Les Inéquitables – Philippe Djian

Les Inéquitables – Philippe Djian

Ses premiers livres ont été mes fidèles compagnons. Je n’en loupais aucun. Si ma fidélité envers Djian s’est étiolée au fil du temps, sachez qu’il n’en est pas coupable et j’en assume entièrement la responsabilité. Autant j’aime fort, autant je peux être victime de l’usure et laisser l’amour s’effilocher bêtement. Au fil du temps, je suis passé d’acheteur compulsif de chaque opus à lecteur occasionnel, mais en restant attaché à son oeuvre.

Sa plume sèche sans fioriture me touche. Je ne me souviens pas de ce qu’il en était dans ses premiers ouvrages, mais j’ai remarqué dans cette dernière lecture l’absence de guillemets. Les mots des personnages sont posés sans petits signes ouvrant et fermant un changement de parole. Un détail me direz-vous ? Oui, mais le guillemet est un confort auquel nous sommes habitués. Finalement, mes ami(e)s, on s’en passe très bien.

Je me suis retrouvé chez moi au milieu de son écriture, mais un chez moi amélioré par le rejet de tout superflu, seuls les mots signifiants sont là. On sent que le temps a fait son ouvrage, et que Djian, à l’instar des grandes artistes expérimentés, aurait très bien pu jouer la célèbre phrase de Miles Davis « Pourquoi jouer tant de notes alors qu’il suffit de jouer les plus belles ?« .

Comme toujours Djian nous propose des personnages forts, attachants malgré leurs défauts, affichés avec leur entièreté et non idéalisés. C’est peut-être bien ce qui les rend vivants, attachés à la vie, celle que nous vivons, et non des fantasmes. Nous autres, humains, sommes pluriels, composites et nullement monolithiques. Nous cohabitons avec nos forces, nos faiblesses, nos envie et nos frustrations.

Je ne vous donnerai pas de détail, mais sachez que vous retrouverez les ingrédients habituels de l’auteur, le Sex & Drugs & Rock & Roll de Ian Dury, les gentils pas forcément très gentils et les méchants, carrément méchants, jamais contents…. Eros et Thanatos sont toujours les moteurs de la vie et des romans. Après tout, vous n’avez qu’à aller chez votre dealer de livres favori…

Je suis sorti un peu frustré car l’opus est court et j’aurais bien aimé continuer à voguer en compagnie de ces personnages, en bord de mer où l’auteur les fait vivre. On imagine volontiers le Pays Basque. Mais même courte, l’histoire est riche et complète.

Un extrait

Pour accompagner, The Clash : Rock the Casbah

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