L’emplumé a pioché la loose…

L’emplumé a pioché la loose…

J’aurais dû me méfier, la journée commençait mal. Enfin mal, pas vraiment, mais beaucoup trop tôt, c’est sûr. Morphée m’avait calé sur son sein. J’y étais fort bien, naviguant d’un téton à l’autre comme d’une journée tranquille à une autre. Vu de ma lorgnette, le monde était en bon ordre, mes rêves aussi.

Mais voilà, un petit être pesant à peine trois kilos, précédemment endormie sur les hauteurs de Sylvie, s’est fait déloger par ma compagne qui s’efforçait de récupérer un bout de couette. La bête s’est sentie obligée de changer de support pour m’escalader.

Selon la phase du sommeil auquel je m’adonne, cela m’est parfois totalement égal. Mais pas là. Ce matin, à trois heures vingt environ, je suis donc descendu adopter le canapé. Première pichenette de la loose. Je n’y ai pas accordé attention, j’ai eu tort.

Un peu plus tard, Charlie est venue finir ce qu’elle avait commencé, en s’étirant de tout son long dans la gouttière de mes jambes. Il faudrait faire une étude pour comprendre les fonctions surnaturelles des félins. Comment peuvent-ils s’étirer autant ? C’est insensé. J’ai une théorie, non encore prouvée. Je vous la livre.

Les chats pourraient passer de l’état solide à l’état liquide tout en conservant une apparence solide. Comment dire ? Il a l’air solide, mais en fait non. D’ailleurs, vous avez déjà vu comme moi des photos de chats parfaitement inclus dans des bouteilles. C’est donc prouvé.

Quand le chat d’étire sur nos jambes, il n’est plus question de bouger. La maitresse des lieux, Charlie est une demoiselle chat, exige le respect de son sommeil. Vous qui avez des chats savez de quoi je parle.

Au moment du déjeuner, et de prendre mon médoc, je me rends compte que hier j’ai totalement zappé de le prendre. Rapport au fait que j’ai emmené Liberté en révision, que le délai avec un autre médoc doit être espacé de deux heures. J’aurais dû le prendre au retour du garage. Mais voilà, au retour d’avoir déposé Liberté, l’histoire du médoc est passé à l’as, rejeté loin au profit de balades en moto, de sensations agréables, de vent dans le cou ou à travers les gants.

Loose encore, puisque je me suis rendu compte que ma semaine sans médoc ferait donc un jour de moins que la semaine habituelle. Petite loosette. Pas le truc énorme, pas assez pour regarder la journée comme s’il était écrit qu’elle serait pourrie jusqu’au bout. Sinon, bien entendu je me serais méfié. Là non, la vie me tendait toujours ses bras amoureux et souriants.

Lavage de l’emplumé, récupérage de la moto et comme convenu avec Sylvie, au retour je ne m’arrête pas devant la maison mais continue vers Bonnières pour une balade qui m’aurait fait contourner la boucle de Moisson par la ligne de crète au-delà de la Seine, jusqu’à Limay et retour par Mantes, le long de la Seine. A l’entrée de Bonnières, il faut faire super gaffe à une priorité à droite sans visibilité et que bien peu respectent alors que c’est dangereux au possible. Pas de souci, en seconde, je remets les gaz, clignotant à gauche, pour traverser en direction du pont de Bennecourt.

Ce pont est le seul entre Vernon et Mantes, c’est sa vertu. Par contre, en contrebas est situé une usine d’aciérie, Iton Seine. Ce qui génère une noria de camions énormes très souvent immatriculés en Lituanie ou autres pays de l’est. Le pont, côté Bonnières a deux descentes à 90 degrés. La route est étroite et l’angle n’offre aucun arrondi. Pour les grands camions et pour les bus, c’est la misère pour passer, impossible pour se croiser.

Devant moi, il y a justement l’un de ces camions énormes. Je laisse bien dix mètres devant moi, mais reste au milieu de ma voie, invisible des rétros lituaniens. Evidemment le camion ne peut pas tourner. Il commence donc à reculer. Je ne sais plus ce que j’ai fait concrètement, ai-je calé, en tout cas, impossible de laisser glisser la moto en arrière et je regardai l’énorme cul du camion glisser doucement vers moi.

J’ai klaxonné, hurlé dans mon casque, sans pouvoir bouger. J’ai tout tenté, rien n’a réussi, jusqu’au moment où la barre du camion s’est posée sur la roue avant de ma moto avant de stopper. Je suis descendu pratiquement au moment où Liberté se faisait engloutir par un gros cul Lituanien.

« Ma liberté
Longtemps je t’ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C’est toi qui m’as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n’importe où
Pour aller jusqu’au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune »

Quelle belle chanson de Georges Moustaki. On se souvient de l’interprétation fabuleuse de Serge Reggiani : https://youtu.be/xgObWWy-sMQ

Quelque part, je bénis le fait d’avoir fait retirer le top case, sans cela je serai peut-être incrusté dans une Yamaha 152 SR. Je dramatise, ce n’est pas vrai. J’aurais juste eu plus de mal à en descendre. Je tremblai. Je tremblai de peur, de rage, d’incompréhension, d’injustice et regardai Liberté tenue droite par le camion. La dose de loose commençait à s’accumuler fortement.

Le chauffeur est descendu par le côté droit. Bon, déjà il ne s’est pas barré comme un voleur.

Tout le monde dans le coin sait très bien où vont ces camions. C’est un vrai gag. Les camions suivent des gps qui ne connaissent pas bien les routes à prendre et celles à éviter. C’est comme cela qu’il y a quelques années, le 22 janvier 2015, l’un d’entre eux a tenté d’emprunter le chemin de halage vers chez moi. Il s’est retrouvé coincé sur la voie ferrée, un train est arrivé et boum. Par chance, le conducteur Polonais n’a été que très légèrement blessé, aucun employé de la SNCF n’a été blessé non plus. Le camion avait arraché la caténaire. La voie Paris Rouen a été fermée et les gares du coin aussi. Depuis, une barre en hauteur interdit aux camions de passer par là. Et le pont reste un endroit très dangereux.

Le conducteur du camion mangeur de moto est venu me causer. Nous avons convenu rapidement que l’usage du Français et du Lituanien nous menait à une impasse. Je lui pose la question « Doux yoo s’pique in gleesh ? » il me répond « a little ». Je me dis, cool on est sauvé.

Hélas l’anglais qu’il connait n’inclut pas les mots « paper » ou « insurance ». Par contre, il veut absolument me filer un bifton de 50 et partir rapidement. Je dis Niet. Il finit par me sortir la photocopie d’un constat amiable écrit en lituanien. Du coup j’ai renseigné mon nom, adresse n° assurance, là où il m’a dit. Il a dessiné les véhicules sans indiquer qu’il reculait. J’ai ajouté une flèche pour l’indiquer. Nous avons échangé nos numéros de téléphone. Je pensais avoir pris une photo du constat. Mais non. Re-loose. Je viens de lui envoyer un sms pour lui demander de m’envoyer une photo du constat. Peut-être bien loose encore.

Par chance un garage, installé en face du pont, est en contact avec les assurances car agréé pour les dépannages sur l’autoroute. Je me retrouve chez eux. Ils contactent la Macif. Qui ne nous rappelle pas… Tout va bien, la moto sera amenée en début d’après-midi chez le concessionnaire Yamaha de Vernon.

Je remplis aussi un constat plus complet de mon côté pour l’assurance, des fois que le Lituanien m’oublie, et décide de passer à la MACIF de Mantes pour voir avec eux l’accident et le changement d’immatriculation réalisé mais qu’ ils ne connaissent pas encore.

Je passe chez le concessionnaire en milieu d’après-midi. Leur agenda est blindé, ils évalueront les dégâts le vendredi 5 juin en fin de journée. Ils verront ensuite avec le spécialiste de l’assurance… Loose toujours, mon amie fidèle quand tu nous tiens….

Direction Mantes chez la MACIF. Je trouve une place, me dirige vers le local. Vérifie les papiers que j’ai dans la main. Horreur j’ai, par mégarde, embarqué les papiers de l’autre voiture dont Sylvie a besoin dans cinq minutes. Je l’appelle… C’est la surloose. Deux mètres et je suis devant l’entrée. C’est fermé, appelez la MACIF au….. J’en suis au moins à l’hyperloose.

Et la journée n’est pas finie… Mais je vous jure que je ne touche plus à rien jusqu’à demain matin. Je me demande même si je vais toucher à ma bite pour aller pisser… je ne voudrais pas tenter la megaloose… pas tout le même jour, s’il vous plait.

Mes petits anges, qui habituellement veillez si bien sur moi, qu’est que vous avez foutu aujourd’hui ! Pourquoi tant de haine ? Vous me faites douter mes petits chéris. Allez, je vous aime malgré tout.

Un avant dernier point. Nous avons fait un apéro sympa ce soir, une bouteille d’Edelzwicker. La dernière fois, comme ce soir, nous l’avions ouverte au dernier moment. Mais ce soir, l’Alsace était Spumante, et la clairette d’Epinal. Micro loose. Le repas était asiatique ce soir. Si mon plat thaï, rehaussé par du basilic thaï dont nous avons un pot, était délicieux, la soupe qui l’accompagnait était insipide. Quand aux glaces de la fin du repas, la fraise et la vanille avait à peu près la même absence de goût, le goût des industries qui se foutent de la gueule de leurs clients. Micro looses encore.

Retenons de tout cela que l’emplumé n’a rien, juste un bleu à l’âme et qu’il vous embrasse.

Bonne journée tout le monde !

L’emplumé et l’emmêché…

L’emplumé et l’emmêché…

Non mais, t’as vu c’t’info ! Si, t’as pas pu passer à côté, c’est inenvisageable. Si t’es passé à côté c’est impardonnable. C’est comme une faille dans l’espace-temps, un étalon du biais cognitif, du nectar de connerie, digne du panthéon de la bêtise humaine au paroxysme de la beaufitude de merde !

Il était une fois un gougnafier, sans expérience politique, qui a utilisé les réseaux sociaux pour manipuler un peuple afin d’être élu. Une fois élu, il dirige son pays à coup de piou-piou d’oiseaux. Il pioupioute du soir au matin et du matin au soir, à croire qu’il ne fait que cela. Evidemment, n’écoutant pas ses conseillers mais uniquement sa propre inexpérience politique, il pioupioute n’importe quoi. Et il arrive que son pioupiou soit de la merde. Pas grave, il repioupioutera l’inverse sans que cela ne le gêne en quoi que ce soit.

Au plus fort de sa forme, il avait même lâché son fameux covfefe, forme de cri de guerre ou chant d’oiseau exotique (non, avec lui les chants d’oiseau exotique n’ont pas le droit de citer. Les oiseaux exotiques sont méchants dira-t-il en pointant son doigt comme si la foudre allait en surgir) qui n‘avait pas manqué d’intriguer la terre entière. Quel message secret se cachait ? Il aurait lâché un pet que l’univers n’en aurait pas plus été surpris. J’ai mon idée là-dessus, je pense qu’il s’est endormi le doigt sur son smartphone. Et vlan ! Covfefe !

Dans l’état de Californie, le gouverneur Gavin Newsom a envoyé aux électeurs inscrits des bulletins de vote. Comme nous en recevons à chaque élection des candidats se présentant chez nous. Ça ce sont les faits. Dans son pioupiou, Donald Trump disait que le candidat avait envoyé des bulletins à tout le monde même aux non-inscrits, ce qui fausserait l’élection. Il accuse donc les réseaux sociaux d’être pro démocrates et donc de fausser les élections.

Dans l’idée de lutter contre la désinformation, l’éditeur des pioupiou a mis récemment en place des alertes lorsque ses robots détectaient des fake News. Le pioupiou de D.Trump étant qualifié de fake news, il s’est vu adjoindre une note de l’éditeur demandant aux lecteurs de bien vérifier les informations citées «Obtenez les faits sur le vote par correspondance ».

Ce qu’il faut savoir c’est que quelques temps avant ces événements, il semblerait que la Maison Blanche ait lancé une commission d’enquête sur le côté pro-démocrate des réseaux sociaux. Très fâché, notre Trump s’en est donc pris aux réseaux sociaux, accusé d’être anti républicains et de vouloir influer sur le bon déroulement des élections.

C’est là que le comique existe. Celui qui s’est fait élire en œuvrant, avec l’aide de son âme damné, le sulfureux Steve Bannon (venu ensuite souffler sur le Brexit comme sur des braises pour enflammer l’Europe), et de la société Cambridge Analytica, pour manipuler les électeurs d’une manière très ciblée grâce aux réseaux sociaux, principalement Facebook, vient maintenant se plaindre que les réseaux sociaux peuvent manipuler les élections. Mais, à part lui-même lorsqu’il admire sa magnificence et son omniscience dans sa glace, qui peut encore gober ce qu’il raconte ?

Je parlai de comique, en fait c’est désespérant d’imaginer qu’un pays aussi fort, aussi démocratique que les Etats-Unis d’Amérique ait pu se faire niquer si bassement par un tel idiot.

La démocratie américaine devrait s’interroger. En 2016, D.Trump a eu moins de voix que H.Clinton mais leur suffrage est indirect, du coup, H.Clinton l’a eu dans le baba.

Ne croyez pas que nous sommes épargnés en notre belle France. Les partis traditionnels sont exsangues, il ne subsiste plus que des populistes et des opportunistes. Pas de quoi rêver, pas grand-chose qui semble motiver les troupes pendant 50 ans.

La France est à l’arrêt, l’Europe est à l’arrêt ! Le monde est à l’arrêt. Des continents riches et fatigués ne veulent pas glisser vers le bas. Des continents pauvres voudraient bien avoir de quoi ne pas mourir de faim. D’autres font ce qu’ils peuvent pour tirer leur épingle du jeu. Certains crachent sur le multiralisme et s’en sortent mieux que ceux qui le respecte.

Désespérant ! Mais putain de bordel de merde, ça part en couille. Faites-nous croire en un avenir plus juste, plus respectueux des humains, des animaux et de l’environnement. Arrêter de nous parler de pognon. Que pensera Picsou, vautré sur son tas d’or, ou assis tout en haut du dernier jet de pétrole au dernier jour de la terre ? Aura-t-il les couilles de se flinguer ? Non, il continuera à se demander comment profiter encore plus de ce qui se passe pour engraisser son tas d’or encore et encore… puis plus rien……………………..

Le monde attend autre chose. Et il n’attendra pas bien longtemps.

Aujourd’hui est généreux, car le bougre nous en refait une. C’est délicieux au possible. D. Trump se propose comme médiateur pour régler le différend himalayen entre l’Inde et la Chine, un truc qui date de près de 80 ans. Non mais, tu le crois ça ? Ce mec balance des grenades partout sur le globe, allume des incendies, attaque, menace tous les autres pays et autres dirigeants. Et là, il se propose d’aider deux des plus grands pays du monde, dont l’un qu’il insulte en permanence, à faire ami-ami sur un point de crispation de près de soixante ans. Si vous pouvez aller voir les commentaires dans le Figaro, ne vous en privez pas, c’est désopilant.

Je vous en cite un que j’adore « Ce serait formidable que ces deux pays acceptent la médiation de ce formidable président qui est le formidable ami de l’Inde et le formidable ami de la Chine qui sont deux nations formidables. » ou celui-là « Trump a autant de chance de réussir qu’un chameau signe un sans-faute à la dictée de Bernard. On a vu ses talents de diplomate avec le coréen, après le départ du milliardaire Kim Jong-un a produit tellement de missiles qu’il en tire même de sa terrasse pour faire fuir les pigeons

Sinon, revenons à des choses plus sérieuses. Liberté (ma pétrolette) est révisée. Elle est impeccable. Je lui ai fait virer son top case. Elle est moins moche et monte plus vite dans les tours. Sur ce plan tout est relatif. Certaines mauvaises langues vont même jusqu’à dire que c’est plus une mobylette qu’une moto. Attention, j’ai les noms…. Je m’en fous, chevaucher la liberté m’éclate !

Bonne journée mes ami(e)s.

N.B. : le fond de ce billet vient de l’article du Figaro, écrit par Guillaume Guichard, que j’ai poussé hier sur ma page : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/trump-menace-de-fermer-les-reseaux-sociaux-apres-le-signalement-de-ses-tweets-20200527.

Pour le différend Himalayen, c’est un article du Figaro / AFP qui m’a fait bondir : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/trump-offre-sa-mediation-dans-une-confrontation-frontaliere-inde-chine-20200527

L’emplumé est un râleur…

L’emplumé est un râleur…

La carte du déconfinement ! Cette carte n’était-elle pas sensée nous permettre de suivre l’évolution du déconfinement. Publiée le 7 mai, elle n’a pas évolué, rendant vain l’ espoir de suivre toute évolution fine département par département. Une nouvelle version devrait nous être proposée le 2 juin. Les projections faites laissent entendre que tout sera vert, à l’exception de Mayotte. Nous passerons d’un état où le nord, l’est et la région parisienne sont rouges à une carte de F’rance toute verte.

Pardonnez-moi, mais un outil de suivi qui n’est pas suivi chaque jour ou chaque semaine, je trouve cela stupide. Cela va à l’encontre du soutien qu’il faudrait procurer au moral des gens et à l’économie. On nous rappelle fortement, à juste raison, que l’économie va être une grosse victime du coronavirus, mais l’absence d’une carte remise à jour et donc l’impasse sur des évolution de déconfinements fins, n’arrangera rien à l’affaire. Comme dit l’autre, on nous prend pour des jambons.

Mon autre point d’agacement du jour reste le décalage entre la manière de traiter les religions, qui ont maintenant l’autorisation de se réunir dans les lieux de culte, et celle de traiter la culture, tout lieu de spectacle restant fermé. Je suis certain qu’une distanciation peut être appliquée dans les salles de spectacles comme elle l’est dans les lieux de culte. Personnellement, je suis inquiet de voir que les religions sont mieux défendues que la culture dans mon pays.

Comprenez-moi bien, je ne critique pas les religions, si elles ne me concernent pas mais je respecte celles et ceux qui en ont besoin, mais la culture concerne tout le monde, elle embrasse plus largement les populations. Elle n’est pas source de conflit et rapproche les hommes. La culture aussi élève les âmes.

Economiquement parlant, il serait aussi plus « rentable » de remettre en route la culture. Je pense fortement à tous mes amis artistes qui assistent impuissants à cette flagrante injustice.

Pour finir, j’ai lu aujourd’hui que la BCE craignait que le coronavirus puisse être la cause du prochain krach boursier. On se moque de nous. Le krach boursier sera le résultat de l’incurie financière. La dernière explosion de bulle n’a pas ouverte la porte aux changements de mentalités qui auraient permis d’éviter la prochaine. La finance est reine depuis qu’on privatise les gains et que l’on socialise les pertes. Plus aucun besoin de se réformer, c’est la fête sans fin…

Fini de râler ! L’emplumé vous souhaite une très belle journée, mes ch(er)(ère)s ami(e)s !

Qu’avez-vous à déclarer l’emplumé …

Qu’avez-vous à déclarer l’emplumé …

Rien à déclarer monsieur
Comme chaque an, mes impôts
Reportons aux grecques cieux
Le remplissage du commun pot

Rien à déclarer monsieur
Si ce n’est une nouvelle guerre
Comment glander bêtement au pieu
Allons répandre nos tripes par terre

Rien à déclarer monsieur
Une bête séance ouverte
Ne pas être parcimonieux
Sous peine de grosses pertes

Rien à déclarer monsieur
Un beau et grand fils
Au visage trop sérieux
Mais avec de belles cuisses

Rien à déclarer monsieur
Une grande quantité de savoir
Ou de slogans pernicieux
J’en ai plein le réservoir

Rien à déclarer monsieur
La chaleur d’un grand amour
Des yeux si facétieux
Pourraient-ils dire toujours

Au fond de moi, j’aurais plus envie de déclamer que de déclarer. Dire haut et fort de secs jamais et de grandiloquents toujours. Mais sans la technique des grands acteurs, comment ne pas avoir l’air ridicule. Surtout si la voix ressemble plus au pioupiou de Calimero qu’à celle du stentor confirmé.

Et si j’en avais la technique, que déclamerais-je donc ? Des vers sans nul doute. Des petits, des longs, des simples et des tordus. Qui parleraient de nous, fébriles humains courant en tous sens. La beauté et là, juste en face de nous et nous fermons les yeux. Si fort que nos yeux pourraient en gicler par nos oreilles, nous rendant immédiatement aveugles et sourds. Pourquoi voir si nous ne regardons pas et pourquoi entendre si nous ne comprenons rien.

« Je déclare que l’humain est un sombre crétin » déclamerais-je avec force ! La boucle serait-elle bouclée ? Rien n’est moins certain.

A propos, je voudrais revenir sur mes propos acides concernant la connerie. J’ai regardé un TED sur ce sujet. La personne expliquait non sans un léger sourire, bien que le sujet soit traité avec sérieux, que la connerie pouvait être contagieuse. Ce point est une surprise pour vous comme pour moi. Son discours se basait sur une expérience réalisée il y a quelques dizaines d’années. Tous les participants étaient au courant, seule une personne ne l’était pas.

Il s’agissait de traits de mêmes longueurs. Les « sachants » tenaient le discours qu’un trait était plus long que les autres. Le candide soutenait que tous étaient de même longueur. Au début seulement, car sous la pression du groupe, petit à petit sa position a faibli. Il a fini par adopter la même attitude que la masse.

Cela n’a rien de parlant. D’abord les « sachants » n’étaient pas cons, ils soutenaient consciemment une thèse fausse, ce qui n’a rien à voir. Finalement, les cons étaient ceux qui ont gobé l’histoire.

Il en est ainsi de la connerie. Sans esprit critique pas d’intelligence. Mais celui qui critique tout sans cesse est aussi un sacré con.

Je vous souhaite une belle journée mes ami(e)s, avec un bon café pour commencer.

La Goutte et Mr. Leftfoot

La Goutte et Mr. Leftfoot

Bien chère madame Goutte,

vous le savez, je suis un garçon gentil, ouvert et policé. Sachant cela, vous êtes entré dans ma vie sans y être invitée, sournoisement, discrètement, au début surtout. Ceci dit, si vous aviez attendu un signe de ma part vous ouvrant les portes de mon corps, vous eussiez dû repasser, je le crains, lors de ces fameuses calendes grecques dont on nous rebat tant les oreilles.

Vous ne faites pas partie des gens que j’ai plaisir à voir. Vous en êtes l’antithèse, le parfait contraire. Au lieu d’amener la joie, ce que tout ami ferait, votre visite me met à la peine. Vous avez tenté de me faire croire que vous ne souhaitiez que briser une triste et longue monotonie, celle de ma vie, par une surprenante nouveauté, un sursaut du destin, une scintillante licorne. Que nenni, que non pas, il n’en est rien. Ma vie, même un peu contrainte par les fameux éléments extérieurs à ma volonté, va bien, merci ! Nul ennui, nulle tournerie en rond ou ratatination !

Ma plume glisse sur le papier numérique et m’invente des histoires. Je lui prête même l’intention de tirer les fils d’une histoire plus longue. Quelle monotonie survivrait à un tel régime ? Si elle existait, elle ne serait qu’étroite, sans corps, sans coeur, une ombre si ténue que l’éclat d’un lampyre la renverrait dans d’ obscures limbes pour les siècles des siècles, amen !

Objection ! Argument non recevable !

Sinon j’aurais abusé de viandes plocplocantes dans des sauces parfumées chargées d’onctueuses crèmes et de délices dignes de la grande bouffe, une orgie de charcuteries dûment arrosées de vins blanc minéraux aux parfums de fleurs blanches et à l’acidité un peu verte, des délices d’abats, de rognons, d’andouillettes de chez Bobosse, la Rolls de l’andouillette à la ficelle, de tripes à la mode de Caen, de pâté de tête ou bien persillé, un méga plateau de fromages tous plus beaux et goûteux les uns que les autres, ou alors un plateau de délicieux fruits de mer, des tonnes de morceaux de chocolat, des asperges, du chou farci ou farceur.

Certes la dernière semaine on m’aurait vu me glisser dans le cornet de l’andouillette, des tripes, du fromage et un verre de vin blanc par repas jusqu’au décès de la bouteille plusieurs jours après. Mais ce n’est pas cela qui a joué, chère madame Goutte !

Ce qui a joué c’est bien plus surement le traitement que je prends pour pêter la gueule à mon cancer. Cet idiot, non content de remplir parfaitement sa mission principale, qui est de veiller à ma survie, si j’avais le moindre sens religieux, je l’en bénirais, je me contenterais donc de l’en remercier, s’en invente d’autres bien moins recommandables, comme faire grimper le taux d’acide urique.

Vous voyez, chère madame Goutte, vous avez faux sur toute la ligne. Votre imposture étant maintenant rendue publique, sachez que je ne compte pas vous offrir l’hébergement plus longtemps. J’ai lâché mes avocats sur vos basques, ils vous coursent à travers les steppes arides de vos déambulations et vous y courseront encore longtemps. Vous devez commencer à sentir leur haleine de fumeur vous picoter les miches. Sous peu ils planterons leurs crocs vengeurs sur votre cul malingre !

Allez oust, vieille salope, déguerpissez hors de mon pied. Je voudrais le prendre et vous m’en empêchez.

Veuillez recevoir, chère madame Goutte, l’expression de ma haine la plus féroce. Fuyez loin et plus jamais ne revenez.

Avec mon mépris le plus extrême,

Régis Leftfoot

Il y a six jours, tu pris connaissance de ce courrier d’un certain Leftfoot évoquant une Maladie de riche. Se plaignant d’une certaine Madame Goutte, dont l’unique but dans la vie au moins à ce moment, semblait se réduire à lui nuire, avec constance et application.

Mais les choses sont rarement aussi simples à conter et Leftfoot, sans doute en proie à la douleur, était resté à la surface des choses. Avant 2012 (Notes 1 et 2), cette Madame Goutte se serait fait appeler Mademoiselle. La précision n’est pas que sémantique, vous l’allez voir.

Madame Goutte est danseuse. Le muscle fin dessiné par la pratique de la barre, des positions, des sauts de toute religion, le pied rompu par les pointes, la grâce qu’elle met dans chaque geste n’est en rien calculée. Tout chez elle est danse, de sa tête fièrement levée aux bouts de ses doigts si tendus loin d’elle qu’elle parait encore plus fine et plus longue, chaque partie d’elle travaillant à mettre son existence au service de la beauté.

Leftfoot n’est qu’un homme, chargé de faiblesses et de clichés. Nullement prêt à évaluer la profondeur des sentiments, incapable de distinguer la véracité des personnes des artifices calculés, il est, ce faisant, la victime idéale pour celle qui sait jouer avec les codes de la séduction. En période de chasse, un plaisantin aurait même pu dire « Il est ce faisan ! ».

Imagine la scène ! Leftfoot, nu, assis sur un tabouret au milieu d’une piste de cirque. Autour de lui, Goutte enchaîne des sauts et des pas de danse ultra modernes, mélange de hip hop et de classique totalement assumé. Goutte est également nue. Contrairement à la majorité des danseuses, sa poitrine n’est pas qu’un fantasme. Bien que ses seins soient lourds et fermes, ils ne subissent que légèrement la danse. Les envolées et l’effet de la pesanteur contrastent avec ses muscles fermes et dessinés.

Les pieds de Goutte, lorsqu’ils touchent le sol après un saut, font gicler un peu de poussière, un peu comme la couronne qui s’élève autour d’une goutte de lait qui vient de tomber.

Leftfoot entend le bruit des pieds qui frappent le sol. Cela résonne presque aussi fort que les sabots des chevaux de course au grand galop devant les tribunes. Un bruit venu du passé, immémoriel, et chargé de tant d’existence et de force que Leftfoot est bouleversé, saoulé par ce sublime tourbillon à lui seul destiné. Il voudrait entrer à l’intérieur de lui-même pour comprendre toute cette beauté.

Il aimerait résister, se montrer fort, mais ne peut rien faire. Son érection est une folie incontrolable. Il est raide dingue. Goutte l’a vu, s’en amuse. Son corps en action se charge peu à peu d’humidité. La poussière commence à coller à ses mollets. Parfois au détour d’un saut, la poussière tache une autre partie de son corps, augmentant ainsi la sauvagerie du moment.

Goutte pousse des cris qui appuyent ses gestes. Leftfoot ne les entend pas. Il regarde la délicieuse bouche de Goutte se déformer mais aucun son ne lui parvient. Il bande toujours comme un fou, mais commence à avoir peur. La situation lui échappe totalement, il ne comprend pas le jeu. Il se sent de plus en plus victime.

Goutte le défie, interpelle sa virilité, le fait douter de son existence. Après l’avoir taquiné, elle se moque de lui, le ridiculise. Elle est toréador. Il tape faiblement du sabot, du sang gicle de sa bouche et de ses naseaux. Comme tout taureau, il sait qu’il ne sortira pas vivant de cette danse macabre.

Mais l’agitation cesse, elle s’approche de lui, doucement, le souffle court. Elle lui colle ses seins sur le visage, il essaye de lui en sucer un, mais elle s’échappe, se place derrière lui, fait glisser ses mains sur son torse. Il lui attrape les mollets, fermes, si vivant et tente de remonter les mains sur ses cuisses. Elle se recule pour lui échapper, lui pince les tétons, revient devant lui, pose une jambe sur son épaule et lui appuie son sexe humide sur la bouche.

Il s’enfouit dedans, respire cette odeur suave et acide, aspire le clito en le titillant du bout de la langue, le relache, recommence. Elle frémit, s’écarte, redescend sa jambe et s’asseoit doucement sur son sexe tendu.

Sur ce, je vous laisse, j’ai des trucs à faire…

Notes

1 Circulaire n°34682 du 21 février 2012 pour l’utilisation de Madame et non plus Mademoiselle. François Fillon, premier ministre, concrétise la proposition de la ministre des Solidarités, Madame Roseline Bachelot.

2 Le 26 décembre 2012, le Conseil d’État valide la suppression du « Mademoiselle » dans les documents administratifs

Leftfoot est de retour. Nous l’avions laissé pantelant, excité, tendu comme une arbalète, victime d’une Madame Goutte très en forme et avide de profiter de lui.

Vous attendiez peut-être une suite détaillée, avec moult descriptions de moiteurs, de touffeurs, de fluides d’amour. Vous ne l’aurez pas. Inventez-la vous-même, je vais vous donner des axes. Enfin plus exactement, un axe.

A la même époque où elle commerçait avec Leftfoot, Goutte avait rencontré un photographe qui officiait dans Lui ou Play-boy. Lorsqu’il m’a rapporté l’histoire, des lustres s’étaient écoulés et certains détails s’étaient estompés de son souvenir. En tout cas l’un de ces deux, il en était certain, il l’avait même acheté.

Des photos de Goutte avait été publiées plus tard dans ce magazine sous le titre évocateur de Sexercices. Le physique de Goutte, rompu à la danse, lui autorisait à s’amuser avec. Elle aimait ainsi se faire prendre alors qu’elle tirait sur son organisme, comme en faisant le grand écart, ce qui ne manquait pas d’exciter Leftfoot au-delà de ce qu’une sexualité normale lui avait permis d’entrevoir jusque-là.

Goutte lui avait parlé des sexercices qu’elle avait inventé. Elle lui avait montré et fait tester ces positions inhabituelles, pour son plus grand bonheur, il le reconnaissait bien volontiers. Elle lui avait parlé de sa rencontre avec un photographe, mais sans qu’un lien avec les sexercices ne soit jamais fait. C’est à ce moment que leur relation perdit en intensité, Goutte lui échappa, attirée par de fumeuses et illusoires paillettes. Leftfoot ne se sentait pas de se battre pour quelqu’un ne montrant pas plus d’intérêt pour leur relation.

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsque, quelques semaines plus tard, il découvrit l’article. Goutte, ses jambes écartelées à 180 degrés, plaquées au sol de chaque côté d’elle laissant entrevoir son sexe. Elle avait toujours les mêmes seins lourds et fermes, souriait à l’objectif, mûtine et provoquante, ses longs cheveux un peu en bataille. Il avait ressenti une impression bizarre, comme si on lui avait volé une parti de son intimité. Il se sentait dépossédé de sa vie privé, alors qu’il s’agissait uniquement de celle de Goutte.

De Goutte, il gardera les souvenirs d’une fille entière, très saine, très sympa, à l’époque en terminal dans une classe sport-étude où elle pratiquait la danse plusieurs heures par jour, physiquement super affutée, et vibrante d’une énergie sans fin. Avec elle, les heures de sommeil étaient rares, les baises copieuses et drôles.

Il se souvient du pont de l’amour, souvenir d’un dessin de Reiser qui mettait au pinacle les fluides corporels reliant leurs sexes après l’acte, des rires que cela engendrait. Il se souvient de sauts qu’elle lui montrait dans son appartement, de la puissance explosive dont elle faisait alors preuve.

Il se souvient aussi d’une soirée avec toute la classe de Goutte, professeur inclus, d’avoir fait une mousse au chocolat pour la troupe, et surtout d’avoir ressenti la pire gêne de sa vie en confrontant sa propre maladresse et l’incurie de son corps de sportif léger, à l’harmonie gestuelle des danseurs. Au milieu d’oiseaux élégants, il était le cygne noir, ou l’albatros de Baudelaire.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Si vous cherchez le terme sexercice sur internet, vous trouverez des références de sites porno, des exercices permettant d’assouplir ou de muscler son corps. Mais vous ne trouverez pas les photos de Madame Goutte, peut-être parce qu’elle n’a jamais existé… mais vous trouverez aussi cette vidéo de Kylie Minogue, qui s’approche de l’esprit de cet article : Sexercize par Kylie Minogue

Un jour l’emplumé partira – 6

Un jour l’emplumé partira – 6

Maintenant c’est plus facile, je pars quand je veux. Il suffit d’une journée sans pluie et sans vent, de l’emplumé pas trop cassé par son traitement, je saute tel un cabri sur Liberté et roule ma poule.

J’ai déjà plusieurs balades prêtes, de 50 à 100 km, Gisors vers le Nord par la vallée de l’Epte que j’affectionne particulièrement et qui a connu de célèbres affrontement entre les Vikings et les Francs. Vous avez entendu parler du fameux traité de Saint Clair sur Epte signé entre Rollon et Charles III le simple en 911, dans lequel les vikings reçurent le Vexin maintenant appelé Normand, le pays de Caux, et d’autres, à savoir toute la région à l’ouest de la vallée de l’Epte jusqu’à la Dives. C’est ce traité qui mit fin à la période troublée des attaques vikings et établit une paix entre une Normandie enfin constituée et le pays Franc.

Une autre balade m’emmènera aux Andelys vers le Nord-ouest, avec le fameux château Gaillard érigé par Richard Cœur de Lyon deux siècles après les invasions vikings. Le retour longera l’Eure, une vallée avec quelques jolis endroits, comme le chateau d’Acquigny, son jardin romantique, et de nombreux plans d’eaux, jusqu’à Pacy sur Eure vers l’Ouest. Demain, si la météo est propice…

Demain, si la météo est propice je partirai, les miches bien calées sur mon destrier de feu, avec le seul plaisir de m’évader. En fait la formule est bête, je ne m’évade de rien du tout. Il faut être en prison pour s’évader. Ma vie est douce et ne mérite en rien que je m’évade. L’idée est plus de varier les plaisirs, et la liberté que l’on ressent à moto n’a rien d’un fantasme. On ressent vraiment du plaisir à se balader. Le mien est doublé par la découverte d’un nouveau « jouet ». J’ai aussi l’impression de jouer un mauvais coup au cancer. C’est ça, je m’évade de mon état de malade. Fuck le cancer, gros pied de nez et doigt d’honneur !

Même si un jour tu gagnes le combat (je signale ici que la première fois que j’ai écrit cette phrase, je ne sais pas sur quoi j’ai appuyé, mais elle s’est totalement effacé. Comme si c’était hors de question !!! Je l’ai donc écrit une seconde fois. Chère phrase, je t’aime tant… tant que je peux t’écrire, c’est moi qui gagne…) je t’aurais tout de même niqué en mettant en branle mes projets d’écriture, de moto et d’autres à venir…

Tant que je partirai en écrivant, en moto, c’est que je suis en vie ! Pour ceux qui me suivent, un de mes jeux est de construire une histoire avec « Un jour je partirai ». J’en suis à l’épisode n°6. Pour les retrouver, depuis l’accueil du blog, chercher le thème « Un jour je partirai ».

Bonne journée les ami(e)s !

Billet double confinement – semaine 6

Billet double confinement – semaine 6

21/4/2020

Je te fiche mon billet en l’air…

Il y en a partout, dans chaque village. Au-delà de nos frontières, peut-on encore parler ainsi aujourd’hui, dans toute l’Europe occidentale. Ils sont en l’air, hors de portée. Souvent noirs, parfois colorés. Parfois fixes, parfois esclaves du vent, ils nous en donnent alors la direction. Ces coqs qui surplombent nos clochers sont si familiers.

C’est lui le premier qui voit la lumière du soleil. Il le crie haut et fort. Certains sont déréglés, trop pressés, des coqueriquateurs précoces dirait-on, vous réveillent en pleine nuit. D’autres coquelinent en journée. Toujours le bel emplumé se dandine autour de ses poules. Malheur à celui qui voudrait corrompre l’équilibre de sa basse-cour.

Du coq, nous avons fait l’un de nos emblèmes, quand nos voisins ont choisi un lion, un aigle, un taureau ou un loup. Nos voisins latins se sont amusés du mot « Gallus » qui veut autant dire coq que le Gaulois. Le caractère orgueilleux de l’animal collait bien avec celui de notre peuple, toujours prêt à donner des leçons aux autres, leçons qu’il exècre à s’appliquer à lui-même. Quelques sarcastiques s’amuseraient même à dire que nous avons pris le coq comme emblème parce que c’est le seul animal à chanter les pieds dans la merde.

Tu reconnaîtras tout de même qu’il n’est pas très glorieux d’avoir gardé cette volaille comme emblème. Je sais bien que d’autres ont un poireau ou une feuille d’érable, mais notre coq est tout de même assez misérable. Pourtant nous y sommes très attachés. Je me suis interrogé sur ce qui pourrait le remplacer. Quelque chose qui nous représente spécifiquement, que l’on aurait et pas les autres.

Le vin ? On est bien loin d’être les seuls et certains en font même du très bon. Nous avons l’avantage de la diversité et l’historique.

Le fromage ? Là d’accord, on est champion du monde par la puissance et la diversité de l’offre.

Le mauvais caractère ? La Fonction Publique ? Les Impôts élevés ? Les gilets jaunes ? Les conducteurs qui se curent les narines ? Les ronds-points ? On est très bons dans tous ces domaines, mais il n’a jamais été prouvé qu’on nous les enviât.

J’ai donc longuement délibéré avec moi-même. Nous eûmes de vives discussions, pouvant devenir enragées. Trois fois je quittais la table, excédé. Trois fois, j’ai bondi de ma chaise pour me récupérer afin de poursuivre le débat. Ceux qui me connaissent savent que je suis plutôt diplomate, plus négociateur qu’enclin à imposer ma loi ou me la faire imposer si cela heurte mes valeurs. On me dit sage et serein.

Il me restait trois choses : le vin, le fromage et l’impossibilité de trancher en faveur de l’un ou de l’autre, les deux étant les fondements de nos conviviaux repas.

Finalement, désireux de sortir par le haut de cette situation tendue, je trouvais un accord avec moi-même et décidais de réintégrer le coq à sa place de titulaire, ce qui ne manquera pas de flatter ainsi la masse des électeurs attachés aux valeurs traditionnelles. Ma gourmandise refusait de se taire. Et nous voilà avec un bon coq au vin accompagné de pommes de terre, légume délicieux, populaire et néanmoins transnational s’il en est, suivi par un beau plateau de fromage. Le tout, coq et nous, copieusement arrosé par un bon Pinot noir de Bourgogne.

Apaisé, je suis fier d’avoir ainsi contribué à la mise en place du nouvel emblème de la France.

Françaises, Français et tous les autres, bonne journée !

 

22/4/2020

Je te fiche mon billet en panne…

Il y a des jours comme ça…vidé, pas l’ombre d’une idée et du coton dans la tête, incapable de produire un billet, ou quoi que ce soit. Il est plus sage de me retirer sur la pointe des pieds pour laisser la place au beau texte « Les séparés » de Marceline Desbordes-Valmore, qui illustre à la fois ma situation et un peu le thème du confinement.

 

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.

Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.

J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,

Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.

N’écris pas !

 

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes,

Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais !

Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,

C’est entendre le ciel sans y monter jamais.

N’écris pas !

 

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire ;

Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.

Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.

Une chère écriture est un portrait vivant.

N’écris pas !

 

N’écris pas ces deux mots que je n’ose plus lire :

Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ;

Que je les vois brûler à travers ton sourire ;

Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur.

N’écris pas !

 

Ecoutez ce qu’en ont fait Julien Clerc et Benjamin Biolay.

Je reviens demain avec plus d’écrits. Bonne journée ami(e)s hors de portée.

 

 

23/4/2020

Je te fiche mon billet à -37,63$

C’est comme un retour après des vacances, des retrouvailles avec des amis absents depuis longtemps. Je suis bien content d’être de nouveau avec toi. La solitude commençait à me peser.

Il fait sacrément beau aujourd’hui ici, le temps idéal pour se promener un dimanche après-midi. J’entends déjà tes remarques, toi qui télétravaille en clapotant comme un(e) forcené(e) sur ton clavier, nous ne sommes pas dimanche. Selon les organisations syndicales nous serions mercredi, mais selon moi et ma police personnelle, nous sommes dimanche. En tout cas il fait beau et tout à l’heure nous irons peut-être nous balader, dument munis de l’attestation qui va bien.

Une nouvelle est tombée hier, très révélatrice à mon avis. Le baril de pétrole américain est tombé en dessous de zéro lundi 20 avril à la bourse de New-York. Voilà une ressource limitée dont la finitude devrait inciter à s’en passer. Ce n’est pas le sens pris, et l’on sent bien que l’humain va pressurer sa terre comme une éponge pour en extirper jusqu’au dernier litre. Quitte à utiliser la décriée et dévastatrice fracturation hydraulique et le forage horizontal.

Le prix baisse. Pour nous autres, ce pourrait être intéressant, mais hélas lorsque nous faisons notre plein, nous achetons près de 60% de taxes. Au passage, sais-tu que nous payons la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), de la TVA sur la TICPE, et de la TVA sur l’ensemble (produit et TICPE). Accroche-toi, c’est après que ça devient intéressant.

Tu as déjà noté que l’on payait de la taxe sur de la taxe. Conceptuellement, c’est malaisé d’imaginer payer une taxe sur la valeur ajoutée d’une taxe. Mais déjà, pourquoi faut-il taxer le fait d’ajouter de la valeur à quelque chose. Le fait d’ajouter de la valeur à quelque chose devrait être récompensé, pas puni. Du coup, comprendre l’empilement est illusoire.

Pour du SP95, on paye 63% de taxes et pour le diesel, désolé si j’utilise encore ce terme désuet, on paye 57%. Pourquoi moins de taxe sur le diesel ? Il est un peu moins couteux de raffiner du diesel que de l’essence. Mais il y a sans doute d’autres raisons…

Bref, si le prix baisse un peu à la pompe, c’est parce que l’Arabie Saoudite a décidé d’augmenter sa production et faire ainsi baisser le prix du pétrole. Deux cibles : la Russie, qui refuse un accord pour baisser le prix du pétrole, car elle a besoin de ces revenus pétroliers et gaziers et les USA avec leur pétrole issu de la fracturation hydraulique.

Nous avons donc un afflux de baril de pétrole que plus aucun opérateur ne peut physiquement stocker. Si le cours du baril est passé dans le négatif, à -37,63$, c’est juste parce que les opérateurs veulent déstocker.

On voit bien l’écart entre nos préoccupations quotidiennes, celles des opérateurs techniques et celles de la bourse. Comme dirait Fabrice Lucchini « C’est énooorme ! ».

Dans une époque numérique sur-connectée, ce monde est décidément de plus en plus déconnecté des valeurs humaines, celles qui nous permettent de cohabiter avec bonheur.

Attendons-nous à des temps rudes mes ami(e)s. En attendant, bonne journée !

 

24/4/2020

Je te fiche mon billet d’espoir…

Comme toute chose comporte contraintes et avantages, le confinement nous prive de liberté, a des conséquences graves pour certain(e)s qui ne peuvent plus exercer leur métier, contraint certain(e)s à des proximités parfois désastreuses. Mais il nous offre des espaces de liberté

Habituellement, nous sommes ballottés dans un incessant carrousel de sollicitations, mail, téléphone, tchat, collègues qui passent discuter, viennent te prendre du temps ou pire, te refiler leur boulot en douce, mine de rien. Le télétravail change la donne en limitant les entrants et nous offrant la capacité de nous concentrer plus sur les tâches à accomplir.

Tout cela est de la fiction pour les personnes à la retraite comme votre serviteur. Mais ma mémoire fonctionne encore…

Dans d’autres sphères, les artistes, privés de scène et d’enregistrement, tentent de répondre en organisant des vidéo live depuis chez eux. Ils nous offrent de la musique sans chichi, sans lumière, sans la distanciation qu’une scène impose. Ils sont dans leur salon, dans leur cuisine, dans leur salle de bain.

Il y a une simplicité, un dépouillement dont nous n’avons pas l’habitude. Parfois une certaine maladresse, quand l’image diffusée est verticale au lieu d’être horizontale (mon fils parlerait d’image horizonticale), ou quand l’accompagnement n’est pas aussi riche qu’on voudrait. Certain se révèle, et l’on découvre que tel chanteur est aussi un excellent guitariste, à notre totale surprise. On ne voit finalement qu’une bonne volonté et on ressent une proximité inhabituelle. L’émotion est souvent au rendez-vous. Aussi par la gêne de l’artiste qui se met à nu sans artifice.

On pardonne aisément les petits plantages quand il y en a. On découvre que la compagne d’un musicien que l’on suit, chante également très joliment. Elle n’a pas l’habitude de se produire et oublie de penser au son, en cherchant son amoureux du regard plus que le micro du téléphone. Du coup, sa voix est loin derrière la guitare. Mais la chanson, musique de lui et paroles d’elle, est une douce mélodie et l’exercice très touchant. C’est ce que l’on retiendra.

Ce sont des moments vrais, des petits bonheurs, de l’humanité volé au moment difficile que nous traversons. Une autre fois, je regarde mon amie Lyonnaise Vanessa di Mauro qui nous diffuse un spécial Beatles depuis sa salle de bain. Elle chante Let it be, Yesterday, Get back et Imagine. C’est beau, c’est chouette, tout le monde laisse un petit mot gentil. Un moment super agréable, bon enfant. La vie quoi…

Je vous incite à regarder ces vidéos live. C’est de la musique vraiment vivante.

On sous-estime la force de vie et l’espoir qui nichent à l’intérieur de nous. Ce sont des super héros, sacrément durs à cuire, et il faudra plus d’un virus pour en venir à bout.

Mes ami(e)s, cultivons l’espoir, la culture et la liberté !

25/4/2020

Je te fiche mon billet apprend un nouveau mot…

Mon ami Ludovic m’a fourni le sujet de mon billet en publiant « l’ultracrepidarianisme, je ne sais pas ce que c’est mais je suis contre ! ». Là, je sens que nous suis en train de te perdre. Reste un peu, je vais t’expliquer. Ça va te plaire, tu vas retrouver tout un tas de ces comportements irritants qui font l’actualité et en même temps, notre désolation.

L’époque est idéale pour le déploiement de cette discipline, je choisi ce mot exprès, vous comprendrez plus loin. Les politiques donnent leur avis sur la manière de soigner le Covid-19, les médecins donnent leur avis sur le sport, les sportifs donnent leur avis sur la météo, les météorologues…. Vous avez compris, l’ultracrepidarianisme c’est le comportement de ceux qui donnent leur avis alors qu’ils n’ont pas la connaissance ou la compétence du sujet.

Ouf ! Finalement c’est aisé à comprendre. Je reviens sur le mot discipline choisi plus haut. Le mot viendrait de Pline l’ancien (23 à 79 après JC) relatant une remarque d’un cordonnier sur une toile du peintre grec Apelle (4ème siècle avant JC, dont aucune toile n’existerait à ce jour). Ça ne vous fait pas penser à des phrases entendues comparant la peinture de Picasso avec ce que pourrait faire un enfant ?

Les interventions récentes de tout un chacun sur les bienfaits de la chloroquine sont des exemples parfaits de l’ultracrepidarianisme. Ça y est j’arrive à l’écrire sans me planter. Pour ce qui de le prononcer, c’est une autre histoire. Je devrais peut-être essayer avec des cailloux dans la bouche ou en mordant un crayon….

J’ai croisé pas mal de personnes qui le pratiquaient lorsqu’ils voulaient m’apprendre mon métier, alors qu’ils l’avaient utilisé mais sans le pratiquer, donc sans en connaître les vrais enjeux. Ceux-là il faut savoir leur répondre, les rassurer, mais surtout ne pas tenter de leur faire comprendre, la cause est perdue d’avance. Sans faire le parallèle avec la phrase de Michel Audiard « Je ne parle pas aux cons, ça les instruits » bien entendu…

Le plus récent et plus connu des exemples provient d’un familier du stéréotype, fervent utilisateur d’UV et porteur d’une célèbre mèche jaune. Il a récemment « suggéré des injections de désinfectant dans les poumons, arguant que ce produit pouvait «mettre K.O le virus en une minute». » (Dixit Le figaro le 24/4/2020). Il ajoutait « Il faudra sûrement faire appel à des médecins pour ça, mais ça me paraît intéressant comme idée ». Et il ajoute «Peut-être qu’on peut, peut-être qu’on ne peut pas. Je ne sais pas. Je ne suis pas docteur. ». Comme dirait Coluche « Quand on n’a rien à dire, vaut mieux fermer sa gueule ! ».

Il y a des domaines où nous avons tout intérêt à rester dans nos prés carrés, comme le disait clairement Desproges « Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et de ne laisser aucun doute sur le sujet. ». Sur ce, je me tais. Je ne voudrais pas me faire taxer d’ultracrepidarianisme.

Bonne journée vous tou(te)s.

26/4/2020

Le billet quotidien prend du repos. Je reviens dans quelques jours.

 

27/4/2020

Le petit billet poursuit sa grève…

Je ne continue pas sur la grève mais bien dans mon mouvement de grève. Enfin je rigole, car il s’agit plus d’un non-mouvement de grève. A part les allers et retours que vous êtes en droit d’imaginer, je suis d’une immobilité frôlant l’insolence. Pour vous donner un exemple, lorsque j’attrape mon verre sur la table basse j’ai l’impression de faire un geste inhabituel, une prise de risque quasi-aventurière.

Le seul côté positif que je peux trouver à la situation est que je n’ai pas rechargé ma tablette depuis trois jours et qu’il me reste 27% de batterie. C’est surtout que je m’en suis libéré. Pas certain que cela soit pérenne…

Je vais contacter le labo à qui j’ai confié un peu de mes productions liquides. Ensuite je devrais contacter mon médecin. Fait-elle de la télé médecine ? Travaille-t-elle ?

Le labo donne les résultats par internet. Une fois de plus c’est le copain Escherichia coli qui est venu me casser les pieds. J’appelle mon MG. On prend mon numéro de téléphone et on me rappelle. La télémédecine m’éviterait de me déplacer. J’espère…

Bonne journée