Trypophobie

Contrairement à ce que certains pourraient penser, la trypophobie ne concerne pas la peur des troquets minables dont une porte discrète, assimilée backroom, mènerait à une salle de jeu pourrie où seuls des loosers souffreteux risqueraient leur thune si rare.

Rien à voir non plus avec une éventuelle peur du Trip hop, mais bon sang, qui pourrait avoir peur du trip hop ! Et pourquoi ?

Pire ! Certains auraient la peur des tripes, un plat que de trop nombreux pisse-froid agonissent à l’envi d’épithètes délétères alors qu’il est si bon et si réconfortant. Extrait de wikipédia « Les tripes étaient un plat populaire bon marché et nutritif des classes ouvrières au XIX siècle et durant la première moitié du XX siècle ». Je m’inscris en faux, Monsieur Pédia, les tripes sont toujours vivantes au XXIème siècle. Amen.

N’y voyez pas non plus une manière snob d’exprimer la peur aux tripes. Vous avez d’ailleurs noté que là où certains utilisent un y, sorte de i arcadien bizarrement tordu, nous pourrions tout aussi bien, et ce n’est pas plus cher, profiter des excellents i locaux bien de chez nous, droits dans leurs bottes avec ce joli petit chapeau flottant au dessus de leur tête. D’ailleurs je recommence ma phrase correctement : N’i voiez pas non plus….

La peur des voyages ? que nenni ! La peur des pots de fleur créés à partir de pneus (tire in english) ? Pas plus, mais jetez un coup d’oeil à la vidéo explicative : How to make a Rubber Tire Flower Pot pour obtenir le nec plus ultra du pot de fleur !

Dans le poinçonneur des Lilas, Serge Gainsbourg avait mis le doigt dessus puisqu’il s’agit bien des petits trous, petits trous, petits trous… 🎶🎶🎶

(n.m.) Un trypophobe a peur des ensemble alignés de trous, une peur inattendue mais plus fréquente que l’on aurait tendance à imaginer. Étonnant, non !

Dard, Descartes & Einstein

Je participe à une discussion portant sur une phrase de Frédéric Dard « Tout objectif flou conduit irrémédiablement à une connerie imprécise ».

Cette phrase amusante est pleine de vérité et fait écho à certaines situations rencontrées dans la vie dont on sort en se disant que si l’on ne trouve pas de solution à un problème, c’est que le problème a mal été posé. Je regarde les commentaires.

L’une dit « Ou à des merveilles inattendues, des images troublantes de vérité… ». J’aime cette vision poétique. J’entrevois une personne énigmatique, qui cache à moitié son visage dans un grand mouvement de drap tout en quittant la scène. C’est effectivement une très belle manière de sortir en beauté. Bravo !

Evidemment, l’inévitable à tendance nombriliste mêlant plafond bas, courte vue et dysorthographie oublie de se taire « C kom moi kan jai rencontré mon ex mari …j avait dla MERDE ds les yeux…😂😂😢😢😡😡 ». Là je pleure un peu et me dis que l’espèce humaine comporte quelques faiblesses dont la viabilité est interrogeable.

L’un s’exprime plus doctoralement « Etudier de manière cartésienne une hypothèse fausse donne un résultat faux. Il est donc important de partir d’une bonne hypothèse ». Là c’est plus intéressant

Déjà il n’est rien moins que certain d’obtenir un résultat faux dans ces conditions, car si le raisonnement est cartésien, la solution ne devrait pas être fausse.

Les quatre préceptes du cartésianisme :

« Le premier étoit de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; c’est-à-dire, d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenteroit si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.

Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerois, en autant de parcelles qu’il se pourroit, et qu’il seroit requis pour les mieux résoudre.

Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connoître, pour monter peu à peu comme par degrés jusques à la connoissance des plus composés, et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.

Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre. »

Le premier précepte nous aura incité à questionner l’hypothèse. Me parait-elle logique, plausible, possible ? L’hypothèse fausse mourra ici, forcés que nous serons de la remplacer par une autre, plus vraisemblable.

Mais après tout, pourquoi introduire la notion de cartésianisme dans cette histoire ? Pourquoi se limiter à un mode de raisonnement. Si j’ai envie d’étudier de toutes les manières possible une hypothèse fausse, qui viendrait me gronder, voire me gendarmer pour m’interdire de penser comme j’en ai envie ?

Bref, à mon interlocuteur, et faisant référence à notre célèbre ‘moins fois moins égale plus’ je réplique par un trait rigolo-statistico-mathématique « Avec une hypothèse fausse et un raisonnement faux, il n’est pas totalement exclu de pouvoir tomber éventuellement sur une bonne conclusion !!! ».

Que lis-je en retour ? « Le hasard n’est pas mathématique ». Je comprends ici avoir à faire à une forte tête qui ne maîtrise pas vraiment le sujet posé. Je lui porte donc le coup de grâce avec un somptueux et dédaigneux « Einstein répondrait sibyllinement : C’est probable ! »

Amateur de probabilités, je vous dédie cette journée !

Une fenêtre ouverte !

Après deux semaines d’un suspens aussi usant qu’inutile, après quelques coups de fils passés pour avoir des news, des promesses non tenues que l’on me rappellerait dès le lendemain, j’ai re-contacté l’oncologue qui, après avoir pesté contre celui qui devait m’appeler et ne l’a pas fait, et que pourtant elle lui a rappelé tous les jours, encore ce matin d’ailleurs, m’a confirmé que l’on ne voyait plus rien sur l’imagerie et que, par conséquence, la fameuse fenêtre thérapeutique était ouverte.

First aval, comme dirait un brexitien, Youpeeeee !!

J’arrête donc tout l’arsenal médicamenteux adjacent, à l’exception du Levothyrox, que l’on réévalue dans un mois. Étant fortement dosé, il pourrait générer quelques syndromes d’hyperthyroïdie, auquel cas nous procèderions à une analyse adéquate pour adapter la posologie.

Ceci est le dernier épisode de cette saison, nommée « Ouvrir la fenêtre ».

Finis les bobos aux doigts, si douloureux pour jouer de la gratte,

Finies les odeurs de cuisines devenues insupportables, alors qu’adorées en temps normal,

Fini le dégoût de la nourriture, les goûts changés, le rejet de ce que pourtant j’aime en temps normal,

Finies les diarrhées qui me clouent chez moi,

Finies les régurgitations nocturnes,

Finis les rappels de mon smartphone pour prendre le médoc machin ou le médoc truc,

Fini de se priver de whisky, un de mes vices, plus supporté par une bouche mal traitée par le médoc,

Et surtout, finie cette putain de fatigue qui limite tout,

Je vais donc pouvoir bouger plus, me remettre en forme, reprendre le vélo, participer plus à la vie de la maison, aller au concert à Paris, vivre normalement quoi !

C’est beau la vie, on ne connait rien de mieux ! Je garde l’esprit en phase avec toutes celles et tous ceux qui souffrent de maladies. Je considère la fragilité de cette vie qui lui confère sa valeur. Je reste conscient de bénéficier d’une fenêtre thérapeutique, qui peut se refermer à tout moment.

Profitons donc de cette fenêtre…

Leo et les gerbilles

Notre ami Leo se sentant fort à l’étroit dans son costume de roi partit un beau matin à l’aventure. Libre, heureux, sans contrainte, chacune de ses grosses pattes soulève en cadence un petit toupet de poussière étincelante dans la lumière crue de la belle saison. Sa queue bat négligemment la mesure.

La journée l’amène le long des sentes qui ponctuent le paysage, ici un bouquet d’arbre ondule sous la brise, là les hautes herbes vibrent sous la chaleur sèche. Aucune âme ne vient briser sa solitude, aucun chant d’oiseau ne le flatte, aucun mouvement furtif ne le met aux aguets.

Plus tard, lorsque les ombres s’allongent, d’abord doucement, puis s’étirent jusqu’à disparaitre dans le soir qui tombe, Leo a faim. Mais ici, pas de laquais, nul serviteur ne s’empresse de devancer ses désirs avec un civet de biche fumant et parfumé ou les croquettes de lapin qu’il goute tant. Leo est seul. Si seul.

 Mais un bruit, léger et incertain, lui parvient. Il s’arrête, tourne sa crinière et son attention vers la source qu’il devine sans la distinguer encore. Un drôle de bruit, multiple et surprenant ! Ne dirait-on pas une forme de musique ? Automatiquement, il corrige sa route, avance de plus en plus doucement, temporise pour vérifier la source et ne pas se faire entendre.

Le son se fait plus fort, ses oreilles lui disent qu’il s’approche, que derrière cette haie il va découvrir son repas, sans en imaginer encore le goût. Encore deux pas, et le voilà face à deux gerbilles, l’une en train de jouer avec deux noix, ne dirait-on pas une forme de guitare ? Elle chante, tape de la patte, gratte son instrument avec un cafard. L’autre, silencieuse semble concentrée sur un calcul bien prenant.

La première s’adresse au lion « Bonjour mon prince, tu es venu écouter les trotte-menus ? »

Leo fronce les yeux « Non, minus, tu n’y es pas. Je suis là car j’ai faim, très faim, et je vais te caser dans ma dent creuse. »

La gerbille éclate de rire «Bah ! Bah ! Bah ! Et tu ferais là une bien grosse bêtise ! »

Leo « Et pourquoi cela ? »

Gerbille « Je connais plein d’histoires amusantes qui te feront sourire et te permettront d’attendre un repas plus digne de ton rang. »

Leo « Comme quoi, petit flatteur ? »

Gerbille « Tu sais comment on apprend à compter dans les poulaillers ?

Leo « Euh ! non. »

Gerbille « Un poussin égale deux »

Leo « Pas mal ! »

Gerbille «  et les histoires de grenouilles à grande bouche, tu connais ? »

Leo se tourne vers la seconde gerbille « et toi, que peux-tu me conter ? »

Autre gerbille « Je compte, je sais très bien compter. Je peux projeter la taille du grenier qu’il nous faudra si l’on ramène deux fois plus de grains. Je peux te dire combien de temps il faut pour remplir un grenier six fois plus grand, même si un furet vient à prélever deux fois l’an dix pour cent de la récolte. J’ai pas le temps de rigoler, moi ! »

En un claquement rapide, le lion gobe la gerbille, fait un petit rot, et s’adresse à la gerbille restante « Monte sur mon dos juste là près de mes oreilles, minus. On rentre. Tu peux me raconter ton histoire de grenouille à grande bouche, maintenant ? »   

Transition écologique

Une pétition est lancée pour faire des propositions concernant la transition écologique dans le cadre du Grand Débat. Voici ma contribution…

Le passage à des solutions écologiques, qui apportent un gain économique en fonctionnement, ont un coût dissuasif à l’acquisition. Il faut d’une part encourager leur adoption en particulier pour les plus en difficultés et d’autre part viser des solutions où le gain est observable dès le premier mois d’utilisation.

1.Pour toute amélioration de l’habitat et du transport, et pour ceux qui peuvent financer, des prêts à taux zéro. Objectif : inciter à faire le pas ceux qui peuvent.

2.Pour ceux qui ne peuvent pas financer, des subventions allant de 50% à 100%, assorties à des prêts à taux zéros. Objectif : basculer rapidement le patrimoine et le parc automobile vers un état plus sobre et apporter un vrai gain à la population.

3.Écarter toute aide pour ce qui n’apporte aucun gain financier à l’usager et/ou un plus écologique pour la planète. Objectif : Écarter les arnaqueurs et les opportunistes

4.Lancer un plan d’investissement et de soutien aux entreprise françaises innovantes en la matière. Objectif : Faire bénéficier l’économie française de cette démarche écologique.

5.Mettre en place un plan annuel des entreprises vers leur transition écologique. Chaque année, toutes les entreprises devraient publier auprès de leurs salariés et publiquement leurs engagements et les réalisations concrètes à venir dans l’année associés au gain écologique et financier généré. Objectif : Punir les entreprises qui traînent des pieds pour aller vers l’écologie

6.Traduire le financement de la transition uniquement par des impôts et des taxes est un non-sens. Accentuer la chasse à la fraude fiscale et verser l’argent récupéré pour financer la transition. Objectif : Faire revenir l’argent volé à l’état (donc au peuple) par les magouilleurs et « optimiseurs » de tout poil et permettre le financement de la transition écologique.

7.C’est urgent. Il faut aller vite, si d’autres pays Européens sont partant dans un délai très court, alors tant mieux, sinon, y aller seuls. Objectif : ne pas perdre de temps en blabla, tergiversation….

Ouvrir la fenêtre

Quand l’atmosphère de nos maisons se charge du temps qui passe, que notre respiration devient plus courte, nous avons l’impression de manquer d’air, un début d’emphysème, comme un sensation d’étouffer…

Quand notre univers s’est rétréci jusqu’à nous coller à la peau, que nous tournons en rond dans nos habitudes jusqu’à dire bonjour à notre reflet dans la glace du matin, comme un sensation d’étouffer…

Quand le soleil se pointe sur un paysage à l’étroit sous un gris trop épais, trois mois d’hiver c’est long auprès d’une cheminée qui n’existe souvent que dans nos rêves, comme un sensation d’étouffer…

Quand des mois de traitement lourd ont affaibli notre organisme, réduit notre espace vital, bouffé une partie conséquente de nos ressources, comme une sensation d’étouffer…

On voudrait juste ouvrir la fenêtre !

On voudrait juste ouvrir la fenêtre !

J’attend un coup de fil de l’hôpital pour savoir si je peux bénéficier d’une fenêtre thérapeutique… Pour ceux qui veulent en savoir plus, les épisodes précédents sont disponibles. Episode 1-Sortie de crise ? , Episode 2-Réponse de Normand

C’est le comble, devoir attendre un coup de fil pour ouvrir une fenêtre !! Notre espace de liberté se réduit.

Devant l’absence de nouvelle je prends mon téléphone pour joindre l’oncologue, qui m’annonce que l’étude de mon cas n’a pas été abordé au staff de lundi par manque de temps, et qu’il sera vu lundi prochain. Bien que cela fasse partie des hypothèses que j’avais envisagées, je suis un peu déçu, mais sans amertume ou quoi que ce soit. Il faut comprendre, mon cas n’est pas si important que cela, d’autres décisions plus importantes, voire vitales sont à prendre en priorité.

Le suspens continue ! Rendez-vous pour la suite….