Maux & Cris

Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

Le sujet est d’importance. On y croise les mots mort, fin de vie, euthanasie, suicide assisté, soins palliatifs, maladie, incurable, souffrance morale et physique. Sans doute d’autres aussi, mais déjà avec ce panel, la charrette est bien chargée.

Dis comme cela, cela ne fait pas « yop la boum », « pouet-pouet », légèreté et pince-fesse. Effectivement, il ne s’agit pas d’étudier la courbure des touillettes en bois de l’Assemblée Nationale, mais de débattre d’un « gros » sujet de société, souvent considéré comme un tabou, du genre que l’on évite copieusement car nous faisant considérer notre propre mort, alors que nous vivons très bien en nous imaginant immortels.

Le seul fait d’en parler nous met mal à l’aise. La survie de l’espèce, la difficulté d’aborder les sujets difficiles, et pire, notre propre mort, nous incitent plus à parler de naissance que d’évoquer notre disparition. Essayez d’imaginer le monde sans vous, vous verrez que cela n’est pas si simple. Cependant, que nous le reconnaissions ou pas, le monde continuera de tourner sur lui-même après notre mort. N’est-ce pas scandaleux ? Et oui, reconnaitre notre insignifiance n’est pas confortable.

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Plusieurs lois ont déjà abordé ce sujet, nous le savons maintenant, apportant des progrès. Mais il faut aller encore plus loin. La loi Leonetti du 22 avril 2005 (Voir M-) interdisait l’acharnement thérapeutique. De quoi s’agit-il ? Lorsqu’un malade est au bout de sa vie, sans aucune possibilité d’amélioration, l’acharnement thérapeutique consiste à continuer à le médiquer pour « traiter » sa maladie.

Il est aisé de comprendre l’inadéquation, la bêtise de s’acharner à soigner un incurable. La loi Leonetti, n’a pas pu aller plus loin que d’arrêter les soins. Ce qui revient à laisser mourir quelqu’un de faim et de soif, tout en le sédatant afin qu’il ne souffre pas. Attention, je ne critique pas cette loi. Je la considère comme une avancée.

Retournons-nous sur ce qu’elle apporte. Sa force a été de raccourcir une fin de vie dans la dépendance, sans solution positive et d’en limiter la souffrance. On se cristallise souvent sur la souffrance physique, qui fait peur, à juste titre. N’oublions pas la souffrance psychique, le désespoir de celui qui sait qu’il va mourir. Nous ne sommes pas tous égaux devant notre mort. Si certains la considèrent avec sérénité, d’autres en ont une peur panique.

Un aménagement a été apporté par la proposition de Loi n° 2512 (dite ClAeys-Leonetti) créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. (Voir H-)

Limiter la durée de ces souffrances est une bonne chose. Et il ne s’agit pas de le faire malgré le patient, mais seulement avec son accord. D’ailleurs, c’est lui qui le demande. Ce point est fondamental afin d’écarter toute dérive.

Je dois revenir sur le terme euthanasie (Voir D-). Initialement, les Grecs l’utilisaient pour désigner une mort douce (eu = bien ; thanatos = mort), naturelle ou facilitée par l’utilisation de calmants ou de stupéfiants. Ce sens a perduré jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Au XIXème siècle, l’eugénisme (Voir C-) a changé la donne. Ce mouvement se base sur un déterminisme biologique, à cheval entre science et morale. Quand la morale s’appuie sur la science, on peut raisonnablement commencer à avoir peur. Vous allez voir…

Photo de Edward Jenner sur Pexels.com

Darwin a développé l’idée que le talent et le génie était transmissible. Ce n’est pas totalement faux si l’on se base sur les lois de la génétique, excepté que les conditions d’apprentissage sont tout autant importantes.

Un enfant doué développera ses capacités intrinsèques s’il bénéficie d’un milieu propice, où la culture est présente, où ses capacités seront stimulées. Le même pourra s’éteindre dans un milieu où l’on ses capacités ne seront pas sollicitées où s’il n’est pas stimulé.

Ce mouvement a donné les pires horreurs du XXème siècle. Le racisme, très redevable au mouvement eugénique, en est un bel exemple. Les nazis ont fait un paquet puant mêlant racisme et eugénisme pour développer leur terrible doctrine avec un objectif : favoriser la race aryenne et éliminer les autres, en mêlant tout ce qui leur semblait « déviant ».

L’utilisation actuelle du mot euthanasie a perdu son sens initial de « bonne mort » et se trouve chargée des millions de morts exterminés en fonction de leur race, leur ethnie ou leur religion. Et alors ?

Les gens qui utilisent ce mot dans le débat de la fin de vie, à la place de l’expression « débat sur la fin de vie » le savent très bien et jouent volontairement dessus en l’utilisant comme repoussoir. D’un autre côté, la proposition de loi soumise à l’assemblée ne parle pas d’euthanasie, c’est également exprès.

Ceux qui parlent d’euthanasie aujourd’hui devrait considérer le sens originel du mot. Ce faisant, ils se rendraient eux-même compte de leur erreur.

Récemment, nous avons entendu des cris d’orfraies poussés sir France Inter par l’archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit (Voir B-). Il affirmait qu’en Belgique, pays où l’euthanasie est autorisée depuis bientôt 20 ans, on ferait euthanasier les enfants autistes. C’est faux et archi-faux. Si une loi de 2014 a effectivement étendu son rayon d’action aux mineurs, les conditions sont bien plus strictes que pour les majeurs. Et les autistes en sont justement exclus.

Notons d’ailleurs que les trois religions monothéistes sont d’accord pour rejeter l’euthanasie active et le suicide assisté, tout en étant d’accord pour développer les soins palliatifs et l’administration d’une assistance spirituelle (Voir I-). Selon eux, le personnel médical devrait même avoir un droit d’objecter pour ne pas appliquer une loi locale (au niveau du pays puisque le droit canon se veut mondial) qui contreviendrait à ses principes personnels.

Christ de Gala – Salvador Dali

Ces religions disent insister sur le droit du patient, mais uniquement dans le sens où il faudrait protéger sa fin « naturelle ».

Quitte d’ailleurs à piétiner la dignité de l’être humain. Celui qui souffre physiquement et moralement, celui-là voudrait abréger son propre calvaire, et ne pourra pas le faire. En prenant un peu de hauteur, la religion protège ses propres principes plus qu’elle ne protège la dignité de ses ouailles.

Quant au droit d’objecter du personnel soignant, si certains pourraient l’accepter moralement dans un contexte privé, cela me parait tout bonnement hors de question dans un domaine public. Il se trouve que la loi est la même pour tous. C’est d’ailleurs l’un des fondements de nos principes républicains, comme dit dans l’article 6 de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 («Art. 6. La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. » (Voir J-) ). Ainsi, aucun personnel soignant ne doit faire intervenir ses principes personnels dans une démarche de soin. Il doit appliquer la loi. Point. Barre.

Notre République est laïque. Que des pratiquants ne souhaitent pas profiter d’une fin de vie digne, c’est leur prérogative et je n’ai rien à objecter a cela. Mais que la religion veuille supplanter la loi républicaine, c’est hors de question.

Logo de la République Française – Licence Wikimedia

A propos, êtes-vous au point sur les concepts utilisés dans ce débat ? Je m’autorise un petit rappel pour les nuls…

Il faut distinguer l’euthanasie passive, l’euthanasie active et le suicide assisté. Certains pays ont autorisé l’un et pas l’autre. La Belgique autorise l’euthanasie active, la Suisse le suicide assisté, la France, seulement l’euthanasie passive.

Euthanasie passive : stopper les soins et laisser mourir. Avec possibilité de sédation. (exemple de la Loi Léonetti)

Euthanasie active : administration d’un produit létal par une tierce personne.

Suicide assisté : auto-administration d’un produit létal préparé par une tierce personne.

Pour ma part, atteint d’un cancer depuis bientôt dix ans et en contact avec quelques personnes dans le même cas, chacun avec nos expériences, parfois semblables mais jamais identiques, nous partageons tou(te)s le même point de vue sans qu’il soit nécessaire d’en discuter. C’est, pour nous, une simple évidence.  

Je suis favorable à l’euthanasie active et au suicide assisté. Il s’agit de ma vie et de ma dignité. Et je n’autorise personne à décider à ma place (Voir G-).

Je dis ici que si ma vie devenait impossible, si je perdais mon autonomie, s’il ne me restait plus qu’une longue (avec un peu de chance… quoique…) glissade vers la mort avec pour seuls compagnons, la souffrance et le désespoir, je souhaiterais pouvoir m’injecter un produit létal, préparé par quelqu’un habilité pour cela.

Aujourd’hui, je serais obligé d’aller en Suisse pour faire cela. Mon pays m’obligerait à aller mourir ailleurs, et j’en ressens tristesse et honte pour lui.

Un sondage Ipsos de 2019 (Voir E-) a identifié que seuls 4% du panel interrogé était opposé à toute euthanasie. Certes, c’est un sondage et la population entière n’a pas été interrogée. La presse l’utilise comme quoi 96% de la population serait pour l’euthanasie.

En fait les résultats sont : 1-les Français devraient avoir la possibilité de disposer d’un droit à l’euthanasie quelles que soient leurs conditions de santé : 36% ; 2-Le droit à l’euthanasie devrait être encadré et possible uniquement en cas de souffrances graves et incurables : 60% ; 3-Il ne devrait pas avoir de droit à l’euthanasie en France : 4% ;4-Ne se prononce pas : 0%

Le panel était constitué de 1004 personnes constituant un échantillon représentatif de la population de plus de 18 ans. Il est également précisé que les résultats sont soumis aux marges d’erreur inhérentes aux lois statistiques.

Un sondage est le fait d’une société privée. Celui-ci a été réalisé pour préparer la 28ème Journée du Livre Politique (Voir K-), dans le cadre de l’Assemblée Nationale, qui se déroula me 30 mars 2019. Je vous encourage à le feuilleter. Vous y trouverez pas mal d’informations intéressantes.

Sur des gros sujets de sociétés comme celui-là, interrogeons toute la population avec des questions claires et simples. Ne laissons pas une minorité bloquer le progrès de notre société. Les projets de lois, sur les gros sujets de sociétés, devraient suivre l’avis des citoyens.

Nous pourrions également limiter le nombre d’amendements par député et autoriser un nombre maximum d’amendements qui permette de débattre dans les temps impartis et d’éviter ainsi les blocages.

Aujourd’hui, à cause de ses failles, notre système parlementaire n’a pas permis de délibérer en toute sérénité de ce sujet. Trois mille amendements sont venus bloquer la machine, dont 2300 déposés par cinq députés LR, qui représentent 0,8% des 577 députés (Voir F-).

Le constat est monstrueux : une loi (Proposition de loi n°3755. Voir A-) fortement souhaitée a été bloquée par 0,8% de l’assemblée.

Qu’est donc devenue notre démocratie ? C’est un énorme échec… un texte proposé par un groupe majoritaire ne peut même pas être débattu. Il faut repenser le fonctionnement…

Je ne devrais pas dire cela, mais si, par malchance, un « bloqueur » se trouve un jour en fin de vie, atteint d’une maladie incurable qui l’aura privé de son autonomie, le fera souffrir physique et psychiquement, alors qu’il regarde bien autour de lui et nous signale s’il trouve la moindre dignité dans sa situation…

… ou alors plus simplement lire ce paragraphe issu de l’interview de Monsieur Falorni (Voir L-) :


Capital : Il y a également un certain nombre de Français souffrant d’une maladie incurable qui se rendent à l’étranger pour avoir recours au suicide assisté.

Olivier Falorni : Oui, j’en appelle à ce qu’on ouvre les yeux sur la réalité de tous ces Français qui partent en Suisse et en Belgique pour bénéficier d’une euthanasie ou d’un suicide assisté. Je prends par exemple le cas de Paulette Guinchard, ministre des personnes âgées sous le gouvernement de Lionel Jospin, qui avait fait une tribune dans le Monde pour dire qu’elle était hostile à l’euthanasie, et qui considérait que la loi suffisait. Elle a malheureusement été frappée par une maladie neurodégénérative et a été amenée à constater elle-même que la loi française ne lui permettait pas de pouvoir partir comme elle l’entendait. Elle est donc partie en Suisse pour un suicide assisté.


Sources

A-Proposition de loi nº 3755 visant à affirmer le libre choix de la fin de vie et à assurer un accès universel aux soins palliatifs en France : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3755_proposition-loi

B-Mgr Aupetit et l’autisme en Belgique : https://www.franceinter.fr/info/non-la-belgique-n-autorise-pas-l-euthanasie-pour-les-enfants-autistes

C-L’Eugénisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nisme

D-L’Euthanasie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Euthanasie

E-Sondage Ipsos sur la situation des libertés publiques en France – mars 2019 (page 23): https://www.admd.net/sites/default/files/2019-04/ipsos_lire_la_politique_mars_2019.pdf

F-Article du Monde du 6 avril 2021 : https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/06/avec-3-000-amendements-deposes-a-l-assemblee-l-adoption-de-la-proposition-de-loi-sur-le-droit-a-l-euthanasie-compromis_6075698_823448.html

G-Ma propre opinion en tant que malade du cancer

H- Proposition de Loi n° 2512 (dite Claeys-Leonetti) créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie : https://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion2512.pdf

I-Les religions monothéistes et la fin de vie : https://doc-catho.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Eglise-dans-le-Monde/Fin-vie-religions-monotheistes-encouragent-developpement-soins-palliatifs-partout-tous-2019-11-14-1201060369

J-Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789 : https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789

K-28ème journée du Livre Politique : https://www2.assemblee-nationale.fr/15/evenements/2019/28eme-journee-du-livre-politique

L-Le député Falorni détaille le contenu de sa loi : https://www.capital.fr/economie-politique/euthanasie-le-depute-olivier-falorni-detaille-le-contenu-de-sa-loi-1399483

M-LOI n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie (dite Loi Leonetti) : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000446240/

31 réflexions sur “Loi sur la fin de vie ou Euthanasie

  1. Remarquable point sur ce sujet oh combien délicat (et complexe), Régis !
    Je te souhaite une bonne soirée.

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    1. Maux&Cris dit :

      Merci Jean-Louis. Belle soirée à toi.

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  2. Photonanie dit :

    Grave sujet s’il en est. Je suis évidemment d’accord avec toi et fière qu’une fois encore mon petit pays soit à la pointe du progrès en matière de législation et d’ouverture d’esprit.
    Il faut un cadre légal strict pour éviter toute dérive (du type de celle que tu cites en évoquant ceux qu’on appelle chez nous les blonds aryens)
    J’ai entendu récemment Françoise Hardy évoquer à la télé l’idée de se rendre en Belgique pour mettre fin à ses souffrances devenues intolérables.
    Des voix osent (https://www.lefigaro.fr/culture/francoise-hardy-et-line-renaud-se-prononcent-en-faveur-de-l-euthanasie-20210409) espérons qu’elles soient entendues…

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    1. Maux&Cris dit :

      Oui j’ai pensé plusieurs fois au cadre légal strict et finalement je n’ai rien dit dessus. Mais c’est dans les sources. Évidemment il en faut…
      Des voix osent heureusement mais la machine politique a encore les moyens de bloquer.

      Je soutiens une association qui s’appelle Mourir dans la Dignité. C’est de cela qu’il s’agit.

      Bonne soirée,
      Bises

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  3. ID de femmes dit :

    Merci pour ce brillant déroulé d’un sujet épineux. La mauvaise foi des religieux est insupportable. Tu as raison, Régis, d’aborder le sujet, d’autant que rien ne manque. Merci. Amitiés. Bonne soirée. Renée

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    1. Maux&Cris dit :

      Merci Renée, cela fait quatre jours que je lis et rumine sur ce sujet, sensible pour moi.
      Merci pour ton soutien.
      Amitiés Renée,
      Bises et bonne soirée,
      Régis

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    2. SALGRENN dit :

      Nous sommes surtout dans un pays laïque… je crois…

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    3. Maux&Cris dit :

      Absolument, tu a 100% raison mais nos religieux et leurs ouailles ne veulent pas l’admettre…

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    4. SALGRENN dit :

      Il faut se rappeler que toutes les religions (j’avoue que je ne les connais pas toutes en détails, mais les plus importantes, dirons-nous) existent car l’Homme est le seul animal qui a conscience, et donc peur, de la mort. Il a trouvé ainsi un dérivatif spirituel pour atténuer (un peu !) cette frayeur. Réincarnation, vie après la mort, résurrections de masse un jour prochain et tutti quanti ! Cela n’est donc pas étonnant que les instances religieuses exploitent à fond le filon… et se mêlent du débat à chaque fois. Et surtout : pour eux, rien d’anormal à souffrir jusqu’au bout, c’est Dieu qui décide !
      En attendant, ton post sur le sujet est très bien. Complet et instructif.

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    5. Maux&Cris dit :

      Complètement d’accord. Dieu seul peut nous reprendre la vie que lui seul nous a donné. C’est sur cette base que tout est construit. Et il faut croire, sinon ça ne marche pas. Perso, ça ne marche pas. Bizarrement, il n’y a rien après la mort et cela ne me fait pas peur.

      Attention, les religions sont pour les soins palliatifs. Ils ne sont pas pour souffrir. Ils acceptent les médications et l’aide spirituelle. Mais pas pour abréger la vie pour autant.

      Merci beaucoup pour ton commentaire. Il me fait très plaisir.
      Bonne soirée Ernest,
      Régis

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  4. marie dit :

    Bonsoir, le sujet que tu viens de traiter ,est très grave, il s’agit de soi, de la façon dont on a construit sa vie, avoir le droit de choisir sa mort me semble une chose fondamentale mais là je dois dire que pour moi même , je ne sais vraiment pas, que ferais-je? est-ce que je serais fidèle à ma Foi? à savoir que seul mon Dieu décide du moment de me rappeler à Lui, mais s’il m’arrivait une maladie incurable avec des douleurs insupportables, je pense que je prendrais l’option de l’euthanasie active, je ne veux pas et de cela j’en suis sûre mourir de faim et de soif même si je suis dans un coma, et après toujours ma religion, je devrais plutôt dire ma Foi personnelle qui est parfois bien loin des diktats de l’ Eglise, (j’aurais sûrement été brûlée après avoir été torturée au temps de l’inquisition, une honte ! mais c’est un autre sujet) je m’expliquerais avec Dieu et comme le Dieu auquel je crois est Amour et ne veut pas la souffrance pour les humains , il me pardonnerais , j’en suis sûre. Tu vois j’ai une position un peu ambigüe. Je pense que c’est un sujet tellement personnel et intime que vraiment on est seul pour prendre la décision , quand il est encore temps . Bisous et bonne soirée, et merci Régis pour ce billet qui va faire réfléchir plus d’un de tes lecteurs MTH

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonsoir Marie,

      Lorsque j’ai écrit, j’ai beaucoup pensé aux réactions des personnes qui ont la foi. J’en connais via WP, mais aussi dans ma vie privée. C’est pour cela que j’ai retiré des phrases taillées à l’emporte-pièce grosse maille. J’ai essayé, tout en donnant mon avis, de garder une certaine objectivité.

      Ta réaction me fait très plaisir. J’ai bien fait de rester en retrait. Effectivement, c’est l’un des sujets les plus graves de notre vie, que d’en imaginer la fin. Et si l’on peut éviter de quitter cette vie sans des conditions affreuses ou justes trop tristes, c’est mieux.

      Nous avons enterré une amie dans la joie et le rire, car elle aimait tellement la vie que c’était la seule façon de lui rendre hommage.

      C’est un sujet très personnel, intime. Et ta réaction est exemplaire. Comment aligner ses propres aspirations et sa foi ? Je n’ai pas la réponse. Mais j’imagine comme toi, que Dieu n’est pas là pour n’être qu’un censeur, mais plus un guide. Sans doute il ne nous voit pas comme des moutons.

      Merci beaucoup pour ton retour.
      Bonne soirée Marie.
      Bisous,
      Régis

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  5. Lourd sujet s’il en est…
    Je ne suis pas croyante.
    J’ai fait un tas de rencontres dans ma vie et, s’il y en a eu quelques-unes de surprenantes, je n’ai jamais vu Dieu. Pas une fois, en 40 ans. Mais il était peut-être très occupé… Dans son secteur d’activité, la charge de travail est toujours très élevée.
    En tous cas, je pense moi aussi que les malades en fin de vie devrait avoir la possibilité de s’en aller le plus paisiblement possible. Avoir la chance de dire adieu et éviter des souffrances inutiles.
    Bonne soirée Régis, bises

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonsoir,

      Je crois que ceux qui refusent totalement d’abréger la vie, quelqu’en soient les conditions, ne veulent pas regarder leur propre mort en face. Du coup, ils laissent les autres penser pour eux.

      Je ne leur jette pas la pierre, le sujet est difficile.

      Ceci dit, je suis totalement en phase avec toi.

      Merci pour ton commentaire, bonne soirée M.
      Bises,
      Régis

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  6. ugetse dit :

    Bonsoir Régis, je ne sais quoi te dire . Ceci est un sujet si douloureux. J’ai comme, beaucoup d’autres personnes de la difficulté à voir les miens partir. Cependant je ne peux les voir souffrir
    merci pour ce partage. C’est important de parler de ce sujet. Nous devrions avoir le choix de partir dans la dignité , donc je vote pour l’euthanasie ( mais pas trop vite) Je te tends les bras en toute amitié. Hugo

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    1. Maux&Cris dit :

      Merci Hugo pour ton commentaire.

      Oui, comme toi, je souhaiterais mourir dans la dignité, mais je ne suis pas pressé.

      À certains moments, il m’est arrivé de devoir regarder ce sujet en face. Quand la situation ne cesse de se dégrader, que les effets secondaires du traitement sont de plus en plus pénibles, que l’on a la sensation de glisser inexorablement vers la fin sans pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit. Là, on regarde le sujet droit dans les yeux.
      Depuis, mon idée est faite.

      Belle journée Hugo.
      Amitiés,
      Régis

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  7. Mamiso dit :

    Bonjour,
    C’est effectivement un sujet d’une immense gravité et d’une douleur inouie tant pour celui ou celle qui veut partir que ceux qui les aiment. On veut retenir égoïstement celui qui a fait partie de notre vie durant des années. On ne peut imaginer la vie sans lui, sans elle. Mais on souffre tellement plus de le voir malade sans retour possible. On prie tous les saints du monde entier et même ceux qui n’existent pas de sauver cette personne mais on sait au fond de nous que tout est perdu. Et le malade le sait également. Alors effectivement on doit le laisser prendre la décision de mourir dignement et le laisser partir. C’est difficile des deux côtés. C’est ce que j’ai vécu avec mes soeurs pour notre maman bien aimée.
    Bonne journée

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    1. Maux&Cris dit :

      Merci pour ton commentaire Mamiso.

      Je suis troublé et heureux de voir que, jusque-là, les avis convergent.

      Le sujet est important. Quand on parle de mort, on parle de vie, la chose la plus importante, sans qui rien n’est possible. Et si fragile… alors que la mort est définitive.

      Et on parle de nous et de ceux que l’on aime. Toujours Eros et Thanatos…

      Belle journée Mamiso.
      Bises,
      Régis

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  8. Un sujet difficile et délicat dont tu parles avec beaucoup de doigté et d’élégance Régis.
    Merci pour ces lignes. J’avoue ne pas comprendre pourquoi ce sujet de la mort est si tabou. Je crois sincèrement que chaque personne devrait pouvoir choisir sa fin de vie. Notre corps est peut-être bien la seul chose que nous possédons sur cette terre, alors pourquoi d’un coup il reviendrait à quelqu’un d’autre de prendre une décision qui engage notre existence?
    Comme tu le dis si bien il n’y a pas que la souffrance physique, cela va bien au-delà.

    Je crois, mais c’est peut-être un autre sujet, qu’on mélange souvent Dieu et les religions. La religion édicte une loi. Dieu, lui, nous donne la liberté, à chaque instant. Enfin encore une fois c’est un avis personnel.

    Belle journée
    Marie

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonjour Marie,

      merci pour ta lecture et ton commentaire. Je suis heureux d’avoir su rester en deçà de mes agacements personnels. Le sujet le méritait.

      Je comprends très bien ta remarque sur Dieu et les religions. Je la partage, même si l’existence d’un Dieu me parait de moins en moins crédible. J’aime bien l’idée que tout cela soit le fruit du hasard. J’ai du mal à croire qu’un Dieu, aussi bon qu’on l’imagine, puisse laisser autant d’horreurs se produire… et se reproduire, sans user de sa céleste colère pour mettre une grosse mandale aux méchants.

      Quelque part, le hasard ne serait-il pas Dieu ?

      Mais bon, c’est personnel. Chacun se positionne comme il l’entend.

      Merci encore.

      Belle journée à toi, Marie l’Atmosphérique.
      Bises,
      Régis

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  9. Paquerite dit :

    Bonjour Régis,
    J’ai un avis tellement tranché sur cette question que j’ose à peine l’évoquer.
    Je me lance.
    Cela fait très longtemps, depuis que je suis toute petite fille, que je me pose la question du « droit à l’euthanasie ». Pourquoi ?
    Je ne le sais pas. Disons que je suis foutue comme ça. Et peut-être que déjà bien jeune, j’essayais de comprendre le monde que je devais apprendre à traverser.
    Jamais je n’ai changé d’idée. Je suis « pour » disposer du droit à l’euthanasie.
    J’ai vu ma grand-mère intubée de partout pendant 7 ans finir de vivre comme un légume bien sec, racorni et tout gris. Même sa langue était craquelée… Lentement, très lentement, on l’a laissé mourir à petit feu. Sa vie avait déjà été si dure. Et « ÇA » en plus.
    J’ai aimé cette personne bien plus que moi même. Je l’aime tellement encore. Elle est le soleil de ma vie, même de tout là-haut, elle enchante mon cœur, et notre amour est éternel.
    Bien avant que d’assister à sa fin de vie (7 ans), à cette tragédie, j’avais mon idée sur la fin de vie, et le droit que nous avons d’en disposer en connaissance de cause.
    À l’époque quand elle a compris la nature de sa maladie, elle voulait mourir, elle avait cessé du jour au lendemain de se nourrir.
    Mais non, le « circuit » a décidé d’une autre fin pour elle, sûrement bien meilleure, pleine de bons sentiments et d’éthique mal placée…
    Personne n’a le droit de décider sur l’issue de notre vie, ni le mode que nous choisissons pour quitter ce monde.
    Dans un sujet un peu ressemblant, je pense la même chose des personnes qui décident de se donner la mort. Dans ma famille et mon entourage très proche je compte 4 suicides ( tous très violents) au cours de ces 10 ans, oui c’est choquant, même révoltant, mais c’est leur décision. Nous n’avons pas le choix, accepter et surtout continuer de vivre en ne cessant jamais de les aimer bien au delà de leur geste.
    Bonne journée Régis et pardon si je choque, mais c’est ce que je pense et c’est ce que je ressens.
    à bientôt
    Bien fort😘
    Corinne

    Aimé par 1 personne

    1. Maux&Cris dit :

      Bonjour Corinne,

      Pas choqué et au contraire, je suis d’accord avec toi. Dans ton long commentaire, dont je te remercie, j’apprécie particulièrement avec les « bons sentiments » et la fausse « éthique » utilisés, pour répondre à une loi inadaptée.

      C’est pour cela qu’il faut la changer et que ce blocage parlementaire me met hors de moi.

      Tout en accord Corinne.

      Amitiés.
      Bises,
      Régis

      Aimé par 1 personne

    2. Paquerite dit :

      J’espère que la législation évoluera. Mais tu vois de manière assez cynique, je me dis souvent que dans quelques années quand nos gouvernements comprendront que les caisses sont vraiment vides, que le système de santé est exsangue et à bout de souffle, et qu’on ne peut plus payer les retraites, tu verras ils vont réfléchir sérieusement à l’euthanasie comme solution « de confort » pour tout le monde…
      Ce monde est tellement prévisible.
      Je t’embrase fort Régis.
      Merci pour ce sujet, j’ai rarement l’occasion de me prononcer sur ce genre de sujet.
      Riche idée 😉
      Amitiés.
      Bisous 😘
      Corinne

      Aimé par 1 personne

    3. Maux&Cris dit :

      C’est marrant que tu parles de cela, j’y ai aussi pensé. C’est des pensions à ne plus payer, et cela pourrait aider le budget à s’équilibrer.
      Gros bisous Corinne.
      Amicalement,
      Régis

      Aimé par 1 personne

    4. Paquerite dit :

      😉😇 avec une bonne couche d’éthique et de bons sentiments, ça passera…
      et pire encore, il y aura bien un impôt « euthanasie », tant qu’on y est, ils collent des impôts sur tout !

      Aimé par 1 personne

    5. Maux&Cris dit :

      A une époque j’avais imaginé un impôts relatif à l’usure générée pas nos pas sur les trottoirs… Je ne devrais pas en parler, ou plutôt déposer le brevet…

      Aimé par 1 personne

    6. Paquerite dit :

      Belle lucidité 😉 !!!

      Aimé par 1 personne

  10. Antoine Jumelle dit :

    Excellen4 exposé
    J’adhère tellement.

    Aimé par 1 personne

    1. Maux&Cris dit :

      Merci Antoine.
      C’est un sujet vraiment complexe. Je n’ai pas tout abordé. Une amie à moi a été attaché parlementaire d’une sénatrice. Elle a beaucoup travaillé sur le sujet et a sorti récemment un texte que je te livre. C’est plus réfléchi que mon brouillon : https://www.facebook.com/lavoixdelusager62/posts/805636660079720

      Elle va y revenir cette semaine…

      J'aime

  11. Bonjour Régis.
    Désolé d’arriver tard mais je préférais avoir du temps pour te répondre car le sujet est de la plus haute importance.
    Ce que j’ai profondément regretté pour la fin de vie de mon père, c’est de ne plus pouvoir communiquer avec lui, même des mots simples, d’amour ou de remerciement. Je l’ai fait autrement, par les gestes, en l’embrassant, en le massant, en lui disant des mots, en espérant qu’il les entendent. Il était très conscient. Il m’a fait le geste du couteau sur la gorge, signe qu’il voulait en finir ou qu’il n’en pouvait plus. Il était sous sédation, shouté. Le problème, Régis, c’est que le personnel soignant n’a pas abordé ce sujet avec nous et que ma mère était trop habité par son au-delà religieux au point de faire venir un prêtre dans sa chambre, sans son avis bien sûr. Je le sentais bouillir de l’intérieur. J’en veux encore à ma mère de lui avoir infligé cela car il n’etait pas croyant, disons obligé par sa femme d’être croyant…
    Le problème Régis, c’est qu’il faut avoir toute sa conscience pour décider de mourir et pouvoir le dire ou l’écrire. Mon père, dans son état, ne pouvait rien dire ni écrire…
    Je suis d’accord, évidemment avec ton point de vue. Encore faut il que le pays avance. Certains parlementaires se sont exprimés à ce sujet!
    Il faut écrire ses décisions et je pense souhaitable que ce soit fait de façon notariée pour que la loi et la volonté du malade soient décisionnaires. Mais il faut avoir le courage d’envisager sa propre mort et ne pas être dans le déni. Bref c’est le bordel cette merde😉.
    En attendant, cherissons la liberté et le spirit et un bon verre de malbec 😉
    Vive la vie jusqu’au bout de la nuit!
    Bien à toi
    Alan
    Ps : ça donne quoi l’immuno?

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonjour Alan,
      Merci pour ton long commentaire, qui souligne bien la particularité de ce sujet, en prise avec nos particularités, nos consciences, nos états.

      Oui il faut écrire nos décisions. La loi le prévoit, cela s’appelle les directives anticipées que chaque adulte peut rédiger et signer. On peut l’uploader dans son DMP (Dossier Médical Partagé) de manière qu’elles soient connues des médecins.

      Aujourd’hui les médecins n’ont pas le droit d’abréger nos vies. Certains outrepassent la loi par compassion avec le malade en prenant des risques. Par chance, il est rare qu’ils soient embêtés. Mais il serait mieux que légalement, tout soit cadré et que, en fonction des Directives Anticipées, l’équipe médicale puisse nous aider à « passer » sans souffrance et en nous évitant ces temps inutiles où on végète dans la détresse morale, comme a pu le ressentir ton père.

      Je chéris l’idée d’un bon verre de Malbec sur le pont de Spirit, dans le temps suspendu d’un soir calme au mouillage forain, pour regarder le soleil se coucher derrière quelques cris de goélands et claquements de drisses. Evoquer la météo du lendemain et, si possible, envisager vers quelle île et quel havre se diriger…

      L’immuno, pour l’instant c’est parfait. J’y retourne mardi. L’oncologue m’a prévenu de l’inertie importante du traitement. Les effets secondaires sont rares, peuvent être importants et attendre des mois avant de se manifester. Tout comme ils peuvent perdurer jusqu’à six mois après l’arrêt des injections. Au-delà, l’arrêt du précédent traitement est un bonheur. Ses effets secondaires, nombreux et pénibles, ont disparu. C’est déjà un énorme bénéfice.

      Merci pour tes articles, ceux avec Spirit et les îles bretonnes en particulier, pour ta lecture des miens et les échanges que cela nous permet d’avoir.

      Belle journée Alan.

      Amicalement,
      Régis

      J'aime

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