Sortie de crise ?

Demain 8 janvier 2019, à 13h00, j’ai rendez-vous avec l’équipe soignante de Foch qui combat mon cancer avec moi. C’est un rituel trimestriel, précédé par les Scan, Irm, analyses de sang et d’urine qui donneront à mes interlocuteurs les éléments pour décider de la suite.

Je connais leurs sourires, leurs regards, le ton de leur voix, la bienveillance mêlée de professionnalisme dont ils font preuve. Ils connaissent tout de l’histoire de mon cas, ma propension à raconter des conneries pour les faire sourire. J’aime les voir, et j’ai l’arrogance de penser qu’il en est de même pour eux.

Ce rendez-vous se présente donc plutôt bien. Si vous pensiez qu’il en est toujours ainsi, je vais devoir vous détromper. Tous les médecins, même techniquement irréprochables, ne sont pas pour autant de bons communicants. J’ai vécu des rendez-vous avec un autre médecin, dans un autre hôpital, pendant lesquels pas un seul mot, pas un regard n’était échangé. Deux heures et demie d’attente, c’était la norme, et cinq minutes de rencontre pendant lesquelles il regardait les scans et les résultats et terminait par « on se revoit dans trois mois ». Comme si nous n’étions pas là et que tout se réduisait à un échange entre les analyses et lui. Il ne soignait pas des gens mais des cas et uniquement des cas. Sylvie et moi sortions fatigués de l’attente, frustrés et révoltés du non entretien.

Bref, demain nous attendrons au maximum une demie heure, l’entretien durera dix ou quinze minutes d’échanges, de regard dans les yeux et de sourires. Tout est donc favorable à ce que nous nous sentions en confiance.

D’où sort donc cette sensation similaire au trac, comme avant de monter sur scène ? J’ai d’ailleurs écrit une chanson qui s’appelle opportunément « Le trac » que je chantais au début du show de notre groupe Les zUVés, afin d’exorciser ce foutu trac. D’ailleurs, ma tactique fonctionnait très bien. L’idée n’est pas breveté, si certains étaient intéressés…

Et bien, cela s’inscrit dans une histoire longue maintenant de six années, avec des annonces coups de point qui font mal, des annonces caresses qui font du bien, ou juste la continuité qui fait baisser un peu plus les épaules. Pour un exemple d’annonce coup de poing allez voir l’article Le Gaulois.

La dernière fois, le 2 octobre 2018, jour de mon anniversaire, l’annonce a été caressante, tous les indicateurs étant au vert, la dose du médicament ayant été réduite à la baisse. Nous avons gardé en tête la question du Professeur L. à l’Oncologue « ça ne fait pas encore deux ans de traitement ? ». Cela ne les faisait pas, mais les deux années de traitement sont maintenant échus. Les analyses de sang et d’urine semblent bonnes. Nous verrons demain pour les résultats de Scan et d’IRM.

Vous l’avez compris, nous pourrions avoir une bonne nouvelle. Mais l’expérience nous oblige à considérer aussi que l’annonce pourrait être tout autre. Certains se reconnaîtrons… bref, le trac ressenti doit sans doute venir de là, de cette incertitude et surtout de ce qu’elle entraîne.

Voir l’épisode suivant : Réponse de Normand

2 réflexions sur “Sortie de crise ?

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