Maux & Cris

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Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

21/46-Vue du magasin Mitsui dans la rue Suruga à Edo (Edo Suruga-chô Mitsui-mise ryakuzu)


Deux magasins comme des copies conformes, la seule différence visible étant les kanjis indiquant sans doute le nom du magasin, du propriétaire ou l’activité effectuée dans le magasin.

La toiture du magasin de droite est en train d’être refaite ou améliorée. On aimerait pouvoir pivoter le magasin pour apprécier ce qui se passe sur la pente en train d’être traitée. Trois personnages, des couvreurs ?, sont en activité. Deux sont tout en haut. Ils échangent quelque chose avec le troisième personnage debout sur le toit inférieur. Est-ce lui qui a envoyé le paquet vers le haut ou lui qui s’apprête à recevoir ce que ses compagnons du haut lui adressent ? J’ai tendance à penser, à cause de sa gestuelle, qu’il envoie le paquet vers le haut.

Admire la pente du toit, elle est sacrément raide. Une échelle permet d’accéder au toit inférieur. On distingue dessus la corde qui s’enroule autour des montants. Sur la pente supérieure on devine une espèce d’échelle posé sur la pente qui devrait permettre de rejoindre le faîte.

Qui est au centre de l’image ? Ne serait-ce pas notre Fujisan ?

Des cerfs-volants visitent un ciel calme sans nuage.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici.

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

20/46-« Ushibori dans la province de Hitachi » (Jôshû Ushibori)


On est ici dans l’admiration du travail, de la vie des artisans plus que dans celle du paysage.

Une jonque au repos dans les roseaux, mât baissé, un homme verse le contenu d’un récipient dans l’eau, dérangeant deux hérons qui s’envolent. Visiblement, ce bateau transporte des marchandises.

Le bleu de Prusse profond est très présent, un peu adouci par le vert plus tendre qui habille le bateau, sous le regard omniprésent de Fujisan.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici.

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

19/46-Les scieurs dans les montagnes de Tôtômi (Tôtômi sanchû)


La première réflexion que m’a inspiré cette estampe concerne la technique utilisée. Pas celle d’Hokusai. Celle des scieurs. Je ne comprends pas, cela bafoue ma logique. Comment admettre que des gens bien « câblés » aient monté un tel échafaudage. Avec autant d’instabilité et de danger.

On pourrait même être tenté d’admettre que l’artiste n’aurait pas vraiment compris l’entièreté de la scène. On sait que l’art Japonais du dessin de l’époque ne tenait pas compte de la perspective, mais quand même, il ne faut pas abuser.

Cependant, il y a d’autres scènes où l’on retrouve une grosse poutre posée de manière oblique, avec un personnage dessus en train de scier vers le bas et un autre dessous, en train de scier vers le haut. On imagine que celui du haut peut appuyer de tout son poids en profitant de la pesanteur. Sa tâche en est facilitée. Mais l’autre a une position totalement inconfortable, insultant toute notion d’ergonomie et certainement très fatigante en plus d’être dangereuse.

Je laisserai d’éventuels spécialistes nous en dire plus.

Un personnage semble brûler la sciure, on n’en voit nulle part, ce qui dégage une fumée étroite, très sombre et composée de volutes. Si l’on regarde plus large, la fumée se continue de l’autre côté de la poutre par un nuage aussi clair que la fumée est sombre. Un serpent de nuage tourne aussi autour de Fujisan.

Une estampe bien étrange !


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici.

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

18/46-Le coup de vent dans les rizières d’Ejiri dans la province de Suruga (Shunshû Ejiri en Suruga)


Ça bastonne sévère sur la rizière. Tout s’envole, emporté par ce féroce vent qui balaye la contrée de gauche à droite.

Nom d’un sushi au wasabi, mon chapeau !!! Un chapeau tout neuf ! Dont je me coiffe pour la première fois !! Si vous le croisez, pourriez-vous me le ramener ? Et mes feuilles maintenant !! Sur laquelle j’ai posé ma dernière nouvelle en graphiant mes plus beaux Kanjis (*). Ma nouvelle s’envole, au secours !! C’est un complot. Qu’ai-je donc fait à Fujin (**) pour qu’il me punisse ainsi ?

Pendant ce temps, la rizière verdit de toute cette agitation. Fujisan est symbolisé par un simple trait.


(*) Kanji : Le Kanji est le fameux idéogramme ou caractère initialement chinois introduit au Japon au VIIème siècle (précédemment, il n’y avait pas d’écrit). Il a été « japonisé » pour obtenir une espèce d’alphabet Japonais appelé kana. Les mots purement japonais sont regroupés dans une collection de kana appelés hiragana. Les mots étrangers introduits au Japon sont regroupés dans une autre collection de kana appelés katakana.

Tableau des hiregana : http://kanji.free.fr/kana.php?type=hira

Tableau des katakana : http://kanji.free.fr/kana.php?type=kata


(**) Fujin : le Dieu du Vent. « Il est souvent décrit comme un démon à forme humaine aux cheveux rouges avec une peau de léopard et portant sur ses épaules un sac rempli de vent. Il est généralement associé à son frère jumeau, Raijin, dieu du tonnerre et de la foudre. » (wikipedia)

Les jumeaux : à gauche Raiden (ou Raijin) Dieu du tonnerre et des éclairs, à droite Fujin Dieu du vent
Par 俵屋宗達 (Tawaraya Sotatsu) (1570-1643) — From Ninna-ji temple, Kyoto. Japan Times https://www.japantimes.co.jp/culture/2015/11/03/arts/kyotos-rinpa-school-moving-many-ways/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=98757939

Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici.

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

17/46-Le lac Suwa dans la province de Shinano (Shinshû Suwa-no-ko)


Superbe estampe que celle-ci. Très chargée en couleurs fortes, principalement ce bleu profond, un vert presque tendre et un peu de jaune/ocre sur la cabane et dans le ciel au-dessus de l’horizon.

La construction est impressionnante, avec ces deux arbres qui séparent l’espace et forment un trait oblique du bord haut/gauche vers le milieu du côté droit.

Dans ce même alignement, légèrement en-dessous, Fujisan du côté gauche et cette modeste petite cabane jaune.

Hokusai a glissé une forme elliptique, presque ronde dans son dessin. La vois-tu ?

On aperçoit quelques maisons, un bateau entoilé, mais l’humain reste discret. On se doute que le bateau doit en abriter, mais sans les voir.

Place à maîtresse nature.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici.

(*) : Hokusai a eu plusieurs noms d’artistes pendant sa vie (Shunrô, Sôri, Katsushika Hokusai, Taitô, et peut-être d’autres). Un artiste prenait dans son nom d’artiste une syllabe du nom de son maître. Au-delà de ses noms d’artiste, il s’est auto-attribué le surnom de Gakyōjin, qui veut dire « le vieux fou de dessin« .