Maux & Cris

Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

14/4/2020

Je te fiche mon billet que je m’évade…

Toute chose étant intimement liée à son complément, le Yin est indissociable du Yang, le noir flirte avec le blanc comme le jour n’existerait pas sans la nuit, la notions de confinement, ou d’enfermement, recèle en son sein l’idée d’évasion. Il suffit d’être enfermé malgré soi pour avoir une envie folle de s’évader alors que l’ermite supportera l’enfermement dans sa souhaitée solitude.

Une amie me faisait part de son envie de pouvoir simplement s‘asseoir à une terrasse de café et regarder les piétons déambuler. Un ami regrettait de ne pas pouvoir marcher des heures durant dans Paris comme il aimait tant le faire avant. Vous noterez qu’il n’est plus nécessaire de dire avant quoi, nous savons tous compléter l’idée sans avoir besoin de le formuler. Peut-être qu’un jour on dira « Si, tu sais bien, c’était 15 ans avant » ou « En l’année 1500 après le confinement… ». Cela voudrait dire que la force de l’actuelle pandémie l’aurait fait élever au rang de référence historique. Ne le souhaitons pas.

Nombre d’amis musiciens ne rêvent que d’une chose, c’est de pouvoir jouer ensemble et vivre ces moments privilégiés où les connexions se font entre humains sans qu’il soit besoin de parler. Une forme d’harmonie, non seulement musicale et composée des accords à jouer, mais surtout humaine. Ils rêvent aussi de pouvoir jouer sur scène. Notons l’abus de langage, car si nous disons jouer de la musique, il s’agit bien de travailler. Le terme jouer est trompeur. Alors que quelqu’un qui a le nez en trompette n’en jouera pas forcément.

Quelle est notre évasion rêvée ? Pour ma part, elle est faite à cinquante pour cent des balades que je me ferai avec la vieille petite moto que je vais racheter à un ami après (après quoi ? vous le savez bien…), de la vibration du moteur et de l’asphalte qui va défiler sous moi, de la sensation de liberté à se retrouver seul au milieu du paysage sur mon terrible engin…

Les cinquante pour cent restant, plus important que les cinquante premiers, se cristalliseront sur les repas que je vais rattraper avec mes amis. Un moment de convivialité avec des amis, juste être ensemble, quoi de mieux ? Ma vraie évasion comblera le manque ressenti maintenant.

Si seulement la principale leçon de ce satané confinement pouvait être de resserrer les liens entre les gens !

Mesdames et messieurs confiné(e)s, je vous souhaite une bonne journée !

15/4/2020

Je te fiche mon billet que je trouve un dentiste…

…surtout qu’il y a intérêt, vu que je suis au max de la dose de Paracétromol et que, par moment, ce n’est pas la fête dans ma bouche. A propos, tu as vu la pub « Et oui, après une nuit agitée dans la gorge d’Alice » ? Tu penses comme moi ? C’est profondément coquin, non ? Sacré Alice…

Mon dernier dentiste date du temps où j’étais actif, lorsque je contribuais activement à la richesse nationale, avant de devenir le retraité que je suis. C’était une superbe jeune femme installée à Suresnes. Je t’assure que je n’allais pas chez le dentiste en traînant des pieds. Son assistante, aussi agréable, avait réussi à me blesser, je ne sais pas comment, une micro sieste peut-être, et paf ! son petit instrument suceur m’avait défoncé la gencive. Je me souviens que ni elle, ni la dentiste n’avait relevé quoi que ce soit à ce sujet, comme s’il ne s’était rien passé. C’était le dernier soin. Son devis, long comme un jour sans pain, m’aurait coûté deux mois de salaire pour me doter d’un sourire de télévision. Il est bêtement tomber par mégarde dans la poubelle et mon sourire de radio est resté le même, ce qui me va très bien.

Bref, me voilà à chercher un dentiste à Vernon. Comme tu le sais, il y a les avis Google que tu ne peux pas t’empêcher de lire. L’un d’entre eux a peu d’avis mais tous favorables. Sauf un qui explique qu’il faut être cinglé pour aller chez lui. Next. Un autre parle anglais, roumain et allemand. Et Français, c’est possible aussi ? Je ne suis pas xénophobe mais si on pouvait parler de mes dents de manière à bien se comprendre ! Il est 16h28 et il ferme à 16h30. Next. J’en trouve un autre, avis corrects sauf un. Tu as remarqué ? Même pour un endroit où tout le monde s’accorde à dire que c’est top, il y a toujours celui qui lâche des horreurs pour te mettre le doute, et c’est celui-là que tu vas entendre. Un râleur ça s’entend plus que plein de gens contents…. Une loi de la physique peut-être !

Le répondeur du dentiste suivant m’explique qu’il est fermé rapport au Covid-19 mais qu’il y a une permanence téléphonique le matin. Bon je verrai demain. Et ça me rappelle le safari MG que j’ai fait il y a quelques années lorsque ma chère docteure généraliste nous a quitté pour partir à Papeete avec son mari. Quand on connait Papeete, on comprend, mais j’ai eu du mal à trouver un médecin « référent ». Galérer pour trouver un MG était devenu la norme.

« Something is rotten in the state of Denmark » a dit Shakespeare ! En attendant, pourvu d’un stock de Paracétromol soit suffisant, je reporte ma quête à demain matin, c’est-à-dire tout à l’heure.

J’oubliais un moment de gêne hier après-midi. Je suis à la pharmacie pour refaire mon stock de drogues, debout devant le comptoir et je tente de baisser le zip de mon blouson. Rien à faire. Coincé le zip. Il monte, mais ne descend plus. Il me faudrait attraper mon ordonnance et ma carte vitale, mais je ne peux pas. La pharmacienne me prend en pitié, s’approche masquée et arrive à faire entendre raison au zip rebelle. Un moment de solitude…

Mesdames et messieurs confiné(e)s, je vous souhaite une bonne journée pleine de sourires !

16/4/2020

Je te fiche mon billet que je m’évade encore …

Sous un ciel noyé de bleu

Je nageai après une tortue

Deux coups de pattes et

M’accrochai à son dos

Sous le tout bleu elle m’emmena

De nerveuse est devenue

Docile puis douce

Nos mouvements unis nous

Propulsèrent loin devant

Impossiblement heureux

Le soir nous a déposé

Près du rivage

J’aurais juré la voir

Cligner de l’œil avant

D’oublier doucement

Mon ilienne solitude

Une accalmie entre

Deux bourrasques

Apaisait le ciel

Et reposait mes tempes

Tout était noir dans ma vie

Mais je buvais des blue notes

Avec la tortue amie

Suite et presque fin de l’épisode dentaire. J’appelais hier matin le dentiste. Prise d’informations, blabla, il me dit qu’il appelait la régul et lui transférait les infos. C’est elle qui allait décider si mon cas nécessiterait une intervention ou pas.

La régul m’appelle, blabla, je vais vous donner des antibiotiques, quelque chose pour la douleur et des bains de bouche. Euh, non ! Le médicament anticancer me défonce la bouche, et les bains de bouche c’est niet ! Je vous envoie l’ordonnance par mail et si vous avez encore mal dans quatre jours, vous rappelez.

Back à la pharmacie. Coucou c’est encore moi. Pas d’Alice. Pas de zip qui se coince. Je repars avec les médicaments. L’antibiotique a un portefeuille d’effets secondaires presque aussi copieux que le médoc anticancer. Les jours à venir peuvent être chaotiques, mais ce n’est pas sûr.

Comme d’habitude, prendre les choses comme elle viennent, sans fantasmer.

Ch(ère)(er) toi, je te souhaite une journée en couleurs !

17/4/2020

Je te fiche mon billet que l’amitié…

Hier, j’ai fait de la télé amitié, via WhatsApp, avec mes deux potes musiciens Denis et Jean-Claude. Cinq ans que nous ne nous étions pas « vus » ensemble, après avoir passé 10 ans à se voir chaque semaine pour faire de la musique, la nôtre en plus, précédé par un repas où nous nous racontions un peu de nos histoires de vie et surtout des monceaux de conneries, blagues et autres jeux de mots plus ou moins foireux, mais qui nous ont fait marrer tout ce temps. Nul doute que c’est une thérapie salutaire, au moins aussi efficace et beaucoup moins onéreuse que de s’allonger sur un divan pour raconter ses misères à un professionnel. Une forme de sur entraînement pour les zygomatiques.

Nous avons pris rendez-vous pour une virée ensemble, on ne sait pas encore où, dès la fin du présent confinement. Voilà le genre de bienfait de la période actuelle. Déstabilisés par un mode de vie à frontières proches, qui nous oblige à tourner en rond dans un petit espace, nous voilà en train de chercher des amitiés un peu plus lointaines.

J’observe et le constat saute aux yeux. Entre les groupes destinés à poster du beau (musique, photo, textes…) et ceux qui semblent orientés apéro mais qui ne sont en fait qu’un moyen de créer et garder du lien, tout est fait pour que les gens se croisent, se saluent, échangent de la culture et de l’amitié avec, pour seule contrepartie, le simple fait d’être ensemble.

On dirait que l’humanité reprend vie. Tout d’un coup elle arrête de consommer comme une folle, consommer des biens, du temps, de l’énergie pour être juste un peu plus frustrée. Après le choc, l’hébétude, elle reprend goût à elle-même. Je sais, je fais de l’angélisme et je plane dans l’utopie… et pourtant !

Mais pendant ce temps de dures nouvelles tombent en rafale. Lee Konitz et Christophe ont été terrassés par Covid-19. On a tellement besoin les uns des autres.

Prends soin de toi et des autres mon ami(e) !

18/4/2020

Je te fiche mon billet que j’écoute une merveille …

Du Coltrane arrangé par Lionel Belmondo / Christophe Dal Sasso et joué par un big band de folie. Se frotter à Coltrane, c’est chaud comme la braise, un peu comme monter l’Everest en tongue, aller surfer Nazaré la clope au bec avec la perche à selfie dans l’autre main. Attend, j’en ai un autre. Ou comme aller boxer Tyson et commencer par lui administrer un traitement à base de coup de pied dans les couilles. Je ne suis pas très sûr de l’image, pourvu que Tyson ne lise pas le Français, sinon c’est direct l’ISS, déguisé en Thomas Pesquet. Pour résumer, se frotter à Coltrane c’est un truc qui peut t’envoyer directement et pour longtemps dans les geôles des gardiens de l’orthodoxie Coltranienne.

C’est là que je suis comme un con, c’est ultra jouissif à écouter mais je ne suis pas vraiment armé pour le décrire. Ce billet se veut être juste une déclaration d’amour. Pas plus.

L’harmonie du quartet est là, multipliée, magnifiée et jamais trahie. Les arrangements sont riches et variés. Les interventions sont développées. Coltrane est dans chaque note de chaque accord et dans chaque ligne mélodique. D’ailleurs Libération ne s’y est pas trompé : «« Mon Dieu, quelle merveille de prestation ! John Coltrane méritait que son chef-d’œuvre A Love Supreme (1964) soit revisité avec panache. (…) L’interprétation en grande formation impulse une dimension nouvelle à la carrure de Coltrane. Si ce dernier avait pu assister à cette version valorisante de son œuvre, il aurait certainement applaudi avec le public enivré… A tout rompre. Pendant dix minutes. » — Bruno Pfeiffer »

Je m’autorise juste un exemple. Prenons la fin de Resolution, après la dernière exposition du thème par Coltrane. Elvin Jones fait un roulement sur la caisse claire en augmentant le volume, laisse une petite dépression, comme un tout petit trou d’air, glisse un pied, McCoy Tyner égrène son accord et Garrison pose la note finale bien ronde qui résout et nous redépose au sol.

Dans la version Belmondo / Dal Sasso, le roulement de batterie se transforme en solo de batterie qui ferme seul le morceau. On se dit que c’est vraiment différent. Oui, mais c’est là que l’arrangement par le duo et le traitement par les instrumentistes est remarquable. Du début à la fin, l’esprit de Coltrane est présent, sans cesse respecté. Les chorus sont éminemment Coltraniens, dans la recherche systématique d’au-delà, un besoin de pousser les limites de son savoir, mais la mélodie et le chant Coltranien restent toujours présents, guidant de part et d’autre les musiciens aventuriers mais immensément respectueux.

Tous ces musiciens listés ci-après sont merveilleux. Ecoutez-les. Un jour, lorsque ce confinement ne sera plus qu’un souvenir, allez les voir jouer sur scène, c’est là que tout se passe.

Line-up : Stéphane Belmondo, Erick Poirier, Laurent Agnès (trompette), Merrill Jerome Edwards (trombone), François Christin (cor), Bastien Stil (tuba), Dominique Mandin (sax alto), Lionel Belmondo, Sophie Alour, Guillaume Naturel (sax ténor, clarinette ou flûte), Laurent Fickelson (piano), Clovis Nicolas (contrebasse), Philippe Soirat ou Dre Pallemaerts (batterie), Christophe Dal Sasso (arrangement, direction), Allonymous (voix).

J’ai récupéré ce line-up sur le site Jazz&People.

En préparant ce billet, je découvre que Lionel Belmondo, rencontré grâce à mon ami Cyril Rivette, merci mon cher Cyril, a entre autres enseigné au conservatoire du 9ème, le fameux conservatoire Nadia et Lilly Boulanger. Coïncidence ! Après avoir travaillé la guitare avec le merveilleux Michel Perez, et l’harmonie avec le regretté Bernard Maury, j’ai suivi ce dernier lorsqu’il a créé le Département Jazz au Conservatoire Nadia et Lilly Boulanger en 1994 et 95. Plus tard, Bernard Maury participera à la création de la Bill Evans Piano Academy. Dans ce cadre je me souviens d’une fabuleuse master-class de Michel Petrucciani, de l’humanité et de l’humour dont il avait fait preuve vis-à-vis des élèves, dont certains étaient déjà très accomplis.

Christophe Dal Sasso m’a fait le plaisir de me permettre d’assister à la captation de « The Palmer Suite », une création commandée par le fameux Chateau Palmer, éminent Margaux, 3ème grand cru au classement de 1855, encore grâce à l’entremise de mon ami Cyril.

Mes ami(e)s écoutez de la belle musique. Elle vous recentrera l’âme et fera disparaître quelques temps la lourdeur du présent confinement. Pensez à ces musiciens qui ne peuvent pas travailler en ce moment, comme au personnel de santé qui, à l’inverse, est sollicité à 300%.

https://www.deezer.com/album/7530306?utm_source=deezer&utm_content=album-7530306&utm_term=4629757_1587141652&utm_medium=web

19/4/2020

Je te fiche mon billet que la vie…

Le pain au levain de Sylvie vient de sortir du four. Lui ronronne encore et la bonne odeur gourmande envahit la maison. J’imagine le pot de pâté ou de rillettes à côté du récipient de pickles de betterave maison. A moins qu’on ait fini les pickles hier soir. Tiens, du coup je vais aller ouvrir une bouteille, histoire de parfaire le moment. Je n’ai pas vu Charlie (enfant félin de la famille) depuis un bon moment. Doit être en train de squatter notre lit.

Tout à l’heure je suis tombé sur une vidéo d’Antoine Boyer, brillantissime jeune guitariste autant à l’aise dans le classique que dans le jazz, manouche ou pas. Il a posté début avril « Waltz for Angelo », un morceau composé en hommage à Angelo Debarre. Le morceau est très beau, loin d’être simple. Pour 6$ tu te payes la partition sur Soundslice et t’offres ainsi des heures de travail et de plaisir. 244 mesures à 220 à la noire pour 3 minutes 22. De longues heures à passer avec la guitare.

Je lance mon jeu de course automobile. Grand prix de France. Par chance le eSport vit encore. La dernière course, au Canada, j’ai été merdique tout du long. Pourtant le circuit est assez facile. J’avais loadé des réglages du serveur. Du coup pour le grand prix de France, j’ai repris des réglages plus « standard ». Bizarrement ça va beaucoup mieux. Je me fais engueuler par l’ingénieur qui me dit que je tire trop sur la boite. Je me fais les practices, beau temps. Je gagne les challenges (piste, ERS, essence, pneus, vitesse) et finis premier. La séance de qualification arrive. Et vlan c’est le déluge. Il pleut à torrent, la visibilité est réduite. Il faut changer les réglages, monter un réglage intermédiaire qui accroche à la piste, quitte à perdre en vitesse. Je fais mon tour. Ça me rappelle le karting avec Paul sous des trombes d’eau. Du coup je suis plus à l’aise. Je serai 6ème sur la grille de départ. La course sera pour un autre jour.

Houlà, ça bouge sur Facebook ! Il faut que je mette mon grain de sel. Je ne peux pas les laisser seuls, ils n’arrêtent pas. Beaucoup de personnes adorent l’album dont je parlais hier matin. Certain(e)s l’ont découvert grâce à moi. Je suis heureux. C’est ce que j’espérais.

Un coup d’œil par la fenêtre, les lilas roses d’Odile et Véronique sont au rendez-vous. Le ciel est divisé en bleu clair et gris clair lumineux par une ligne droite. J’adore le rose sur fond bleu. J’attrape le Pentax et sort. Quasiment impossible d’aligner lilas et ciel bleu. Je me déplace, pas mieux. Le gris est lisse, aucun intérêt. Il tombe une grosse goutte sur ma main. J’essaye de faire un bokeh sur une haute touffe de lilas. Pas terrible. D’autres grosses gouttes. Mon Pentax n’est pas tropicalisé, moi non plus. Je rentre.

Je n’ai pas sorti de bouteille finalement. Le pain de Sylvie est une tuerie. Pas de pâté, pas de rillettes, mais des radis pas trop piquants, du beurre, du sel, un bon bout de pain. What else ?

Minuit, j’attrape la classique. Ça va, elle est accordée. Je commence à taquiner les dissonances. Assez vite quelques accords se mettent en place. Do#min7 et son relatif majeur. Famin11 Si7 Mi7. Lab7 La7 Ré7. Je joue avec les extensions, avec les harmoniques. Plus cela se met en place, plus je me lâche, plus le volume monte. Une fois que c’est en place, je me sens zen, repose la gratte sur son pied, j’éteins la lumière et monte me coucher. De toute façon demain j’aurai oublié.

6h41, Charlie miaule derrière la porte. Je lui ouvre. Elle entre comme une flèche, file à la cuisine, reviens vers moi en miaulant et en me regardant d’un air réprobateur. Tu n’as plus de croquette ma belle, je vais t’arranger ça. Elle monte sur la table, se frotte sur le pot de croquettes. J’en extirpe une dose. Me baisse pour faire glisser les petites billes qui percutent sa gamelle. C’est la valse des mandibules. Faut que je relise mon billet. Quelques petites corrections. Finalement je n’ai pas oublié mes accords de guitare…

Bonne journée toute simple. Evadez-vous ! Je vous embrasse.

20/4/2020

Je te fiche mon billet rampant…

Nous avions déjà eu des orvets derrière la maison, ces inoffensifs et détendus lézards sans patte. J’ai déjà vu un vipéreau débutant, abruti par la chaleur du trottoir, qui s’était glissé dans le logement du portail, en sortir. Je l’avais accompagné jusqu’au mur de la maison. Un jour en rentrant la voiture, j’ai écrasé à mon grand désespoir, et ne l’ai d’ailleurs vu qu’en descendant de voiture, une vipère adulte, restée collée sur la dalle ensuite. Il a fallu de nombreux mois pour que toute trace d’elle disparaisse. Et puis d’autres aussi…

Aujourd’hui, grande première, une vipère aspic derrière la maison. Nous sommes restés en observation mutuelle quelques minutes, puis elle s’en est retournée de son allure sénatoriale, mais en vérifiant que nous ne la suivions pas, vers le chèvrefeuille près de la cabane de jardin, dont le pied est caché dans les herbes.

Tous les habitants de mon village qui sont au pied de la colline du bord de Seine ont régulièrement des vipères dans leur jardin. Cela n’a rien d’inhabituel. Sans rechercher leur présence, je ne les crains pas particulièrement.

J’ai un flip caché, du genre inavouable. L’une d’entre elle entre dans la maison et je marche dessus sans faire exprès. Ça survient surtout les nuits d’été quand il a fait si chaud la journée que la nuit en est alourdie, et que j’arrive aux dernières marches de l’escalier menant au rez-de-chaussée. J’ai beau me raisonner, rien n’y fait. C’est de l’appréhension, une sorte de gêne méfiante, très très loin de la peur panique, et cela ne dure pas, c’est juste stupide.

J’ai une amie arachnophobe, assez fortement visiblement. J’ignore s’il existe une échelle de l’arachnophobie comme il existe l’échelle de Coville pour la force des piments, mais s’il en existait une, elle devrait faire monter le mercure à 10 ou 11 sur 12. Elle m’expliquait avoir une fois trouvé une araignée dans son salon, être immédiatement sortie de la pièce, avoir fermé la porte à clé, puis scotché l’interstice tout autour de la porte, de manière à éviter toute évasion. Il a fallu qu’un chevalier blanc vienne s’occuper de l’araignée pour qu’ elle daigne de nouveau pénétrer dans son salon, des semaines après.

Les reptiles sont des bestioles intéressantes. Une de mes amies, qui me lira peut-être et se reconnaîtra sans doute, les connait bien et les défend. Ils sont détruits bêtement, aveuglément alors qu’ils ont leur place dans l’écosystème. Dans notre coin, nous n’en manquons pas, surtout des vipères, et il n’est pas rare d’en croiser lorsque l’on se promène sur les petits chemins estivaux. J’aurais d’ailleurs marché sur l’une d’entre elles, si les amis avec qui nous étions en train de marcher, ne m’avaient pas alerté, distrait que j’étais par je ne sais plus quoi.

Charlie va peut-être s’occuper de notre nouvel hôte. Certains chats sont plutôt bons chasseurs de vipères, mais ils peuvent aussi se faire mordre, et là c’est le vétérinaire qui a la solution. Il va faire beau demain, peut-être la reverrons-nous, j’aimerais bien l’attraper dans mon Pentax.

Tu sais quoi ? À quoi bon,  tu ne me croiras pas ! Je suis descendu cette nuit, à l’heure où j’allais me coucher il y a quelques années, pas du tout une heure décente pour se lever. Ce foutu mal de dents m’a réveillé à 1h30 du mat’. Et bien lorsque je suis descendu, qu’est-ce que j’ai vu, sur le sol ? C’est incroyable ! J’ose à peine en parler…Tu te dis que ce n’est pas possible un truc pareil ! Quelle coïncidence tout de même ! Il était là…  Sur le sol… il m’attendait… et quand il m’a vu… ben rien parce que… non il n’y avait rien du tout, sinon de quoi vous faire sourire.

Bonne journée les ami(e)s.

2 réflexions sur “Billet double confinement – semaine 5

  1. Merci de ces moments de sourire aux temps du « confit ne ment », Régis.
    Bonne soirée.

    Aimé par 1 personne

    1. Maux&Cris dit :

      Merci Jean-Louis. Bonne soirée.

      Aimé par 1 personne

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