirée Régis
    Gérard

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    1. Maux&Cris dit :

      Oui, c’est bien vrai !
      Belle soirée Gérard,
      Régis

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  3. je ne suis pas très sport et pas sport de haut niveau à fortiori mais tu en parles tellement bien !

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    1. Maux&Cris dit :

      Mais tu sais, je ne regarde que rarement le sport à la télé. Je ne suis vraiment fan que de F1.
      Mais les JO, c’est un événement particulier. Ça me captive.
      Merci et belle fin de journée.

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  4. francefougere dit :

    Ce que j’ai aimé le badmington – entr’autres, et il est devenu un sport de compétition !
    Merci pour ton très bel article – Bravo à toi 🙂

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    1. Maux&Cris dit :

      Merci France. 🤗

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  5. ugetse dit :

    Je ne regarde pas les sports, mais j’apprécie ton hommage aux athlètes et leurs efforts surhumains.

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    1. Maux&Cris dit :

      Merci pour ton passage.

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  6. ID de femmes dit :

    Beau ton hommage, et nous avons ainsi l’occasion d’en apprendre plus sur toi-même. L’instant rugby évoquait des images de matchs célèbres de la belle époque des Spanghero et autres. Merci Régis. Bises.

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    1. Maux&Cris dit :

      Belle journée Renée.
      Bises

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  7. Bibliofeel dit :

    Que je partage ton point de vue ! Perso je n’oublierai jamais la joie des volleyeurs après leur victoire face à une équipe russe au top. Le foot dans les clubs surchauffés au fric ne pourra jamais donner autant d’émotions. Les JO portent encore des valeurs universelles ouvrant sur des possibles mobilisateurs pour nous tous.

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    1. Maux&Cris dit :

      Tout à fait ! La force du collectif et des individus pointus et chauffés à blanc au service du collectif…
      Belle journée,
      Régis

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  8. Vève dit :

    Quel beau billet, ami Régis – navrée, je te lis avec beaucoup de retard.
    Je te rejoins complètement dans ton admiration pour les sportifs de haut niveau, ces remerciements que tu leur adresse pour ces moments de grande émotion qu’ils nous ont offerts durant les J.O., cette complicité qui unit ceux qui pratiquent un sport d’équipe, parce qu’ils sont prêts à tout au nom du dépassement collectif, de la camaraderie. C’est palpable! (tu dis cela beaucoup plus joliment que moi). 😊
    Les prestations de Teddy Riner et de toute l’équipe de judokas français m’ont coupé le souffle!
    Pour ma part, je suis très, très sport – course à pied, natation, vélo, ski nordique – depuis près de 40 ans, que du sport individuel, mais je comprends et ressens l’effort du dépassement, la force nécessaire pour tenir jusqu’au fil d’arrivée, et la douleur de l’inaccomplissement, ou la terrifiante réalité d’une nanoseconde qui annule des années d’engagement, d’entraînement et de sacrifices. Le corps humain est une fabuleuse « machine ».
    Prends grand soin de toi, et merci encore pour ce billet. ✨❣️

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonjour Vève,

      Ce que tu me dis conforme une impression que j’avais eu en regardant ta photo. Tu es affutée. Tu fais des sports d’endurance, où il faut des muscles longs efficaces plus que puissants.

      Pour reprendre le judo par équipe, il y avait un suspens terrible, ce fut incroyable. Un de mes moments préférés aussi.

      Je suis heureux que tu fasses beaucoup de sport. C’est bon pour la tête aussi. On est tellement bien après. Je regrette tellement ne plus pouvoir m’y adonner.

      Belle semaine Vève,
      Prends soin de toi.

      À bientôt, bises

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    2. Vève dit :

      Régis, bonjour!
      Le sport est ma soupape de sécurité, ma bouée, mon aérateur… il m’a sauvé dans les grandes épreuves de la vie – je ne les nommerai pas, on a chacun son abécédaire, et ce n’est pas un concours -, me comble encore aujourd’hui de ses bienfaits. Combien de fois suis-je partie courir, skier, nager, le cœur en rase-mottes ou la tête en tire-bouchon pour rentrer bien forte sur mes deux jambes, et le menton relevé…
      Je comprends ce que cela signifie pour toi que tu ne puisses plus t’y adonner, physiquement s’entend, car de cœur et d’âme tu cours le marathon. Tes billets sont souvent des joyaux, je sens toute l’ardeur de l’homme de vie que tu es dans les mots que tu m’adresses. Courage! Je sais que tu n’en manques pas, mais mon souhait est là au besoin.
      Belle semaine à toi aussi, Régis.
      À la joie de te lire bientôt.
      Je t’embrasse!

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    3. Maux&Cris dit :

      C’est beau comme tu parles des bienfaits que te procure le sport ! Puisse-tu garder ce menton bien relevé face aux cahots que la vie s’ingénie à glisser sous nos pas.
      A plus tard,
      Bises

      Aimé par 1 personne

  9. Tous les sports ne me font pas vibrer de la même manière mais j’admire beaucoup la force de caractère, le courage et la persévérance des athlètes en général. Les Marathoniens, par exemple, sont à mes yeux des héros incroyables. Bonne journée Régis !

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Pauline Thullier-Girard

Écrivain, réalisatrice, agent

Deambulations terrestres

"Je me rapproche à deux pas, elle s'éloigne à deux pas. Je chemine à dix pas de l'horizon et l'horizon s'enfuit dix pas plus loin. Pour autant que je chemine, jamais je ne l'atteindrai. A quoi sert l'Utopie? Elle sert à cela: cheminer." Eduardo Galeano, poète uruguayen

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