Maux & Cris

Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

Thomas et moi avons participé au livre collectif « Stupeur et confinements » chez JDH Editions. Il y a aussi publié « La demoiselle de nulle part » que j’ai souhaité lire.

Bien m’en a pris. Je suis tombé dedans avec facilité. C’est un livre qui vous attrape avec douceur. La langue y est fluide, sans accroc, ce qui facilite la progression et fait la place belle à l’histoire et aux personnages. La demoiselle vous attrape avec douceur et ne vous lâche pas si aisément.

Photo prise sur le site JDH Editions

Avant d’aller plus avant, le livre est petit. Thomas dit lui-même ne pas savoir s’il a pondu un petit roman ou une grosse nouvelle. S’il m’interrogeait à ce sujet, je lui dirais que l’on se moque de la taille mais que nous l’aurions volontiers vu plus long, afin de prolonger notre plaisir.

L’histoire est très bien ficelée et les personnages très attachants. De plus Thomas s’appuie sur une merveilleuse madeleine de Proust : les demoiselles de Rochefort, le génial film de Jacques Demy avec la sublime musique de Michel Legrand. Je ne sais pas si le film a inspiré l’histoire à Thomas ou si, après avoir commencé son histoire, il prit conscience d’une certaine familiarité avec le film impossible à omettre.

Comme dans les anciennes manières de fabriquer des animations, avant que le numérique n’existe, imaginez des calques, chacun supportant un personnage n’évoluant que dans son rectangle, et dont l’empilement compose l’ensemble. L’histoire de la demoiselle de Thomas et celle des demoiselles de Demy se superposent sur certains plans. Pas tous heureusement mais assez pour ce soit troublant.

Votre serviteur étant un admirateur de Demy, de Legrand et des Demoiselles de Rochefort, je suis fasciné par la manière subtile qu’a eu Thomas de procéder pour que l’on ne puisse pas dire que l’un est trop inspiré de l’autre, ni que le livre est écrasé par le film. Thomas rend visiblement un très bel hommage à cette œuvre majeure. C’est un exploit d’arriver à jouer à ce jeu sans s’y brûler les ailes.

Gabriel est auteur. Gabriel vit une situation qui m’a touché puisque j’ai vécu à peu près la même. Dans le métro, il aborde une demoiselle, rencontre improbable. Elle très jeune, lui beaucoup moins. Lui est d’abord méfiant. Mais Émilie déploie tous les arguments pour faire tomber ses défenses. Mesdames à ce jeu-là vous serez toujours les meilleures…

Je raccourcis. Emilie va rapidement être tuée. Un calque est dessiné, qui donnera lieu à une enquête.

Gabriel écrit aussi une histoire où Francis rencontre Delphine. Cette histoire va s’intercaler avec l’histoire de Gabriel et Emilie. Rassurez-vous, il n’y a pas de confusion entre les couches du millefeuille, la vie de Francis est en italique, celle de Gabriel est en police normale. Et les situations n’ont pas grand chose â voir, au moins au début.

Gabriel va faire intervenir Solange dans la vie de Delphine, sa demi-sœur, qu’elle ne connait pas. Solange ressemble à Delphine comme une goutte d’eau ressemble à une autre goutte d’eau.

Elle vient pourrir la vie de Delphine. Mais pour quoi ? Que doit régler Solange ? C’est aussi là que la superposition avec les demoiselles de Rochefort intervient. Il faut connaître le film pour bien comprendre, mais même sans le connaître, l’histoire se tient très bien. La connaissance du film ajoute juste une dimension supplémentaire.

Plusieurs points viennent taper dans votre référentiel, comme le rappel de la scène de « Singing in the rain » où Gene Kelly danse sur le bord du trottoir en claquant l’eau du caniveau. Pour ma part cela a fonctionné à plein, car j’ai eu l’occasion, il y a bien longtemps, de jouer la scène un soir de forte pluie avec mon amoureuse allemande Tine, dans le quartier de l’Opéra.

Je ne vous dirai pas tout. Il faut garder entier le besoin de lire la demoiselle de nulle part. Vous passerez un très bon moment. En prime, vous pourrez croiser Andy Warhol, Jimmy Hendrix et quelques autres. De quoi se sentir très bien dans ce livre.

J’ai trouvé l’histoire vraiment très bien ficelée. Si bien ficelée qu’imaginer une version filmée n’a rien de stupide. J’espère que cela se produira. Et je suis bien curieux de savoir qui jouera les différents rôles.

Merci Thomas, c’était un régal ! Et pour répondre à votre question, quitte à vous décevoir, j’aime toutes vos demoiselles.

La demoiselle de nulle part
Thomas Degré
Collection Magnitude
JDH Edition
17€
Pour commander, c’est ici

Bonne journée les ami(e)s

Image par Gerd Altmann de Pixabay

©️ Texte de Régis Vignon – Photos -> voir les légendes des photos

8 réflexions sur “Chronique : la demoiselle de nulle part – Thomas Degré

  1. Ça m’a l’air très sympathique !
    Bonne journée, Régis.

    Aimé par 2 personnes

  2. Swannaëlle dit :

    Merci Régis, çà donne envie de s’installer ds un bon fauteuil devant une cheminée et de se laisser aller ligne après ligne ! Belle journée 😘🌹

    Aimé par 2 personnes

    1. Maux&Cris dit :

      Je ne peux que t’encourager à le lire. C’est un bonbon ce livre…
      Belle journée Swannaëlle ! 😘🌹

      Aimé par 2 personnes

  3. ID de femmes dit :

    Merci Régis. Un livre nouveau est toujours le bienvenu. Bonne journée.

    Aimé par 1 personne

  4. tomaswak dit :

    Voici ma réponse à la question suivante de Régis dans chronique: « Je ne sais pas si le film a inspiré l’histoire à Thomas ou si, après avoir commencé son histoire, il prit conscience d’une certaine familiarité avec le film impossible à omettre. »
    « Merci, Régis Vignon, pour cette belle chronique. Pour répondre à votre question, le film de Jacques Demy que vous aimez tant, tout comme moi, a été le déclencheur du roman dans ce roman, bien sûr, mais je l’ai très vite adapté à la trame de mon histoire et laissé vivre une autre vie. Celle-ci, il faut bien le reconnaitre, n’a plus grand chose à voir avec celle du film. Mais j’ai essayé d’en conserver l’esprit. Merci de l’avoir si bien compris. »

    Aimé par 1 personne

    1. Maux&Cris dit :

      Merci Thomas. Heureux de vous voir ici. Vous y êtes le bienvenu.
      Belle fin de journée,
      Régis

      Aimé par 1 personne

  5. Solène Vosse dit :

    Ça m’a l’air pas mal du tout. Je le note.

    Aimé par 2 personnes

  6. tomaswak dit :

    Merci. Je confirme…:-)

    Aimé par 1 personne

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