Maux & Cris

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Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

16/46-La passe de Mishima dans la province de Kai (Kôshû Mishima-goe)


La dernière éruption du Fuji San s’est produite plus de 50 ans avant la naissance d’Hokusai. Le serpent blanc qui s’enroule autour de son sommet ne doit rien à une éruption. C’est un nuage tiré par le vent.

Des voyageurs empruntent la passe. De gauche à droite, un personnage assis au bord du chemin fume la pipe, trois d’entre eux semblent faire un câlin à, ou mesurer, le bel arbre qui domine les deux vallées, trois autres redescendent dans la vallée.

Les couleurs sont intéressantes. Pourquoi le tronc a-t-il une couleur verte ? Cela se marie très bien avec la bande horizontale verte, constituée d’arrondis de la terre et de la végétation. Les personnages ont de beaux vêtements bleus ou verts, avec ou sans motifs. Les chapeaux sont jaunes, les marchandises marrons ou grises, j’avoue ma difficulté à trancher, étant parfois handicapé de la couleur.

Fuji-San a la tête bleue, le ciel aussi.

Si le nom de Mishima vous parle, regardez du côté de l’écrivain Yukio Mishima.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici. Il faut m’interdire le second :

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

15/46-Kajikazawa dans la province de Kai


Un bord de mer. Sur un promontoire (je ne ferai pas de remarque sur la vraisemblance de la scène) au-dessus des superbes vagues déferlantes, un pêcheur a jeté son filet dans les eaux rageuses. Son enfant semble dormir.

La nature de la côte marque par sa sauvagerie. Plus loin s’étend un calme absolu sur lequel trône ce cher Fujisan.

Admirez les lignes et les courbes. C’est d’une pureté absolue.

Une estampe que j’aime par ses contrastes. Elle dit la dureté de la vie autant que l’impermanence des choses tranquilles. On est en plein Ukiyo-e (rappel pour celles et ceux qui regardaient par la fenêtre au lieu de suivre le cours : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ukiyo-e). L’apport d’Hokusai dans ce mouvement est la part énorme qu’il fait à la nature.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici :

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

14/46-Les champs du hameau d’Umezawa dans la province de Sagami (Sôshû Umezawa-zai en Sagami)


Ici aussi, la nature est reine. Un tapis de végétation bleu et verte s’extirpe de la brume.

Des grues au sol, pattes dans l’eau, cherchent de quoi manger. Deux d’entre elles s’envolent, semblant vouloir rejoindre le sommet du Mont Fuji.

Nous aimerions entendre leur cri trompetant : « Qui sera la première en haut ?« 

C’est l’été, aucune neige ne couvre le Fuji. Noter la construction qui fait monter des buttes de plus en plus haut en direction de Fujisan.

Une de mes estampes préférées de cette série.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici :

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

13/46-La plage de Shichiri dans la province de Suruga (Sôshû Shichiri-ga-hama)


A part quelques maisons, que nous supposerons habitées, pas d’humain à l’horizon. Le parti-pris d’Hokusai, qui le distingue de ses confrères, est l’immense place qu’il fait à la nature.

D’une mer à l’étal surgissent des touffes de végétation vertes ou bleues. Des volutes de nuages blancs tentent vainement de se faire passer pour des arbres givrés.

La couleur du ciel est celle de l’aube, ce qui confère à l’œuvre, outre la composition artistique et des vaguelettes venant mourir doucement sur la plage, un calme infini dans lequel nous aimerions nous baigner.

Notons le rappel du Mont Fuji au premier plan, dont on a déjà dit que l’artiste aimait bien user.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici :

Série des 46 estampes du Mont Fuji par Katsushika Hokusai dit Hokusai

12/46-L’île de Tsukuda dans la province de Musashi (Buyô Tsukuda-jima)


La petite île que vous voyez, peuplée de maisons et de mats de bateaux au repos, est aujourd’hui devenu un quartier moderne de Tokyo. Heureusement, Hokusai nous a laissé une trace de l’époque où les pêcheurs étaient nombreux, tout comme les bateaux de transports de nourritures et de biens sillonnant les eaux.

Beaucoup de vert sur cette estampe. Tout ce qui n’était pas bleu, comme de l’eau était de la végétation. J’ai appris hier que ce sont des Hollandais qui ont amené le bleu de Prusse au Japon et que très vite, Hokusai l’a utilisé pour peindre l’eau, le ciel et plein d’autres choses, dont les cadres autour des estampes, qui avant, étaient noir (comme de l’encre de Chine ?).

Hokusai place dans le premier bateau une pyramide de légumes ou de gros fruits en réplique au Fuji. Il utilise fréquemment ce genre de technique. Cherchez bien dans ses dessins…

Une autre habitude du peintre est de dessiner les couvre chefs des personnages sans qu’on voit leur visage. Pour avoir vu des œuvres où il représente des humains, je peux confirmer que c’est un choix volontaire de les cacher.

Regardez comment est stylisée l’écume créée par l’étrave des bateaux. On retrouve un peu de la technique utilisée pour la Vague.


Si l’estampe m’inspire un haïku, je le dépose ici :