Maux & Cris

Textes, Poèmes, Livres, Rêves et autres billevesées

Il y a un mois j’expliquai ma fréquentation récente de la salle de sport, ses raisons et la précaution que j’y mets : 62 tonnes

J’ai, depuis ce premier retour, augmenté quelques poids sur les machines déjà connues et découvert cinq nouvelles machines, dont deux concernant les abdominaux. L’une s’appelle « Abdominal crunch ». Je l’appelle « Abominable crunch ». À noter que, si je connais le concept d’abdominaux pour avoir vu des photos et certains amis en maillot de bain, je n’ai jamais eu de ma vie.

Afin de rester sur une durée d’une séance ne dépassant pas trop 1h30, y compris le cardio (vélo et marche), j’ai réparti le programme sur deux sessions, réalisées alternativement. Certaines machines sont utilisées une semaine sur deux, d’autres à chaque fois, comme le cardio. J’essaie de faire en sorte que l’effort soit similaire dans les deux, et ce n’est pas simple.

Cette répartition bougera certainement dans le temps. Une des leçons apprises depuis deux mois est de ne pas reproduire les choses bêtement, façon « bourrin », mais d’écouter mon corps. C’est ainsi que si j’ai été affaibli par un dérangement intestinal dû aux médocs, je dois être prudent et moins forcer.

J’ai peu de réserves. La situation s’est améliorée avec le nouveau traitement. Je ne me trouve plus en détresse respiratoire après le simple fait de monter les escaliers sans faire un arrêt sur le palier. Si je vais à la salle pour renforcer mon corps afin de lutter contre sa décrépitude annoncée, je dois pour l’heure me méfier d’un excès d’optimisme. En résumé, je dois tenter de faire progresser les exercices, mais sans aller trop loin et risquer de me retrouver en détresse respiratoire. Un jeu d’équilibriste…

Globalement, cela me plait toujours et j’attaque mon troisième mois, à raison de trois séances par semaine. En août, j’ai ainsi fait treize séances et soulevé 115 tonnes.

Exemple d’abominable crunch (photo récupérée sur internet, pas de nom de photographe à citer)

Cela ne ressemble-t-il pas à la machine de torture que certains inquisiteurs auraient bien voulu avoir pour faire avouer n’importe quoi à n’importe qui ? Et bien, après mûre réflexion, c’est exactement cela…

Je vais vous parler des gens que j’y croise. Souvent les mêmes, qui viennent ici les mêmes jours que moi, ou peut-être y viennent tous les jours. Je ne bavarde avec aucun, mais on échange quelques bonjour ou bonne journée avec les plus loquaces. Le plus grand nombre reste fermé, très concentré sur son action et ne laissant aucune ouverture vers autre chose. Je ne leur en veux pas, je fais pareil.

Il y a quelques gars super musclés. Imagine, tu passes sur la machine juste après eux et tu oublies de régler le poids. Tu tentes de lever la barre et elle ne bouge pas d’un millimètre. Cela m’est arrivé ce matin. J’ai regardé les poids, c’était au max, alors que je monte à peine le cinquième de cela. Si je n’avais pas été livré à la naissance, j’apprendrais la modestie.

Peu sont tatoués des pieds à la tête. C’est le cas d’une jeune femme, qui vient surtout quand Nel, le coach, n’est pas là. Ce qui lui permet de mettre sa musique sur les enceintes. Et là, c’est boum, boum, boum…. Avec le même rythme du début à la fin. Cela aiderait le travail sur les machines, selon elle !

Avec miss tatouée, ni bonjour, ni belle journée, que dalle !! Un jour, elle s’est fait un peu reprendre par trois jeunes, qui lui ont demandé s’ils pouvaient enlever cette musique de merde. Elle leur a laissé le lead et ils ont envoyé du bon rap. C’était plus agréable.

J’ai bien pensé à installer mes ear plugs pour me diffuser du jazz, mais je ne suis absolument pas certain du résultat… Jazz et muscu, un attelage plutôt incongru…

Un autre gars, équipé d’oreillettes, souffle fort lorsqu’il travaille, suffisamment pour que l’entourage, même éloigné, entende Pchhhhh…Pchhhhh…Pchhhhh….au rythme des efforts. On dirait une machine à vapeur, c’est impressionnant de régularité. Paul l’appelle Pchhhhh ou des fois Denis, comme Denis Papin, pas Jean-Pierre ! « Tiens aujourd’hui, on n’a pas vu Papin ! » ou « T’as vu, Pchhhhh est pas là ! Non j’ai pas vu mais j’entends le calme…»

Certains respectent les consignes de bien nettoyer tout ce qui a été en contact avec notre peau, avec le matériel proposé par la salle. D’autres s’en contre foutent royalement. Il faut les repérer afin de nettoyer la machine qu’ils viennent de quitter avant de l’utiliser.

Une machine est en rideau depuis trois semaines, la société qui interviendra ne le fera que lorsque plusieurs salles auront des machines HS dans le coin. Le contrat de maintenance n’a pas été bien négocié, je trouve. Voilà ce que l’on obtient lorsque l’on privilégie un coût bas à un service à la hauteur. Question de point de vue.

Ah oui, j’oubliais. J’ai appris le nom de quelques muscles dont l’existence n’était, jusque-là, pas arrivée jusqu’à mes oreilles. C’est dingue tous ces muscles, et personne ne m’avait rien dit.

Je suis réinscris pour trois mois…

14 réflexions sur “115 tonnes

  1. marie dit :

    Bonjour Régis, et bien en voilà un billet agréable à lire, je vois que tu es en meilleure forme , mais… il ne faut pas exagérer, écouter son corps. Je me suis laissée avoir avec mon vélo de piscine, et que j’te pédale , et bien résultat deux heures après je ne pouvais plus descendre l’escalier, mon genou criait grâce!!! C’est drôle que la Miss tatouée se croit tout permis, sa musique , son corps , ses tatouages, tiens je l’imagine avec ce regard un peu méprisant. Bon du bon rap, j’avoue j’aime pas, et ne fais pas de différence entre le bon et le mauvais, le jazz par contre j’aime bien, ce matin dans la piscine j’ai mis France Culture que de « la grande musique » pas trop top pour pédaler. Je te souhaite bon courage pour te muscler sans trop quand même . Bisous MTH

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonjour Marie,
      Il faut rester en dessous de la douleur et de l’essoufflement. Des fois, on s’emballe. La sanction est rapide et parfois bien pénible.
      Miss tatouée n’est pas vraiment méprisante, elle ne considère absolument pas les autres, comme plein de gens. Elle a tous les droits avec son corps et ses tatoo. Mais elle pourrait peut-être ne pas nous infliger sa musique. Ce serait gentil de sa part…
      Le rap, je connais peu, mais il y a de très belles choses au milieu de beaucoup d’immondices.
      Le jazz c’est mon milieu naturel. Mais je n’ai pas vraiment de genre de musique que je n’aime pas. Il y a de la bonne musique dans tous les coins.
      Prends soin de toi Marie.
      Je t’embrasse,
      Régis

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  2. On nous cache tout, on nous dit rien (à propos des muscles que nous avons, paraît-il, plein le corps).
    Bonne journée, Régis.

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    1. Maux&Cris dit :

      Les miens sont des pros du cache-cache !
      Bel après-midi Jean-Louis.

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  3. Moral d’acier, tu fais plaisir à lire!
    Pour les muscles qui remontent jusqu’aux oreilles, leur nom scientifique est zygomatiques et en langage populaire Ouistitis.🥵

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    1. Maux&Cris dit :

      Ceux-là je les connais bien, ils sont très développés chez moi ! Merci pour ton commentaire.

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  4. Photonanie dit :

    Un billet plein d’espoir te racontant en forme. Dommage que vous soyez comme des robots inhumains à la salle de sport mais bon, si on ne peut rien y faire…
    Bonne continuation dans ton apprentissage des muscles 😉

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    1. Maux&Cris dit :

      Chacun dans sa bulle. À vrai dire, il arrive que deux personnes se mettent à jacasser. C’est plutôt pénible en fait.
      Merci d’être passée.
      Bises

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  5. Mamiso dit :

    Tu es d’un courage exceptionnel !
    Je n’arrive pas et je n’arriverais jamais à comprendre ni accepter cette froideur chez les gens qui se cotoient.
    Bisou

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonjour Mamiso,
      Je ne crois pas que ce soit de la froideur, juste chacun est dans sa bulle. Enfin je crois…
      Bisous Mamiso

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  6. roselineenbikini dit :

    Bonsoir ! On y prend goût, au sport, quand on sait rester doux avec son corps et qu’on sait que çà le soutient ! Cette description sociologique de la salle de sport me semble refléter notre société actuelle, avec ses défauts, ses abus, mais aussi ses jolies petites choses qu’il faut savoir chercher derrière. Heureuse de vous savoir en forme ! Bien amicalement !

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  7. Lazuli Biloba dit :

    La machine ressemble à un engin de torture mais que dire de la compagnie ! Supportable seulement de ton point de vue d’entomologiste. Merci de nous faire partager cette expérience de la modernité avec l’antidote de l’humour. Amitiés, Danielle

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    1. Maux&Cris dit :

      Bonjour Danielle,
      L’humour n’a effectivement pas trop sa place dans ce contexte si sérieux.
      Beau dimanche,
      Régis

      Aimé par 1 personne

  8. Lia dit :

    So happy to see you posted again! « Abominable crunch » Hi hi j’adore! Yes good to listen to our bodies… and to jazz… or rap. :)) You write in a very entertaining way. Plaisir de lire. Bises et bonne journée, Régis :)) 💪🏋️👏🎶

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