Tout passe (dit-on)

Tout passe (dit-on)

Tout d’abord, je tiens à m’excuser auprès de mes abonnés pour ce long silence. Il est dû à quelques petits tracas de santé, en bonne voie de solutionnement, qui m’ont bien fatigué.

Jusque-là, même si je l’évoque directement ou indirectement de temps à autre, je n’ai pas trop mis en avant ici mes incursions musicales.

Je me permets de contredire cette habitude en vous faisant part d’une musique composée pour mon ami Denis Schneider avec qui, et d’autres acolytes comme Jean-Claude Le Verge (Basse) et Alain Bonnaud (Voix), avons tricoté des mélodies, des harmonies et des textes et sévi sur de petites scènes parisiennes pendant une dizaine d’années sous les noms de Sans tambour ni trompette (je confirme, il n’y avait ni l’un ni l’autre), puis les zUVés.

Avec Denis, nous avons également accompagné l’auteure-compositrice-chanteuse Anne-Claire Guilloteau pendant deux ans. Avec Jean-Claude, que je connais depuis vingt-cinq ans, j’avais joué en duo, trio et quartet de jazz.

Nos répétitions des zUVés étaient un joyeux mélange de travail et de rires peu contenus, ce qui a garanti notre durée et scellé une belle amitié.

La présente musique Tout passe (dit-on) me tient particulièrement à coeur par son contexte émotionnel.

Denis était marié à Brigitta, jeune femme rencontrée pendant ses études en Allemagne. Toujours souriante, Brigitta était d’une gentillesse et d’une douceur sans faille. Une saloperie de cancer l’a mise à terre et a laissé Denis totalement bouleversé. Nous aussi, qui la vîmes chaque semaine pendant des années, nos répétitions se faisant chez eux, avons été très affectés.

Quelques temps après, en 2011 j’appris être atteint d’un cancer du rein, lequel rein m’a été retiré en janvier 2012, le quatre janvier, ma mémoire a fixé la date.

Suite à ces événements, nos répétitions ont été suspendues.

Là j’ai un doute, et ma mémoire défaillante ne saura pas le dissiper. Denis avait-il écrit le texte et me l’avait-il passé pour que je tente de poser une musique dessus ? M’avait-il parlé de l’idée, à partir de laquelle je composai ? Sans certitude, je penche pour la première version.

Toujours est-il que pendant l’été 2012, je pense avoir trouvé quelque chose pouvant coller. Une musique simple, en mode mineur, qui exprime de la tristesse mais pas que cela… Denis vient me voir dans ma campagne proche de Giverny. Je lui joue, il chante (à ce moments il avait déjà les paroles…) et la chanson se finit par ses pleurs.

Denis trouvait ma musique en parfaite adéquation avec ce qu’il ressentait et voulait exprimer. Nous l’avons un peu travaillé ensemble et hop ! dans la boîte. Il faut dire que Denis est un fin littérateur et un très bon interprète.

Vous savez maintenant pourquoi je tiens tant à cette musique. Il n’y a rien de trop dans cette chanson, qui me met la larme à l’oeil, l’émotion du décès de Brigitta et celle partagée lors de cet été 2012 sont encore si présentes.

Tout passe (dit-on)